Auteur/autrice : Myosotis

  • Après, yapluka.

    Yapluka2Stress évacué. Je ne pense pas avoir à regretter ma décision. Mais c'est probablement un peu tôt pour le dire. 

    L'après est toujours particulier. J'oublie toujours à quel point l'anesthésie m'endort non pas pour quelques heures mais pour au moins 48 heures. Je dors comme the Sleeping Beauty pendant des heures et des heures, je suis littéralement assommée. Et c'est tellement peu moi – moi et mon sommeil de plumes – que j'en suis toujours interloquée. 

    Après quelques jours, j'émerge un peu mais je suis loin d'être un modèle d'efficacité. Dur dur les périodes post-opératoires pour les hyperactives. La fatigue vous rattrape au tournant en moins de temps qu'il n'en faut pour compter des moutons. 

    Alors ne parlons pas du handicap. C'est une belle façon de se rappeler à quel point tout nous sert dans cette belle machine qu'est le corps humain, les deux mains, les deux pieds, les deux yeux, enfin toutes les paires, quoi ! Et aussi une belle piqûre de rappel sur les difficultés que rencontrent ceux qui sont mono-quelque chose.

    Contrainte de garder le bras en écharpe, j'enrage pour tout. Mais en fait, on s'habitue et on trouve des astuces. Comme déposer le sèche-cheveux sur la tablette du lavabo et s'accroupir pour positionner la brosse enroulant la mèche sous le vent chaud; ou comme s'entraîner au lancement de pan de manteau sur l'épaule immobile avec un minimum de délicatesse.

    Je suis en arrêt maladie pour un mois et je peux comprendre. Cela me semblait un peu exagéré mais après avoir passé deux matinées au bureau pour des interviews dont je ne voulais laisser le soin à personne d'autre puisque c'était pour moi qu'on recrute, l'immense fatigue qui m'est tombée dessus m'a rappelée à l'ordre.

    Aujourd'hui, le gentil docteur m'a enlevé les fils sans douleur et m'a montré la video du déroulement des opérations. Pas trop ma tasse de thé mais il faut avouer que c'est impressionnant de voir mes tendons effilochés comme un pull tout pelucheux et de voir son instrument raboter mon omoplate et passer l'aspirateur entre les coups. 

    Enfin voilà, le ménage est fait. Yapluka faire la kiné passive puis active. Yapluka, yapluka.

  • Une après-midi pour moi

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    Cela faisait partie de mes résolutions pour cette année 2016. Une fois par mois, m'offrir une après-midi pour moi: une expo, un magasin, une découverte, un petit plaisir comme un massage, une séance de yoga, un film……

    J'ai consciencieusement fixé ma première après-midi au 12 janvier. L'intervention chirurgicale de l'épaule était fixée au 20 et je voulais en profiter avant. Mais c'était sans compter avec mes états d'âme et les avis nombreux et variés de tous ceux à qui j'ai parlé de cette intervention. Tous ceux qui ont eu un souci ou l'autre à l'épaule, qui ont récupéré lentement mais sûrement ou qui connaissent quelqu'un qui….

    A force d'entendre les uns et les autres et de plus en plus stressée au fur et à mesure que l'on se rapproche de la date fatidique, j'ai bien entendu freiné des deux pieds. J'ai fini par céder à la proposition de demander un deuxième avis. Inconsciemment, j'espérais que ce second avis confirmerait le premier, histoire de ne pas décommander l'intervention une semaine avant. Mais bien sûr, le deuxième avis donné par un chirurgien pas particulièrement agréable, était différent. Tout ce qu'il me fallait pour me déstresser !

