Auteur/autrice : Myosotis

  • Vacances en clair-obscur

    2014 Provence 276

    Obscur:

    – Quinze jours seulement. D'accord, je ne devrais pas me plaindre, il y en a qui en rêveraient de mes quinze jours. Et puis ce n'est pas tout à fait vrai, les quinze jours sont suivis d'une semaine à la montagne. Mais quinze jours seulement de farniente, soleil, bouquins.  A mon âge (c'est la nouvelle excuse), j'ai besoin de trois semaines. Parce que….

    – Le soleil n'a pas été au rendez-vous TOUS les jours. Je vous le dis, je deviens de plus en plus difficile. Un jour de temps maussade et je me mets au diapason. A mon âge, j'ai besoin de beaucoup de soleil pour synthétiser la vitamine D et fixer le calcium dont j'ai besoin pour mes os.

    – La piscine était froide (forcément) et toutes mes résolutions pour aller apprendre à nager sont tombées à l'eau.

    – L'accident de la route juste au-dessus de la voie de chemin de fer qui longe la maison et dont le fracas m'a fait croire qu'un train déraillait dans le jardin (comme dit l'Homme, je n'ai jamais entendu le bruit d'un train qui déraille. Pourquoi, lui oui ?) était un accident mortel et quand on entend en surplomb "Le gars, il est mort !", on passe quelques jours à y penser et l'ambiance est tristounette. Mais de quoi je me plains donc avec ces vacances ?

     

    Clair:

    – J'ai lu tout mon saoûl et j'ai aimé tout ce que j'ai lu. Et je me réjouis d'avoir eu tout ce temps pour lire.

    – J'ai tenu ma résolution de faire 45 minutes de Pilates et yoga tous les jours (ou presque) et j'ai apprécié les résultats; je ne me lève presque plus comme une petite vieille au saut du lit.

    – On a visité la Camargue et même si je n'en ai pas vraiment profité (les flamants roses, les chevaux et les hérons et autres oiseaux sans jumelles, c'est pas très grand et poireauter pendant que Mr Nikon Big Zoom s'en donnait à coeur joie, dans la voiture parce que je n'aime pas les jours de grand vent et lui il adooooore), je suis malgré tout contente d'y avoir été et d'avoir vu les Saintes Maries de la Mer.

    – On a découvert un resto absolument sublime avec des amis de l'Homme et on y est retourné avec les enfants pour notre plus grand bonheur papillesque.

    – Et surtout surtout, on a passé 4 jours à cinq. Comme avant. J'aurais apprécié la présence des valeurs ajoutées des deux filles mais ils n'ont pas pu se libérer. Alors, on a fait comme si on revenait quelques années en arrière. On a beaucoup ri, beaucoup parlé, on a joué (le jeu des intros musicales, notre favori, reste un des meilleurs moments comme toujours) , pris l'apéro, fêté l'anniversaire de Quentin. Et ces moments de bonheur pur (qui, en fait, effacent tout ce qui fut soi-disant obscur) nous ont donné l'envie de nous retrouver tous ensemble l'été prochain à l'endroit que nous avons élu à l'unanimité le plus bel endroit de nos dix années de vacances ensemble. Et cette fois avec les valeurs ajoutées, si possible.

  • Quelques livres avant de partir

    LivreNB

    La dernière fugitive – Tracy Chevalier

    Elle était arrivée dans ce pays avec un principe clair, issu d'une vie entière passée à méditer dans l'attente silencieuse: tous les hommes étant égaux aux yeux de Dieu, il était donc anormal que certains soient asservi par d'autres. Tout système d'esclavage devait être aboli. La chose avait parut simple en Angleterre, et pourtant, dans l'Ohio, ce principe se trouvait écorné. Par des arguments économiques, par des situations personnelles, par des préjugés profondément enracinés qu'Honor décelait même chez les quakers…Elle avait beau de s'indigner en repensant au banc des Noirs à la maison quaker de Philadelphie; elle-même ne sentirait-elle totalement à l'aise assise à côté d'un Noir ? Elle les aidait, mais elle ne les connaissait pas en tant que personnes. A part Mme Reed, un peu: les fleurs qu'elle portait sur son chapeau; le ragoût bourré d'oignons et de piments; le patchwork qu'elle avait composé au jugé. Ces petits détails quotidiens, voilà ce qui donnait consistance aux individus.
    Quand un principe abstrait se trouvait impliqué dans la vie de tous les jours, il perdait de sa clarté et de son intransigeance et il s'affaiblissait. Honor ne comprenait pas comment c'était possible, et pourtant c'était arrivé: les Haymaker avaient démontré qu'on pouvait à bon droit abjurer ses principes et renoncer à agir. Maintenant, qu'elle était membre de cette famille, elle était censée épouser son histoire et accepter elle aussi le compromis.

