Auteur/autrice : Myosotis

  • Non fuggite lieti istanti della mia felicità….*

    Papillon-38

    * Ne fuyez pas, doux instants de bonheur… (Le barbier de Séville de Rossini).

    Toute une semaine de moments de bonheur les uns après les autres. Des moments de plaisir des sens, des moments de chaleur humaine, des moments de douceur de vivre…. Comment ne pas se réjouir à chaque instant d'être en vie, en bonne santé, tout comme ceux qui nous entourent, comment ne pas profiter pleinement de tout ce qui nous est offert ?

    Samedi: Je vais m'acheter une paire de chaussures (enfin deux), toujours les mêmes mais dans d'autres couleurs, dans ce magasin qui vend tout au long de l'année les mêmes chaussures tellement confortables qu'une fois essayées, elles sont adoptées et qu'il devient difficile d'acheter autre chose. J'en suis à ma sixième paire. Toutefois, la dernière paire s'est mise à bailler à la semelle après peu de temps. La propriétaire de la boutique, d'habitude plutôt peu aimable, s'est montrée charmante et m'a offert de remplacer la paire fatiguée et défectueuse par une paire identique toute neuve. Elle a fait ma journée….

    Dimanche: Parmi les livres de la tournée de 12 livres que l'on se partage à 12 en un an, j'ai reçu pour le mois de mai la biographie de Marie Laurencin. Et j'attends chaque jour avec impatience le moment du coucher où je vais retrouver pour quelques instants la butte Montmartre, le Bateau-Lavoir et le Lapin Agile avec Marie, Guillaume, Pablo, Fernande, le Douanier, Gertrude et Alice, tous ces jeunes fous qui vivaient de rien, de couleurs et de fêtes et qui me fascinent aujourd'hui. Parmi les multiples époques où j'aurais aimé vivre, je pense que ce Paris-là m'aurait infiniment séduite.

    Lundi: L'arbre qui se trouve devant l'entrée du bureau où je travaille est sublime. Il est entré dans le printemps tout en bourgeons roses qui se sont ensuite épanouis en magnifiques fleurs blanches. Il verdit lentement jour après jour. Il est tout simplement splendide. Il me fascine et si j'avais le temps je m'arrêterais chaque jour un instant pour l'admirer plus longuement.

    Mardi: Réjouissances festives entre amis pour célébrer l'anniversaire de l'Homme autour d'une table malgache. Une cuisine divine, tout en saveurs et parfums. Le ravitoto, plat traditionnel national est un pur régal: une cassolette de porc longtemps mijotée aux feuilles de manioc pilées et au gingembre accompagnée de riz parfumé au coco et d'une salade de tomates à la coriandre et au kumbava. Un vrai délice. Le tout arrosé au rhum, arrangé ou non. Et cerise sur le gâteau, le couple qui a ouvert récemment ce tout premier restaurant malgache à Bruxelles est exquis de gentillesse, de sourires et d'attentions. Une soirée délicieuse.

    Mercredi: Non contents de l'avoir entouré la veille, les amis lui ont offert des billets pour le concert organisé au Bozar pour célébrer les 90 ans de Toots Thielemans. Ce fabuleux artiste bruxellois nous a époustouflés. Deux heures ininterrompues de morceaux hyper connus mais revus au son de son harmonica légendaire. Deux heures sans même boire une goutte d'eau. Quel souffle ! Il aurait pu aisément éteindre ses 90 bougies ! Le public en délire lui a manifesté haut et fort son enthousiasme et son amour. L'émotion était vraiment palpable et nous, les filles, nous avons essuyé notre petite larme.

     

    Jeudi: Toutes les semaines ne sont pas aussi chargées mais le rendez-vous était fixé depuis longtemps. Soirée à nous deux, cette fois. Deuxième séance cinéma-opéra de l'année et cette fois c'est Figaro qui nous a enchanté les oreilles. On m'aurait dit il y a 30 ans que j'adorerais ça, j'aurais été plus que sceptique et pourtant nous sommes tous les deux de plus en plus enthousiastes. Cette fois, le Barbier de Séville était retransmis du Teatro Regio de Parme, ce qui ajoutait un brin de nostalgie à l'événement, pour moi, la Parmiggiana d'une année. Morceaux archi-connus ou moins connus, prestation enjouée, trois heures de plaisir non dissimulé. 