    J'ai donc passé l'après-midi pour moi dans les hôpitaux: visite à un ami médecin à qui je demande de m'aider à me dépatouiller de tout ce brouillard dans mon cerveau. Bien mal m'en prit, on parle dix minutes de moi – pour me dire de prendre un troisième avis – et….. trois quarts d'heure de lui et de ses problèmes. Sa femme m'appelle le soir pour prendre de mes nouvelles. Occupée à dîner, je promets de la rappeler un quart d'heure plus tard. Quand je la rappelle, elle a déjà oublié la raison de son appel initial et on parle pendant une heure d'elle et de ses problèmes et on finit par raccrocher sans qu'on ait mentionné une seule fois l'intervention qui m'attend. Je sais que je suis plutôt quelqu'un qui écoute, mais là, c'est le pompon, 

    L'après-midi, j'ai passé les examens pré-opératoires et attendu une heure et demi l'anesthésiste, probablement endormi quelque part…. Et j'ai attendu jusqu'à 20 heures de pouvoir voir le chirurgien qui m'a gentiment reçue alors que je n'avais pas rendez-vous et qui m'a finalement rassurée sur le bien-fondé de cette intervention. 

    Voilà donc une après-midi pour moi qui a rempli son office. Je me suis effectivement occupée de moi mais pas exactement comme je l'avais initialement souhaité.

    La décision est enfin prise et confirmée mais le stress a changé de cible. J'angoisse maintenant à l'idée de l'anesthésie. J'ai beau savoir comment ça se passe, je n'en reste pas moins terriblement stressée à cette idée de perte de contrôle.

    Vivement jeudi que tout cela soit derrière moi. 

  • Paris reçu

     

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    Cette année, mon anniversaire tombait un samedi. Le dernier samedi en date, c'était celui de mes 50 ans, un jour idéal pour faire la fête. Mais pour 56 ans, on ne fait pas de fête. Pas de journée prévue avec ma maman non plus. Pas de journée où je fais ce que je veux, rien que ce que je veux puisque c'est un samedi et le samedi, je le passe avec l'Homme. Donc pas de plan particulier, un seul moment agréable en vue, un dîner d'anniversaire chez Anaïs avec tous les enfants.

    Mais pour le reste, une envie de rien, pas trop contente de prendre un an de plus, pas en super forme non plus, grumpy mood quoi…..

    Vendredi soir, on rentre les courses, on prépare le repas et Anaïs et Simon débarquent en coup de vent pour ramener une couette prêtée. Puis Maïté et Jean-Didier se pointent aussi. Je commence à sentir la bouteille de champagne qui ne se tient plus dans le frigo. Je trouve ça très sympa mais bon, on se voit demain chez Anaïs, non ? Maité s'excuse, me dit qu'elle et JD ne seront pas là samedi soir parce qu'ils partent fêter l'anniversaire de JD à Paris….. Je commence à dépiter…. Maité ajoute vite "avec toi !". Il me faut un certain temps pour comprendre que c'est mon cadeau d'anniversaire, qu'ils m'emmènent tous à Paris (à l'exception de Simon, pas bien et de Kerya, en examens). Je crois bien que c'est la première fois de ma vie qu'on parvient à me faire une surprise, je n'ai rien vu venir. Ils ont pris les billets en octobre et mille fois, ils auraient pu vendre la mèche ou j'aurais pu inventer une journée d'anniversaire pour moi qui aurait fait tomber leur plan à la Seine.

    C'était juste une journée fabuleuse. Je n'ai pas eu vraiment le temps de planifier la journée. On a donc marché, marché, toute la journée. Du Vieux-Colombier à la rue du Cherche-midi, de la grande épicerie et du Bon Marché à Deyrolles, du Marais à la Seine, des quais au Louvre. Pauvre Anaïs dont c'était la première sortie au-delà de 2 km depuis trois mois, ses pieds ont été mis à rude épreuve. On a quand même pris un bus jusqu'aux Abbesses, flâné là pour revenir ensuite vers les Grands Boulevards où on a abandonné Maïté et JD à leur hôtel avant de repartir vers la Gare du Nord, épuisés mais heureuse.

    Je n'ai rien fait de ce que j'aurais pu faire – quand j'ai vu que c'était les derniers jours de l'expo de Vigée-le Brun, j'aurais bien voulu me l'offrir mais je n'ai pas voulu imposer ça à toute l'équipe, même si c'était MA journée, je n'ai rien acheté hormis un parfum qu'on ne trouve qu'à Paris et qui me fait de l'oeil depuis deux trois ans. J'ai juste aimé être là, dans cette ville que j'adore, avec eux, et être la reine du jour. Magique.