     

    Mme Reed pouffa. "Vous êtes abolitionniste ? Y a beaucoup de quakers qui le sont." Elle balaya du regard la boutique déserte, et sembla prendre une décision. "Les abolitionnistes ont plein de théories, mais moi je vis avec des réalités. Pourquoi je voudrais aller en Afrique ? Je suis née en Virginie. Pareil pour mes parents, mes grands-parents et leurs parents. Je suis américaine. Je ne raffole pas de l'idée qu'on nous expédie tous dans un pays que, pour la plupart, on connaît même pas. Si les Blancs espèrent juste se débarrasser de nous, nous flanquer sur des bateaux pour pouvoir être bien tranquilles, eh ben, moi je suis ici. C'est mon pays, et j'irai nulle part."

     

    Je suis en train d'apprendre la différence entre fuir quelque chose et fuir vers quelque chose.

     

     Beignets de tomates vertes – Fannie Flagg

     

    après ça, quand je suis rentrée chez moi, j'ai dit à mon amie Mrs. Otis qu'il ne nous restait plus qu'à attendre de claquer… Elle m'a répliqué qu'elle préférait dire "s'éteindre". La pauvre, je n'ai pas eu le coeur de lui dire qu'on n'était pas des lumières et que, de toute façon, péter les plombs, s'éteindre ou claquer, c'était du pareil au même.
     

     Elle était restée vierge de peur qu'on ne la traite de putain ; elle s'était mariée par crainte de l'appelation « vieille fille » ; elle avait feint l'orgasme, redoutant de passer pour frigide ; elle avait eu des enfants pour ne pas être accusée de stérilité ; elle n'avait pas été féministe pour éviter l'épithète de lesbienne…

     

    Je vais vous dire une chose : on ne peut pas longtemps s’attrister sur son propre sort, sinon c’est comme un cancer, sauf que ce n’est pas votre foie ou vos poumons qui pourrissent, mais votre âme.

     

    « Un jour, Cleo, au moment de partir travailler, m'a montré toute une bande de merles posés sur le fil du téléphone devant chez nous, et il m'a dit : "Fais attention au téléphone aujourd'hui, Ninny, tu sais qu'ils écoutent tout ce que tu racontes. Le son de ta voix leur parvient par les pattes." (Elle regarda Evelyn.) Vous croyez que c'est possible ? »

    -Cleo plaisantait, Mrs. Threadgoode, répondit Evelyn en riant.

    – Oui, je m'en doute un peu, mais en tout cas, quand j'avais un secret à confier à quelqu'un, je m'assurais qu'ils étaient partis. Cleo n'aurait jamais dû me dire ça, sachant combien j'étais bavarde au téléphone. Je passais des tas de coups de fil tous les jours. 

     
    …, la vieillesse vous tombe dessus un beau matin sans crier gare…. Mais, tant qu'on ne se voit pas dans une glace, on n'a pas l'impression d'être vieille.

     

    Je suis peut-être assise ici, à la maison de retraite de Rose Terrace, mais dans ma tête, je suis là-bas, au café de Whistle Stop, en train de déguster une assiette de beignets de tomates vertes.

     

     Et celui-ci que je vous recommande si vous ne l'avez pas déjà lu !

    Au revoir là-haut – Pierre Lemaître 

     

    Avant guerre, elle les avait démasqués de loin, les petits ambitieux qui la trouvait banale vue de face, mais très jolie vue de dot

     

    Le cœur affolé dans la poitrine, le voici dans le hall haut comme une cathédrale, des miroirs partout, tout est beau même la bonne, une brune aux cheveux courts, rayonnante, mon Dieu, ces lèvres, ces yeux, tout est beau chez les riches, se dit Albert, même les pauvres.

     

    Le véritable danger pour le militaire ce n'est pas l'ennemi, c'est la hiérarchie.

      

    L’immensité de sa peine était décuplée par le fait qu’au fond, c’était la première fois qu’Edouard existait pour lui. Il comprenait soudain combien, obscurément, à contrecœur, il avait aimé ce fils ; il le comprenait le jour où il prenait conscience de cette réalité intolérable qu’il ne le reverrait jamais plus. 
     