     

    Je ne voudrais pas avoir l'air d'un papillon écervelé, je sais qu'autour de moi, proches et moins proches vivent une souffrance, que ce soit une maladie soudaine, un divorce difficile, un deuil violent ou les effets sournois de la crise. Je vois les montées d'extrêmes un peu partout, la peur qui grandit. Je ne suis ni hermétique ni aveugle. J'apporte ce que je peux, même si c'est si peu, dans le réconfort. Mais je ne peux pas m'empêcher de souligner ici, dans la bulle qui m'appartient, les moments de plaisir que l'on peut trouver un peu partout.

  • La liste de mes envies

    Wishlist

    Si j'avais le temps,

    je prendrais plus de temps pour les miens

    je verrais plus souvent mes amis

    je ferais du bénévolat

    je visiterais tous les parcs de Bruxelles

    je m'adonnerais plus assidûment au Pilates et au yoga

    je m'initierais au Tai chi et au Nia

    je suivrais des cours de langue que je ne connais pas

    je prendrais des cours d'oenologie et surtout de thé-ologie (comment on appelle l'étude du thé ?)

    je me lancerais dans la méditation

    je jardinerais

    je serais une parfaite fée du logis

    je prendrais des cours de guitare et de piano

    j'irais danser la salsa et la valse et le boogie et le paso doble et le chachacha

    j'apprendrais le flamenco

    je lirais un livre par semaine

    j'irais au marché tous les jours

    je ferais toutes les expos qui me plaisent

    je tricoterais et je ferais de la broderie

    j'irais à la cinémathèque et à l'opéra

    j'écrirais plus régulièrement sur ce blog

     

    Si en plus, je gagnais au lotto, 

    je visiterais toutes les villes d'Europe

    je dévaliserais toutes les brocantes

    je retaperais les ancêtres qui dorment dans les garages de mon papa et de mon grand-père

    je passerais une saison à la campagne, une saison en ville, une saison à la montagne et une saison à la mer

     

    Alors voilà, je joue au lotto et j'attends la retraite. Pour l'un, les chances sont très limitées voire inexistantes, pour l'autre, je ne suis pas sûre qu'elle me laissera ni le temps ni l'énergie de tout faire.

    Mais rêver ne coûte rien.

  • Prise au vent

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    J'aime le vent. L'homme ne me croira pas mais oui, j'aime le vent. Même si je suis frileuse. Je n'aime pas me promener sur la plage en bikini, faire des allers-retours le long de l'eau, par jour de grand vent sous prétexte que la peau se tanne encore mieux. Non, moi j'aime le vent quand je suis bien couverte de la tête aux pieds. Alors là oui, je peux en profiter pleinement.

    Pas de bol, neuf fois sur dix, "on" ne me propose une promenade en plein vent ou une partie de cerfs-volants qu'en été par grand vent frais. Alors forcément "on" croit que je n'aime pas le vent.

    Alors cette fois, j'ai profité de la journée qui nous était offerte avec Cat, Mitch, Charlotte et Jérémy, à Royan. Une journée de grand vent, où on avait le droit -voire l'obligation – d'être bien couverts et où, pour la première fois de ma vie, j'ai pu prendre les commandes du cerf-volant. 

    Le nez au vent, les yeux rivés vers le cerf-volant, j'ai aimé chercher la prise au vent, lui permettre de s'élever d'un coup et de tout faire pour le maintenir en l'air. Tendre les fils, lâcher un peu de lest, exercer un léger mouvement qui se décuple là-haut. Le garder en vol stationnaire puis brusquement lui imprimer des mouvements de "huit". Donner du mou à la ligne lorsque le bel oiseau pique du nez vers la terre. L'engager à redécoller. Virevolter inlassablement. Sensation d'intense liberté. J'aurais pu rester là des heures.