  • Quand il était chanteur…

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    Quand il était chanteur, il a accompagné toute une série de petits moments de ma vie. Des moments drôles, d'autres premiers émois d'adolescente, d'autres encore des moments d'interrogation.

    J'avais onze ans quand il prétendait faire n'importe quoi pour un flirt et être prêt à tout pour un simple rendez-vous. Mais quand il disait être prêt à faire des folies pour arriver dans mon lit et faire un petit tour entre mes draps, je rougissais jusqu'aux oreilles et je fredonnais lalala plutôt que les vraies paroles de la chanson, que je connaissais pourtant pertinemment bien.

    Je n'en avais guère plus quand il chantait les mérites de Marianne et je m'imaginais une jolie Parisienne, maman de 5 enfants, qui répétait à qui mieux mieux "Ca ira !". Je pensais qu'elle devait ressembler à la mienne qui n'arrêtait pas de répéter "Ca va passer !" à chaque plainte ou petit bobo.

    J'avais treize ans et j'étais horrifiée de l'entendre régler les arrangements du divorce. Donner la gosse à ses parents, le temps de faire le nécessaire ! J'en étais totalement bouleversée, c'était comme si c'était moi qu'on confiait aux grands-parents le temps de se retourner. Et le pompon c'était de conseiller de faire un demi-frère à Stéphanie ! Je me projetais tellement dans ce qui pour moi représentait à l'époque une catastrophe nucléaire que je n'en revenais pas qu'on puisse chanter cette chanson le sourire aux lèvres.

    J'ai appris à aimer les oies sauvages avec le chasseur et j'ai découvert le Loir et Cher où on marche dans la boue et où il y a des chevaux et des hiboux.

    J'ai découvert Dylan et Donovan grâce à lui. J'ai mis un peu plus de temps à savoir qu'il existait une île de Wight. Je pensais qu'il disait que ce qui était bien était bien, right is right.

    A seize ans, il m'a fait planer, en boucle et dans le noir.

    Mais ma préférée restera pour toujours celle qu'on chantait à trois la dernière année où j'ai partagé une chambre avec Sis'Cile et Swiss'Sis et qu'on prenait tellement de plaisir à dire et répéter "Ma pauvre Cécile…… !". Elle avait cinq ans et adorait entendre son nom dans une chanson. Je ne sais pas, par contre, ce qu'elle pensait du "ma pauvre" dans sa petite tête bouclée.

    Voilà, Mick Jagger est toujours là, lui, et je ne sais pas si Sylvie Vartan a déjà fait ses adieux mais Delpech, lui, a rejoint les étoiles qu'il nous invitait à regarder.

     

  • 2015

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    Une année tellement bizarre. Des attentats terroristes en début et en fin d'année. Paris par deux fois, puis Bruxelles en état d'alerte maximale. Un arrière-goût plutôt amer. Et malgré cela, beaucoup d'amour partout autour de moi. Une espèce de bulle légère dans une atmosphère plutôt pesante.

    Premier congrès de sorcières à quatre. On aurait voulu se retrouver au Mont St Michel pour réaliser son dernier souhait inassouvi mais c'était tellement compliqué à rejoindre pour la Turinoise. Alors on a choisi Turin, berceau de notre rencontre et la Sagra di San Michele.

    2015, c'est aussi Cuba, déconcertant et fabuleux à la fois, un weekend en Ombrie entre amis, dix jours en Normandie, la Suisse éternelle, le weekend en Toscane avec J et S et notre escapade quasi annuelle en amoureux à Venise. 

    Ce sont aussi les premières vacances à deux, totalement sans enfants et un plaisir partagé et non dissimulé. 

    C'est une invitation à dîner chez Maïté.

    Ce sont de grands événements de Sis: le mariage de Sis'Cile et Marc puis les 50 ans de Swiss'Sis et le séjour magique qu'elle nous a organisé à Giessbach à cette occasion. 