     
    … voilà comment ça finit, une guerre, mon pauvre Eugène, un immense dortoir de types épuisés qu’on n’est même pas foutu de renvoyer chez eux proprement. Personne pour vous dire un mot ou seulement vous serrer la main. Les journaux nous avaient promis des arcs de triomphe, on nous entasse dans des salles ouvertes aux quatre vents. L’« affectueux merci de la France reconnaissante » (j’ai lu ça dans Le Matin, je te jure, mot pour mot) s’est transformé en tracasseries permanentes, on nous mégote 52 francs de pécule, on nous pleure les vêtements, la soupe et le café. On nous traite de voleurs

     

    Alors au-revoir , au revoir là-haut, ma Cécile, dans longtemps. Puis le nom de Cécile s'efface à son tour pour laisser la place au visage du lieutenant Pradelle, avec son insupportable sourire. Albert gesticule en tous sens. Ses poumons se remplissent de moins en moins, ça siffle quand il force. Il se met à tousser, il serre le ventre. Plus d'air.

     

     

     

     

  • Tisser sa toile

     

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    Comment c'était avant ? Avant la toile ?

    Je me souviens qu'enfant, mon papa me ramenait des cartes perforées. J'aimais ces languettes de papier légèrement cartonnées, qui ressemblaient à de larges immeubles, plutôt bas de plafond, et aux multiples fenêtres. J'imaginais les fenêtres allumées et la vie des habitants rentrés chez eux. Oui, je sais, j'ai toujours eu une imagination fertile. Mais j'étais à mille lieues d'imaginer à quoi ces cartes pouvaient bien servir ni qu'elles étaient l'ancêtre de ce qui transformerait ma vie de manière considérable.

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    Plus tard, adolescente ou jeune adulte, je me suis découvert une passion pour les Lunapark à la mer du Nord et pour les premiers jeux videos. Mon préféré avançait en ouvrant la bouche pour dévorer des pac-gommes tout au long d'un labyrinthe sans se faire attraper par je ne sais plus quoi.

     

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    Et puis, un jour, en Italie, l'Homme a ramené un ordinateur Compaq. Je trouvais que c'était une folie, comme toujours lorsqu'on achète quelque chose qui dépasse une certaine somme. Mais il n'a pas fallu longtemps pour que je morde à pleines dents dans ce nouveau monde. C'est là que tout a commencé: les DVD en italien, les disquettes, les zip, les jeux éducatifs pour enfants, Tomb Raider, Pin Ball et …. la toile.

    Quand on lançait la connexion avec le modem, cela faisait un bruit d'enfer, la connexion prenait un temps fou, parfois elle n'aboutissait pas et il fallait recommencer et au bout d’une trentaine de bzzzzzz tchong idong idong criiiiii, on arrivait sur le net « Bienvenue, vous avez des e-mails ! ». 

    Aujourd'hui, le wi-fi a envahi les maisons, les espaces publics et les lieux de vacances. Plus jamais sans ma toile.

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    Est-ce que c'était mieux avant ? Est-ce qu'on prenait plus le temps de vivre ? Peut-être. En attendant, moi, je sais que je suis chaque jour émerveillée de trouver la définition d'un mot, son étymologie, sa traduction,  son orthographe et ce dans toutes les langues sans devoir attendre d'être à la maison pour ouvrir un dictionnaire ou pire, attendre d'aller un jour dans une bibliothèque. 

    Je suis fascinée par cette application de ouf qui reconnaît le morceau de musique qui passe dès les premières mesures.

    Je suis ravie de pouvoir écouter toute la musique que j'aime – et ça en fait des morceaux ! – de manière aléatoire pendant des heures, sans pour autant choisir 5 CDs en mode aléatoire ou plus tôt encore, écouter un disque à la fois. 

    La puissance documentaire d’internet a augmenté ma vision du monde dans des proportions inimaginables. Plus que des réponses, la toile nous a conditionnés à ne plus jamais refuser de nous demander comment, qui et pourquoi. 

    D'accord je dois me contrôler; maintenant que j'ai reçu un smartphone, je le considère un peu comme mon doudou. Ma vie s'arrête presque si je ne l'ai pas à portée de main. Et je dois tout faire pour ne pas devenir asociale et mal élevée comme ceux qui, sans prévenir et sans raison, baissent la tête et glissent leur index ou leur majeur impudemment sur l'écran de leur téléphone.