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  • Pâques est cadeau

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    Chaque année, je bénis ces quatre jours en famille agrandie. Chaque année, je me réjouis à l'avance. J'aime Noël, ses lumières, le plaisir de chercher un cadeau, le plaisir de se retrouver tous ensemble autour du sapin puis autour de la table. Mais Noël est aussi synonyme d'effervescence épuisante et j'arrive souvent le 24 au soir sur les rotules.

    Pâques n'est pas auréolée de cette excitation obligatoirement joyeuse. Pâques est synonyme de printemps, de douceur, de tendresse sans cesse renouvelée. 

    Cette année, Swiss'Sis a repris le chemin des bonnes habitudes et a repris son rôle de co-cloche, au grand soulagement de Sis'Cile que la cachette des oeufs passionne assez tièdement.

    Cette année, Clara a vu l'Homme, grande cloche, poser un oeuf en chocolat dans un arbre. Il a fallu lui expliquer que le vent l'avait fait choir et que l'Homme avait cru bon de le remettre en place. Ses six ans ont bien voulu croire le mensonge pour ne vexer personne.

    Cette année, Simon est revenu et Anaïs était ravie de sa présence.

    Cette année, on a fait une nouvelle virée, même si elle était courte, à Lille, avec passages obligés au Furet et chez Alice Délice.

    Cette année, on a profité de la seule journée ensoleillée pour enlever les mauvaises herbes et les verdures envahissantes sous la baguette du Papy, chef d'orchestre.

    Cette année, on s'est essayé au houlahop.

    Cette année, on a fêté en avance un Bélier et une Taureau et avec retard une jolie Poissons. 

    Cette année, on a papoté, papouillé, palabré, paressé, passé du temps ensemble, enfin on a Pâqué quoi.

     

  • Cave canem

       Cave canem

    A l’approche de ses 55 ans, l’Homme a eu l’heureuse ( !) surprise d’un colis-cadeau arrivé par la poste. Un de ces colis-cadeaux comme en reçoivent les jeunes mamans dans les maternités, remplis de petits échantillons de produits destinés au bébé et à la maman.

    Oui mais …..

    Curieux, nous avons ouvert la boîte, très originalement baptisée « My box ». Et voici ce qu’elle contenait :

    -       un dépliant vantant les avantages de la firme Amplifon, spécialisée dans les appareils auditifs ! Est-ce que cela marche aussi pour les maris « pas pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre » ?

    -       un échantillon de « Sultana », aux fibres bien sûr, pour faciliter le transit, j’imagine !

    -       un échantillon de crème anti-rides ! Ils auraient pu l’offrir plus tôt…

    -       un dépliant expliquant comment surfer sur Internet et communiquer avec ses petits enfants. Non seulement, on surfe très bien tout seuls, merci et pour les petits enfants en âge de « skypoter », on ne se sent pas du tout concerné, là, à 55 ans !

    -       un échantillon de café doux décaféiné. A lui qui boit une dizaine d’espressos bien serrés par jour dont le dernier juste avant d’aller dormir !

    -       un bon de réduction pour un produit anti-cholesterol. Bon, allez, d’accord, ça peut servir !

    -       et cerise sur le gâteau, deux petits protège-slips pour les fuites éventuelles !

     L’Homme est ravi, la mi-cinquantaine commence bien. Bienvenue au club des médiors ! Je sens qu’il va mordre !

     

     

  • Moins vite

     

    Pour Sis'Cile (après le concert de Bénabar hier soir, à la fois tendre et énergique, comme on aime quoi), pour Célestine, pour mes trois ex-schtroumpfs et pour toutes les nostalgiques des dents de lait, des cailloux au fond des poches et des moufles qui tombent des manches…..)