    2015, ce sont toutes les tracasseries liées à la mise en place du piétonnier dans le centre-ville, décidé envers et contre tous par le bourgmestre de Bruxelles.

    2015, c'est le couronnement des efforts d'Anaïs sous la forme d'un joli diplôme et la totale remise en question du parcours de Quentin.

    Ce sont les deux opérations successives des hallux valgus d'Anaïs et la lente rééducation à la marche.

    C'est aussi l'évolution pas trop agréable de mes douleurs au bras et à l'épaule.

    C'est une année d'évolution en quelque sorte.

    J'en ai fait encore et toujours un peu trop mais je ne veux même pas renoncer. J'en veux encore et toujours plus. 

    Toujours plus de théâtre, de cours de langues, de sport, de lectures, de voyages, mais aussi d'amour, d'amitié, de temps à donner, de tendresse, de bonheur.

    Sus à 2016 !

     

  • Noël joyeux

     

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    Ce fut un Noël joyeux !

    Pas de stress en cuisine (33 Noël derrière nous, ça donne forcément une certaine expérience….), de la bonne humeur, une jolie table, prêts à l'heure – sauf Quentin qui repasse sa chemise à la dernière seconde….

    Maité et JD qui reviennent de New York le matin même, complètement lessivés mais des gratte-ciels plein les yeux,

    Anaïs qui réussit à mettre deux chaussures identiques depuis quelques jours,

    Simon tout sourire,

    Swiss' Sis et Thierry en pleine forme,

    les jeunes mariés ou plutôt la jeune mariée qui s'est lancée dans la confection des mélocakes – une vraie tuerie ! -,

    Clara plus jolie et plus sage que jamais,

    Quentin tout seul mais le coeur plein de Kerya,

    le Papy toujours aussi beau

    et les Mamy qui rivalisent d'élégance,

    l'Homme qui m'offre les mêmes boucles d'oreille qu'il y a 3 ans – toutes les excuses y sont passées: "Tu as tellement de boucles d'oreille que j'ai oublié", "C'est la preuve que je les aime bien !", "Je ne vois que toi, je ne vois pas les boucles d'oreille 🙂 " – ,

    et cerise on the cake, la râleuse de tous les Noël charmantissime, agréable, souriante. Jusqu'à me rappeler le lendemain en me disant que c'était un merveilleux Noël !

    C'est comme ça qu'on les préfère les Noël…… 

  • Semaines d’avent

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    Il y a eu ces longues journées de chasse aux cadeaux quasi exclusivement pour la St Nicolas de nos trois rois et consorts. De longues promenades en amoureux à la recherche de ce qui pourrait leur plaire.

    Il y a eu la St Nicolas, notre pré-Noël à huit. Parce que oui, nous ne sommes plus sept mais huit.  L'octave de notre chanson est arrivée, il y a presque un an. Et quelle octave ! Super brunch, super cadeaux des enfants pour les parents. Un pur bonheur à ne pas bouder.

    Il y a eu le retour au cours de portugais, après 6 semaines d'absence – congé de Toussaint, Venise, fermeture de l'école suite à la menace de niveau 4 à Bruxelles – et ce constat que non seulement je prends toujours autant de plaisir à y aller malgré l'heure tardive, la faim, le froid de canard pour rentrer mais aussi que j'y suis de plus en plus à l'aise tant à l'audition qu'à l'expression.

    Il y a eu le retour de Katia du Brésil, partie in extremis marier son fils et voir les photos où transparait tout l'amour entre ce Rodrigo et sa maman adorée m'a émue aux larmes.

    Il y a eu quelques spectacles drôles comme la Revue 2015 où j'ai ri aux larmes et Menace sur la Couronne où le marathon de jeux de mots couplé à une virtuosité fantastique de marionnettistes m'a littéralement coupé le souffle, sublime et scintillant comme le concert de Cecilia Bartoli, offert par Mamy, interpellants comme le Coming Out de Tom Lannoye et Cabaret au Théâtre National.