    D'accord, je dois ne pas devenir frénétique avec Candy Crush, Pinterest et …. la météo (je finis par refuser de croire qu'il pleut si mon application me dit qu'il fait plein soleil – et comme me dit papa "regarde par la fenêtre !!").

    Mais je ne résiste pas au plaisir de satisfaire ma curiosité partout et en toute heure (oui, je dors avec mon smartphone sur la table de nuit), d'échanger quelques messages rapides ou moins rapides avec mes filles où qu'elles soient et de googler à tout va.

    Oui, je suis tout engluée dans la toile et je risque de me faire manger toute crue mais en aucun cas, je ne regrette d'avoir connu cet avant et cet après Internet.

     

  • T’inquiète, je gère

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    "Tkt je gère !" Ils me l'ont tous dit avec un aplomb auquel j'ai cru. J'aurais dû traduire "Mayday mayday, je gère pas du tout !". Mais ils m'ont bien bluffée.

    Bienheureux les parents des enfants qui gèrent tout seuls, se stressent juste ce qu'il faut pour se discipliner sans la moindre nécessité d'intervention. Quel est leur secret à ces enfants-là ? Auto-discipline innée ? Peur du ridicule ? Honte de l'échec ? Désir de plaire ? Réelle motivation ?

    Je n'en sais rien. Je sais juste que je viens d'une fratrie de ce modèle-là mais que visiblement ces gênes-là ne sont pas passés à travers le tamis.

    Alors bien sûr, on me balance: "Oui, mais toi, tu aimes étudier !". Mais non, je n'aime pas ça. Pas du tout. J'aime apprendre du neuf, ça oui, mais ce n'est pas pareil.

    Et donc non, à part Anaïs qui, par amour ?, par fierté ?, par électrochoc post-échecs ?, s'est ressaisie avec brio, les deux autres n'ont pas le feu sacré des études. Ils écoutent les mauvais conseilleurs, ne croient pas en leur valeur, ou à l'inverse surestiment leurs forces, procrastinent à outrance et fuient la réalité.

    Attention, ce sont tous les trois des personnes fabuleuses, aux qualités inestimables, qui deviendront encore plus extraordinaires avec la maturité s'ils veulent toutefois s'en donner la peine. Mais sur les bancs d'école, ils n'usent certainement pas le fonds de leurs jeans et quand par hasard ils y sont, rêvassent au fond de la classe.

    Souvent, je me demande ce que nous avons raté dans notre éducation, dans notre approche de leur scolarité. Avons-nous été trop présents, trop absents, avons-nous trop "géré" à leur place, empêchant une prise d'autonomie, les avons-nous laissés trop libres, avons-nous été trop sévères, trop exigeants, pas assez stricts ? Je suis bien incapable de le dire. J'ai envie de dire que nous avons été et fait tout cela à la fois. Et donc ?

    Je suppose que dans une dizaine d'années, ces considérations seront bien futiles à nos yeux, au vu des belles personnes qu'ils seront restés mais aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de me remettre en cause.

  • Fin juin

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    crédit dessin: http://toujoursrienaditmonsieurlouis.blogspot.be

     

    Lundi: Tout moi est fatigué. Ma tête, mon corps, ma peau, mes cheveux. Onze mois que je n'ai plus pris de vacances et chaque année qui passe, je le sens un peu plus. Je n'ai plus d'énergie, je pleure pour un rien, je désespère de voir Quentin étudier fructueusement, je ne vois pas le bout du tunnel. Fatigue, donc. 

    Mardi: Pour une fois, j'ai quitté le bureau plus tôt et j'ai retrouvé mes deux filles chéries pour une petite heure de shopping. Un moment délicieux. Rien que nous trois, le temps de les renipper pour mon plus grand plaisir.

    Mercredi: La session d'examens de Quentin n'en finit pas. 4 semaines de tension tant pour lui que pour nous pour finalement un résultat très peu gratifiant. Et on est là, à se demander où est l'erreur, qu'avons-nous raté dans notre approche aux études pour nos enfants. Avons-nous trop poussé, pas assez, trop peu encouragé à l'autonomie, trop aidé, trop pensé à leur place ? Impossible d'éviter ces questionnements lourds dans nos coeurs fatigués. 

    Jeudi: Fin de l'année scolaire. Anaïs a fait mouche, Quentin est sur la touche et Maïté s'est pris une douche. End of the story. Joker. No comments. Question suivante svp.