    Bon d'accord vous savez marcher, Clopin clopan d'abord vous avancez, Rien que le temps de le dire, Vous savez déjà courir, Nan ne vous dépêchez pas surtout, De faire deux têtes de plus que nous,Trouvez encore qu'on est super fort, Quand on ouvre un pot de confiture,

    Moins vite, Trainez en chemin qu'on en profite, Moins vite, Laissez dans nos mains vos mains si petites, Deux précieux cailloux au fond des poches, Et par-dessus tout les moufles qui pendent des manches, Moins vite,

    Ok ok ok vous savez manger, On va pas en faire tout un plat de cette purée, Les biberons n'sont pas encore secs, Qu'on sort déjà la cuillère en plastique, Ces petits vêtements beaucoup trop grands, Ils ne vous vont plus depuis longtemps, On vous dépose à la crèche un matin, Qu'on vous récupère en CM1,

    Moins vite, Trainez en chemin qu'on en profite, Moins vite, Laissez dans nos mains vos mains si petites, Deux précieux cailloux au fond des poches, Et par-dessus tout les moufles qui pendent des manches,

    Voilà voilà voilà vous savez parler, Même si le vocabulaire laisse à désirer, Vos phrases tagada j'admets, Qu'on ne les corrige qu'à regret, ça pour dessiner ça ça dessine, Patientez qu'le temps lentement patine, Qu'ils sèchent le feutre sur les murs, Avant d'écrire vos noms sans ratures

    Moins vite, Trainez en chemin qu'on en profite, Moins vite, Laissez dans nos mains vos mains si petites, Deux précieux cailloux au fond des poches, Et par-dessus tout les moufles qui pendent des manches,

    Moins vite

  • Indécence

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    La Belgique s'est réveillée incrédule et abasourdie ce mercredi matin à l'annonce de l'accident de Sierre. Des dizaines de mamans, des dizaines de papas, de frères et soeurs, de grand-parents se sont réveillés anéantis, détruits. Nous avons vécu l'estomac noué toute cette journée de mercredi et celles qui ont suivi. Eux sont passés du choc au refus d'y croire, à l'espoir d'une erreur, d'un réveil de leur cauchemar, à l'abattement total et au désespoir.

    Cela méritait certainement une journée de deuil national. Même si tous les enfants qui meurent dans notre pays après une longue et inacceptable maladie, ou des suites d'un accident domestique ou de la route, ne font pas l'objet du moindre entrefilet dans la presse, il est normal qu'un drame à cette échelle fasse l'objet d'une manifestation de respect au niveau national. 

    Mais au-delà de toute l'empathie que j'ai pu ressentir ces derniers jours, je suis profondément en colère contre une certaine presse – qui n'est pas la presse à sensation dont on n'attend rien de moins mais bien la presse courante – qui semblait n'avoir rien d'autre à se mettre sous le micro et qui nous a donné les détails les plus sordides. Je suis enragée contre ces journalistes qui se sont empressés d'interroger n'importe qui pouvait nous arracher une larme, jusqu'à des enfants sur le point de partir en classe de neige pour savoir ce que "ça leur faisait ?" et "s'ils avaient peur de partir la semaine prochaine ?". 

    Une presse intrusive au point de se déguiser en infirmiers pour pouvoir photographier les familles au chevet des enfants encore hospitalisés. Le droit d'informer ne leur donne pas tous les droits. Le sensationnel et le tragique font vendre, on le sait. Mais la notion de déontologie devrait peut-être être remise au goût du jour pour rappeler aux media le respect de la vie privée, en particulier vis-à-vis de ceux qui se trouvent en situation de grande vulnérabilité. 

     

  • Rêves de sève

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    Je sens que ça va exploser d'un seul coup. La nature est presque prête alors que l'hiver n'est pas vraiment tout à fait fini. J'ai même entendu quelques oiseaux pousser une timide trille en pleine ville.

    Alors, après un hiver fort long, après une sorte de léthargie sportive digne d'un mollusque, après les tensions particulièrement vives au bureau, les coups de jarnac dès que j'ai le dos tourné de personnes que je croyais fidèles d'entre les fidèles, après un saut de l'autre côté de l'Atlantique, inespéré, génial mais fatigant, après une grippe expresse – rien que le weekend bien sûr – mais dévastatrice, il est temps de se réveiller.

    A moi le Pilates et le yoga, trop délaissés malgré le bénéfice incroyable que j'en tire, à moi la sérénité au boulot, à moi la lumière régénérante, la perspective des vacances andalouses de l'été, à moi le soleil et le ciel bleu des beaux jours. Printemps chéri, tu peux venir, je suis prête, ça va déménager !