    Il y a eu ces moments difficiles au bureau, fin d'année, mécontents, mini-drames, et cette absence totale de reconnaissance pour tous les efforts consentis. Je ne fais rien pour en attendre de la gratitude mais j'ai exactement le même sentiment d'incompréhension que comme, pendant cette période de croisements intenses dans les magasins, l'on tient la porte pour le suivant en le gratifiant d'un sourire en prime, lequel sourire dégouline sur le trottoir, faute d'accrocher ne fût-ce qu'un regard.

    Et puis il y a eu ce dîner de fin d'année entre collègues que, pour une fois, j'ai décidé d'organiser à la maison. On a passé tout le dimanche en cuisine, l'Homme a préparé un excellent pain de viande et des chicons crème moutarde à tomber, on a mis les petits plats dans les grands, une sorte de répétition générale de Noël, pour une équipe ravie d'être reçue par "la chef", enchantée des petits soins et aux anges devant l'équipe de choc (l'Homme, Anaïs et Quentin) venue aider, dresser les assiettes, servir et surtout faire la vaisselle – parce que oui, bien sûr, le lave-vaisselle est tombé en panne 4 jours avant Noël – avant de partir au restaurant…. se faire servir. Et pour moi, le plaisir inestimable de voir ces 14 collègues tellement différents, disparates et difficiles à accorder ne plus faire qu'un autour de moi.

     

     

  • Oisive

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    Nous avons reçu comme cadeau de Noël l'année passée, un Bongo. Non, pas un instrument à percussion mais un chèque-cadeau "pour une expérience inoubliable". En l'occurrence, un séjour d'une nuit dans un hôtel à choisir dans un catalogue d'hôtels. Nous avions opté pour une nuit à Cologne en décembre, histoire d'arpenter un de ces fameux marchés de Noël dont l'Allemagne détient le secret absolu.

    Et puis le matin du départ, gros coup de fatigue, pluie annoncée à Cologne pour deux jours sans discontinuer, une envie furieuse de tout annuler. Après tout, on peut essayer. J'appelle la société Bongo qui en 5 minutes chrono contacte l'hôtel, obtient l'annulation sans frais et remet notre "compteur bongo" à zéro, ce qui nous donne le droit de réserver autre chose dans les 4 mois qui viennent.

    Soulagement certain de ne pas devoir traîner sa fatigue sous la pluie pendant deux jours entiers. Mais soudain un vide total devant moi. Une montagne de boulot qui m'attend au bureau et une tentation immense d'annuler les deux jours de congé, denrées rares. L'Homme m'en dissuade. A mon corps défendant. Je ne sais pas quoi faire de ces deux jours. L'Homme me propose de se laisser porter, ne rien faire d'important, faire un peu de shopping pour préparer la St Nicolas des enfants, sans se presser.

    J'ai beaucoup de mal à ne rien faire, à ne pas avoir un programme bien défini et je me retrouve totalement désarçonnée. Je trouve même tout cela fort stressant. Et il me faudra quelques heures et toute la détermination de l'Homme pour finalement me relaxer et accepter d'être en congé "non rentable". Enfin, c'est relatif, puisque nous avons quasi rempli toute la hotte de St Nicolas.

  • Vendredi 13 et chat noir (ou pas)

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    Comment décrire ces dix derniers jours ?

    Depuis ce vendredi 13 funeste, moi qui suis tout sauf paraskévidécatriaphobe, moi qui ne jure que par le côté porte-bonheur de ce jour associé à ce chiffre – jour de naissance de ma Sis'Cile, veille de mon mariage et tant d'autres vendredis 13 heureux. 

    Depuis ce vendredi soir où nous nous étions retrouvés entre amis, belges, italiens, français, anglais, espagnols, roumains, avec quelques gouttes de sang polonais, portugais, une vraiment jolie brochette devant le match amical Italie-Belgique, champagne au frais pour fêter le pays gagnant – peu importait le gagnant, pourvu qu'on ait l'allégresse -.

    Depuis ce vendredi soir où la Belgique gagnante à peine au vestiaire, on zappe sur France-Allemagne pour apprendre non pas la fin du match mais le début de l'horreur. Le champagne est resté au frais. 