    Vendredi: Ambiance bac à sable au bureau. Le matin, le Directeur envoie mon chef d'unité à une réunion à laquelle ce dernier n'a aucune envie d'aller. Il s'exécute mais l'après-midi, il boude et refuse de m'accompagner à la réunion bi-mensuelle qu'il a avec le Directeur et où je suis conviée invariablement depuis 8 ans. Je vais donc seule et à ma grande surprise, le Directeur refuse de tenir la réunion avec moi seule. Dans sa colère, il invoque le fait que ces réunions-là sont prévues avec les chefs d'unité. Ce n'est pas à moi qu'il en veut, je le sais, mais il n'empêche que je me vexe en mon for intérieur: Je suis quoi moi, une sous-fifre insignifiante ? Dans une autre vie monsieur, moi, j'étais Directeur, au moins sur mes cartes de visite. What's in a name, pauv' cloche ? Mais bon, je retourne chez mon chef à qui je transmets l'annulation de la réunion en l'absence de la "bonne personne". Et l'autre cloche de me demander: "Mais pourquoi tu ne m'as pas appelé ?". On est où là ?

    Le soir, Tiken Jah Fakoly et Puggy à Couleur Café et un mojito m'ont consolée malgré la pluie.

    Samedi: L'absence de Simon pendant toute cette semaine et celle de JD pour un long weekend m'ont offert le plaisir d'avoir mes filles un peu plus sous les yeux qu'en temps normal. Que du bonheur. Les circonstances  ont fait qu'il n'a pas été possible de se retrouver à cinq le temps d'un repas ou l'autre mais toutes ces rencontres à géométrie variable ont été bien agréables et réconfortantes. Une fois n'est pas coutume, j'ai rempli (un peu) leur frigo et nous avons emmené Maïté au resto. 

    Dimanche: Journée tranquille avec chaque enfant à tour de rôle et puis plus qu'à nous deux en fin de journée. Un peu de cuisine, un peu de musique, un peu de repassage, un peu de foot, un peu de blog, un peu de tout….

  • Les diables m’emportent

     

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    Les rouges en particulier.

    Je n'y peux rien, c'est plus fort que moi. Tous les quatre ans à la même période, je m'entiche du ballon rond.

    Pendant trois ans et onze mois, je suis totalement hors jeu, je n'en ai strictement rien à cirer du terrain rectangulaire, des cartes jaunes et rouges, des goals, des coups francs, des clubs et des arbitres.

    Et puis tout d'un coup, des cornes me poussent sur la tête, le démon me possède et je me transforme en rouge diablesse. Entendons-nous, je refuse de me déguiser en drapeau belge en plumes, paréo de ville, chaussettes pour rétroviseur ou griffes colorées sur le visage.

    Pendant un mois, je suis les matches avec un intérêt qui me sidère moi-même, je connais le CV de tous les joueurs, le classement de chaque groupe, les dates et heures des prochaines rencontres.

    Mais quel est ce mystère qui fait de moi une envoûtée diabolique ? Je n'en suis pas encore au stade de collectionner les vignettes Panini, encore que, si on me le proposait à la caisse de mon supermarché, je serais probablement bien tentée.

    Si la Belgique ne participe pas, je me choisis une autre équipe de coeur, voire même plusieurs quand entre l'une ou l'autre, mon coeur balance et je peux soutenir un jour l'Italie, le lendemain la France ou le Brésil et quelques jours plus tard le Cameroun ou le Portugal.

    Mais quand les Diables sont qualifiés, le délire est à son comble et me voilà complètement ensorcelée.

    J'ai beau me dire que pour beaucoup de Brésiliens, la coupe est pleine et que je devrais avoir honte de participer à cette liesse qui nie totalement les coulisses du Mundial, je ne résiste pas et je me laisse porter par cet enthousiasme national de quatre semaines.

     

     

  • Entre la poire et le fromage

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    Celle de la belle Hélène, toute drapée de chocolat

    Celle qu'on coupe en deux pour faire un compromis

    Celui dont on ne va pas en faire tout un plat

    Celle de Williams, un peu bourrée

    Celle qu'on se paye en se moquant

    Celui qui nous fait sourire pour la photo en anglais

    Celle, si bonne, dont on profite souvent

    Celle qui mouche le nez des enfants

    Celui que tenait en son bec un corbeau sur un arbre perché

    Celle qu'on garde en réserve pour la soif

    Celui que vaut bien cette leçon sans doute

    Celle qu'on se prend en pleine figure

    Celui de la vache hilare et coquette

    Celles tapées du pays de Loire

     

     

  • La loco loca

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     Ma soeur est une locomotive. C'est la petite blonde là, en haut à droite. Dans la famille de cinq, c'est la loco loca qui mène tout son monde à la baguette, parents y compris. Et c'est vrai depuis toujours. Toute petite, elle faisait déjà tourner tout le monde autour de son petit doigt. Par ses sourires, ses larmes attendrissantes, sa gentillesse naturelle et son sens inné du devoir.