     

  • Maxwell coffee-loving bear

    Je l'ai retrouvé 🙂 Internet est un trésor….

    Ici et là:

     

    Je n'ai qu'une envie. Le racheter.

  • Impressions très personnelles – en vrac

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    Meteo: Difficile de croire qu'on était à la même latitude que Naples ou Madrid. Les gratte-ciels et les rues rectilignes se serrent les unes contre les uns pour former de longs et hauts couloirs où le vent s'engouffre et gèle les os. Il y avait longtemps que je n'avais plus eu aussi froid….

    Mes pieds: J’ai marché, marché, marché. Je suis prête pour Compostelle mais je vais revoir mes distances à la baisse. 4 heures par jour me semblent amplement suffisantes. Au régime de six à sept heures par jour, je ne tiens pas plus de 3 jours. Le matin du quatrième jour, j’aurais bien demandé une chaise roulante. Mais on pourra dire qu’on a sillonné Manhattan en long et en large, en rues et en avenues. Je signale aux guides touristiques que les 45 secondes pour aller d’une rue à l’autre et les 2 minutes pour aller d’une avenue à l’autre sont un peu sous-estimés. Il faut compter avec les feux de signalisation, neuf fois sur dix au rouge quand j’arrive. C’est ainsi que nous avons mal calculé et que nous sommes arrivés au rendez-vous avec Lola avec royalement vingt minutes de retard.

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    Grand Central Terminal: Une gare extraordinaire; on y a passé au moins deux heures. Tout était beau. Du sol au plafond – Ah ce plafond qui représente la voûte céleste, magique ! -. Des guichets aux escaliers. Des quais aux portes battantes. Peu de trains toutefois mais suffisamment pour la maintenir en vie. C'est Paul Auster qui m'y a emmenée, que Sis'Cile en soit remerciée !

    Grayline: Les bus hop on hop off sont parfaits pour voir beaucoup de choses en un minimum de temps. Mais quand il fait deux degrés, le séjour prolongé sur le deck supérieur, en plein vent, sans bonnet et sans gants, fait qu'on renonce à faire le tour complet; on descend au point le plus éloigné du trajet et on revient à pied. C’est ainsi qu’on a arpenté Central Park dans toute sa longueur.

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    Central Park: Un de ces lieux mythiques qui m’a toujours fait rêver. Se dire “j’y suis” et être tellement congelée qu’il m’a fallu une bonne demi-heure de soleil en perfusion pour revenir à la réalité et en profiter pleinement. 

    Beurk food: Nous disions donc 5 portions de fruits et 4 portions de légumes par jour ? Disons tout de suite que ces bonnes résolutions sont intenables lors d’un séjour comme celui-ci. Petit déjeuner américain avec les oeufs brouillés, les pommes de terre et le lard grillé, histoire de se caler l’estomac pour la journée,  un peu de fromage et jambon accompagnés de quelques tranchettes de concombre et de tomates épouvantablement transgéniques et terminer par quelques fruits coupés, melon, ananas et raisin sans aucun goût. La journée, on a fait l’impasse sur le fast food offert à tous les coins de rue (bretzels, bagels, pizzas, hamburgers, hot dogs, pittas, nuts4nuts, …). Deux soirs sur trois, on s’est contenté d’un paquet de chips, fromage et saucisson (je sens littéralement les plaques d’athérome s’aggripper aux parois de mes artères). Le seul soir où on s’est offert un resto, on a visé “italien”, on a lu les commentaires sur internet qui laissaient raisonnablement à penser que ce serait décent. Et même là, déception. A part le café et le vin. Mais le vin versé comme du Coca, à ras bord, ça perd un peu de son charme, même s’il est bon. Je pense que malgré le régime de marche intensive, au mieux, je n’aurai pas perdu un gramme.

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    Les gratte-ciels: Il y eut cette époque où c'était à celui qui pourrait chatouiller le ciel au plus près pour le faire rire plus fort. Contrairement à ce que j'imaginais, l'architecture de ces tours immenses est pensée dans le détail tant au rez-de-chaussée qu'au 86ème étage. Contrairement à ce que j'imaginais, ils sont beaux, très beaux, souvent des chefs d'oeuvre d'art déco. Contrairement à ce que j'imaginais, ils se marient superbement avec toute l'architecture autre de New York: le style géorgien, les cast-iron buildings dans le quartier de Soho, les grandes baies vitrées et la présence d'escaliers extérieurs. Les brownstones à Harlem ou à Brooklyn. A tout moment, j'ai pensé à la Source vive de Ayn Rand.