    Depuis ce vendredi soir parisien jusqu'à ce samedi matin où la Belgique se réveille en état d'alerte maximale. Où on se retrouve, malgré nous, terreau de dingues qui se la pètent. Et où on se lève hébété en se demandant si on fait bien de sortir faire son marché tout en refusant par principe de se terrer.

    Jusqu'à ce samedi matin où les amis qu'on a invités pour le soir même hésitent malgré tout à descendre dans le centre-ville, considéré à risque. Et pour cause, l'armée a rejoint la police, les mitraillettes des automitrailleuses sont déhoussées, les doigts sont sur les gachettes.

    Jusqu'à ce samedi soir où les amis ont pris leur courage à deux mains et un taxi et où on a passé une soirée merveilleuse et délicieuse.Au grand dam des enfants à qui on avait proposé de prendre la relève en cas de désistement confirmé et qui voient des agapes royales leur filer sous les narines.

    Jusqu'à ce dimanche soir où l'état d'alerte maximale se prolonge au-delà du weekend et de l'inquiétude relative, où il convient de prendre des décisions pour les collègues et leur proposer de télétravailler vu la fermeture des écoles et du métro pour les jours à venir.

    Jusqu'à ce dimanche soir où le quartier est bouclé pour cause d'action d'envergure dans les rues adjacentes où pourraient bien se planquer l'ennemi public numéro 1 et ses bombes et où se dit qu'on a bien fait d'inviter les amis le samedi et pas le dimanche.

    Jusque' à ce dimanche soir où la police demande à tous les internautes, facebookers et twitters de s'abstenir de commenter et photographier la progression de l'action en cours pour ne pas en compromettre le succès. Se dire que c'est justement quand ça se passe sous vos fenêtres qu'on voudrait bien rester informés. Voir un déferlement de lolcats sur les réseau sociaux en réponse à cette demande de la police qui, en remerciement le lendemain, a offert à tous les chats de la toile un bol de croquettes. Et se dire que tant qu'il y aura de l'humour……

     

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  • Sérénissime

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    Je ne peux pas mieux qualifier l'état dans lequel je me suis trouvée pendant deux jours et trois nuits. Disons pendant deux jours. Parce que pour être honnête, les trois nuits pas vraiment. Mal dormi malgré une chambre d'hôtel très agréable, le lit en-dessous d'un puits de lumière à 4 ou 5 mètres de haut. Mais bon, un puits de lumière quand le soleil se couche à 17 heures et moi à 23h30, je n'en profite pas vraiment. Et quand le soleil se lève à 7h et que je n'ai pas beaucoup dormi, je ne vous dis pas…..

    Mais les deux jours, sublimes. Et moi sérénissime chez la Sérénissime. Venise, j'oublie tout. Le boulot, les soucis, les mille et une choses à faire. L'Homme aussi oublie tous ses soucis et il redevient un prince vraiment charmant.

    Venise est devenu notre rendez-vous annuel. Cette fois encore, nous avons dormi à Murano. Loin de la foule.

    Nous sommes retournés sur l'île de Torcello, petit paradis sur terre. Pas un touriste avant 11 heures du matin, plus un touriste après 17h. Et ceux qui viennent là ne sont pas trop envahissants. Neuf personnes, pas une de plus, habitent sur cette île. Je rêve d'être la dixième et l'Homme le onzième. Pas une pharmacie, pas un boulanger, rien. Burano à 10 minutes en bateau. Et un bateau qui passe toutes les 15-20 minutes. Une maison qui me fait de l'oeil depuis l'année passée. Pas vraiment à vendre, mais pas habitée non plus. Ou alors rarement.

    Le lendemain, nous avons marché pendant 5 heures dans le quartier de Castello, derrière l'Arsenal, ensoleillé et peu fréquenté. Pur bonheur. 

    Pendant tout ce temps-là, on parle, on parle, de tout, de rien. La phrase qui revient le plus souvent c'est "qu'est-ce qu'on est bien ici…." ou "on revient quand ?".

    En janvier ? J'ai trouvé une petite offre pas chère…. Pas sérieux ? si, si, sérieux-issime !