    C'est pourtant moi l'aînée, mais aussi loin que je remonte, elle a toujours assuré l'intendance, préparé le repas du soir pour toute la famille, donné un coup de main au repassage ou relevé ses manches pour nettoyer. Moi, j'avais plutôt le rôle de chorégraphe pour les spectacles de fêtes des mères, des pères et de fin d'année. J'avoue, ça me convient beaucoup mieux.

    Ce long weekend de l'Ascension, elle était en Belgique depuis une semaine et quand nous sommes arrivées à LG, elle avait déjà organisé la trouée de deux arches dans la haie de sapin, tondu tous azimuts, blanco-tornadé le garage et bien d'autres choses dont je n'ai pas idée et qu'on ne m'a pas signalées. Le vendredi, profitant de notre présence, elle a organisé le transfert de quatre chargements vers la déchetterie – exit les vélos d'enfants à moitié démontés, les grillages inutiles, les pièces de bois pourries et les outils rouillés. Puis elle a décidé qu'on attaquerait le nettoyage de la réserve à mazout. Gloups ! Personne n'a jamais nettoyé cette pièce depuis plus de 40 ans. A nous les sacs de 50 kg de sable et de ciment que les souris ont colonisés et grignotés par le fond pour que tout le contenu des sacs s'écoule quand on les soulève, à nous les briques entassées à sortir de là, la vieille brouette en bois, la balance antique et la machine à laver à l'ancienne. On a vidé, brossé, aspiré, rangé, nous les petits wagons derrière la loco loca. Il y a bien un wagon plus gros que les autres qui a essayé de prendre la place de la loco mais les deux locos ont collaboré plutôt que collisionné. 

    Puis nous nous sommes échappés sommes partis, appelés à d'autres tâches plus "moi" (organiser un dîner "alla grande") et la loco ne s'est pas reposée pour autant: elle a encore tondu une dernière fois toutes les surfaces tondables, nettoyé la cuisine et préparé un gratin dauphinois.

    Quand elle repart pour sa Suisse proprette, c'est Maman qui souffle: "La tornade blanche est passée, à moi le cheni* !"

     

    * désordre en français de Suisse 

  • Chez la petite sirène

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    Trois jours au pays de la petite sirène. On m'avait dit "tu verras, c'est un peu comme le Manneken Pis à Bruxelles, elle est toute petite !". Elle est petite, c'est vrai, mais je la trouve jolie, voire très jolie. Elle m'a plu. Il n'y avait pas non plus 300 touristes agglutinés autour d'elle et sans doute, cela a joué en sa faveur. Je me suis assise sur un banc en face d'elle, au soleil, et elle a donné le ton de ces trois jours à Copenhague. 

    Tout m'a plu. Le quartier de Nyhavn, ses maisons colorées, ses quais, les voiliers splendides, l'ambiance bon enfant, les vélos tellement plus respectueux que chez nous, le nombre incroyablement limité de voitures, le design inimitable, le musée de la marine et ses incroyables maquettes de bateaux – où nous nous sommes mis à l'abri de la pluie et où nous avons passé deux heures émerveillées -, la créativité dans les assiettes chez deux disciples de René Redzepi au point de nous retrouver avec une belle tête de cochon toute entière sur la table ("qui veut un petit coin d'oreille ?), et surtout surtout l'extrême gentillesse des Danois et leur merveilleux sens de l'humour.

    Trois jours de plaisir, avec J. et S., les plus easy going des partenaires pour ce genre d'escapade, avec qui l'Homme-Nikon peut prendre son temps sans qu'ils ne manifestent jamais la moindre impatience, avec qui on peut flâner sans se lasser, avec qui on peut parler des heures sans s'ennuyer, ou simplement ne rien dire sans en éprouver le moindre embarras. 

    Trois jours de pause plus que bienvenus en cette période épuisante au bureau. 

     

  • Môman

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    Bon, allez, peut-être pas pour tout mais quand même pour beaucoup…. Bonne fête, Mum !