    Times Square: Le premier soir, fatiguée, sous la pluie, j'ai rien vu et ça m'a plus énervée qu'autre chose. Le lendemain soir, c'était déjà plus sympa. Les deux soirs suivants, j'étais fascinée. Lumières et couleurs, images et mouvements, instantanés et permanence.

    Patinoire du Rockfeller Center: J'adore. Ne me demandez pas pourquoi, je pourrai rester là des heures à les regarder patiner. Et si je savais patiner, j'aurais beaucoup aimé me joindre à eux. 

    Schwarz: J'ai cherché dans tous les rayons l'ancien jouet que ma maman m'avait rapporté de New York quand j'avais 2 ou 3 ans, un petit ours (ou était-ce un hérisson ? ) qui faisait du café et quand le café était prêt et qu'il fumait (si, si), il versait le café dans une tasse. Ce jouet a disparu on ne sait où et 50 ans plus tard, je le cherche toujours.

    Tiffany: C'est un peu idiot, mais je ne pouvais pas éviter d'y aller. Juste mythique.

    Les New yorkais: Les New-Yorkais sont incroyablement sympathiques, gentils et attentifs. Dès notre arrivée – disons une fois passée la halte au contrôle d'identité où, là, on a dépassé le summum de la muflerie exaspérée – , cette gentillesse ne s'est jamais démentie. Du chauffeur de navette qui affichait "complet" et qui a attendu 15 minutes avec nous que la prochaine navette arrive pour être sûrs que nous soyions pris en charge aux vendeurs et vendeuses dans les grands magasins, absolument charmants, engageant juste pour le plaisir une conversation badine mais intéressée par vous, en passant par tous ceux qui travaillent dans l'industrie du tourisme et dont le sourire et la gentillesse ne sont pas juste un outil de travail. Ou du moins font tout pour vous prouver le contraire.

    La consommation d’énergie: Les Américains (ou peut-être seulement les New-Yorkais) sont loin des économies d'énergie qu'on connaît en Europe. Le chauffage fonctionne à fond (en été, la clim' aussi je suppose) et l'eau chaude est facilement à 80°. La première fois que je me suis lavé les cheveux, j'ai bien cru m'ébouillanter.

    Le décalage horaire: Curieusement, j'en ai beaucoup plus souffert à l'aller qu'au retour. Or, on dit que c'est toujours plus dur quand on voyage vers l'est. Je suppose que comme je ne me suis vraiment pas adaptée à l'heure NY en 3 jours, je suis restée dans le rythme européen et au retour, pas le moindre souci. Par contre, sur place, à 7 heures du soir, j'étais cuite et à deux heures du mat' fraîche comme un jardin (je sais, on dit "comme un gardon", mais est-ce que j'ai vraiment une tête de gardon ?)

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    Lola: Framboise sur la lemon tart, j'ai enfin rencontré Lola. J'avais hésité, je ne voulais pas imposer à l'homme une rencontre d'une copine de blog que je n'avais jamais rencontrée moi-même. Mais l'occasion était trop belle et l'envie trop forte. Et elle aussi était disponible, prête à faire une heure et demie en train pour rejoindre New York. Elle m'a dit "manteau noir, écharpe bleue". Ce n'était vraiment pas nécessaire, je l'aurais reconnue entre mille. On s'est trouvées comme si on se retrouvait après quelques semaines d'absence. C'était normal. Comme une amie de la vraie vie. Ce qu'elle est, en fait. On a parlé de tout, de rien, des petits détails de la vie quotidienne. Elle nous a présenté un autre New York, celui de la High Line, une ancienne voie ferrée aérienne désaffectée, reconvertie en parc urbain, une réussite en termes de réaménagement de l'espace. Les deux heures que nous avons passées ensemble se sont envolées comme par enchantement.