Auteur/autrice : Myosotis

  • Deuzan

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    Tu es juste incroyable. Deuzan déjà. Et déjà une personnalité bien trempée. Séduisante sans en faire trop, charmeuse naturelle, il suffit que tu souries, coquine, pour que tous les coeurs s'ouvrent. Tes petites dents de perle et l'eau de mer capturée dans tes yeux font fondre les plus endurcis.Tu sais exactement ce que tu veux et surtout ce que tu ne veux pas. 

    Tu cours comme un joueur de rugby, tu joues au ballon avec les pieds et avec la tête (enfin, sans le faire exprès vraiment), pas avec les mains. Il faut dire qu'à la crèche, il y a une majorité de petits mecs autour de toi.

    Je pourrais te regarder jouer à faire semblant toute la journée, je ne m'en lasse pas. Et tu parles, tu parles, tu parles, un vrai moulin. Certains pourraient s'en lasser, moi non. Je me repasse en boucle les quelques videos prises au vol où tu te racontes des histoires.

    Tu aimes faire tout toute seule et je dois dire que tu te débrouilles vraiment bien pour t'habiller et te déshabiller, pour manger et boire proprement. Tes petites mains sont d'une précision assez étonnante pour une petite fille de ton âge.

    J'adore te lire des histoires et t'écouter reconnaître ce que tu as retenu ou même me faire découvrir de petits détails qui m'avaient, à moi, complètement échappé.

    Tu chantes "Le monde entier est un cactus" de Jacques Citron et tu imites la Piaf à s'y méprendre. Tu chantes et tu m'enchantes. 

    Tu es drôle, tu me fais rire, tu as l'âge que je préfère par-dessus tout, tu as deuzan.

  • Venise

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    Encore et toujours. Je sais, on se demande toujours ce que je peux bien faire à Venise chaque année. Une fois embrassés des yeux la place St Marc, le pont de Soupirs et le Rialto, que reste-t'il à voir ? Et bien tout, justement. Les ruelles esseulées, les places désertes, les ponts oubliés, les dédales méconnus, tout un monde de mystères nous attend à Venise. 

    Les autres îles de la lagune aussi. Celles qu'on connaît déjà, Murano où l'on dort, loin de toute l'agitation, Burano et surtout sa voisine Mazzorbo où on vit au rythme des habitants plus âgés, et Torcello ma bien-aimée, le berceau de Venise. On y retourne manger au même endroit chaque année où on nous accueille maintenant avec un "Bentornati !" absolument réconfortant. Pour peu, on se sentirait presque de la famille.

    Il y a encore tellement d'îles qu'on ne connaît pas et qu'on rêve de découvrir.

    Prendre le temps de faire quelques expos avec l'Homme qui cède à mon plaisir et qui finalement y trouve un peu du sien. Cette année, nous avons enfin poussé les portes de l'Accademia, une mine de chefs d'oeuvre absolument magnifiques. Une deuxième expo complètement différente nous a fait découvrir un des artistes majeurs de l'arte povera, Iannis Kounellis. J'adore ces moments-là.

    J. et S. se sont joints à nous pour les premiers jours et partager ces moments avec eux fait également partie du plaisir.

    J'aime cette ville de manière inexplicable et dès que je quitte la lagune, je n'ai de cesse d'organiser le prochain séjour pour retrouver la sérénité.

  • Déjà juin

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    Vendredi: Weekend de l'Ascension à la campagne avec Princesse Sappho. Toujours un vrai plaisir d'être avec elle. Sage et drôle à la fois. Et pourtant cette fois, elle n'a pas voulu s'éloigner de moi, voire décoller de mes bras. On ne sait toujours pas ce qui l'a inquiétée. Le bruit des tracteurs, des motos, le vent dans les feuilles des arbres, même le coq qui chantait deux maisons plus loin, tout semblait source d'inquiétude. Un seul instant, elle a essayé de vaincre sa peur et de traverser la grande pelouse qui séparait son nonno de moi et passés les dix premiers pas, elle s'est mise à courir en pleurant. Espérons que fin juillet, elle sera moins craintive. Je compte sur Jules pour lui faire oublier tous les bruits.

    Samedi: Journée en cuisine pour recevoir Anne et Guido. Soirée de plein été chaude et mémorable. Ces deux-là sont juste incroyables. C'est la parfaite réussite du couple mixte des deux principales cultures belges, elle pure francophone, lui bruxellois néerlandophone, la parfaite réussite de la famille recomposée, trois enfants séparément, un petit dernier en cerise sur le gâteau, pas mal de difficultés pour nouer les deux bouts mais toujours prêts à faire la fête avec trois bouts de ficelle et une bonne bouteille de vin, généreux, aimants, merveilleux même dans l'adversité la plus terrible comme la perte d'un neveu de onze ans. Je les adore. Nous sommes amies depuis l'âge de 12 ans et nous le serons probablement jusqu'à la mort.

    Lundi: Concert avec Mamy B. de Yuja Wang, pianiste magicienne, virtuose hors pair et incroyablement….. sexy. Elle m'a subjuguée pendant deux heures trente. J'ai rarement vu une technique pareille doublée d'une sensibilité extraordinaire. Et d'une beauté sensuelle à couper le souffle. Du coup, j'ai appris que cette artiste particulièrement exceptionnelle était vertement critiquée, non pas pour son jeu incomparable mais pour ….. ses tenues de concert. Après coup, j'ai lu toute une série d'articles où une brochette de critiques musicaux, tous plus guindés les uns que les autres, la descendent en flammes parce que non, vraiment, ça ne se fait pas de jouer Chopin ou Beethoven en tenue sexy. J'en suis restée sur mon …. 

    Mardi: Première injection de ce nouveau traitement en test aveugle pour l'Homme pour essayer de venir à bout de ces 6 mois de papules urticantes et surtout tenter de mettre un terme à son traitement d'antihistaminiques divers et de cortisone. Le tout lui aura pris toute une journée entre prise de sang, re-prise de sang, injection difficile à faire, questionnaires à remplir et temps d'attente interminables entre chaque étape. Croisons les doigts.

    Jeudi:  Cadeau de ma belle-soeur à l'Homme pour son anniversaire, un spectacle intitulé Les Franglaises. Pas particulièrement motivés, plutôt méfiants parce que "repérés à la télé" – exactement ce qu'il ne faut pas nous dire -, on a été complètement bluffés. On a ri du début à la fin, de ce rire qu'on ne contrôle plus vraiment tant il est répétitif. Cette troupe d'une quinzaine d'artistes polyvalents est partie du principe que nous sommes très nombreux à fredonner des airs méga connus sans trop réaliser ce que nous chantons vraiment. En partant de textes de chansons traduits via Google Translation, ils ont interprété ces morceaux anglais dans leur traduction française littérale et hilarante. Entre Pourpre Pluie, Il pleut des hommes et J'aime le pierre et roule, on a passé un moment super frais 😉

     

  • Un mariage à leur image

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    On peut dire qu'ils ont tout réussi. C'était un mariage à leur image. Cool et détendu et en même temps, malgré les apparences, très bien organisé. Même la partie plus officielle devant monsieur le maire était joyeuse et relax, petit Jules était là pour superviser l'affaire. 

    La clémence du temps y était aussi pour permettre la transition entre le mariage civil et la cérémonie laïque dans un beau jardin clos, appelant au farniente et à la douceur de vivre. Apéritif tout en détente, siestes, jeux de quille et de mikado géant, conversations et retrouvailles.

    Deux de leurs amis avaient organisé la cérémonie toute en élégance et décontraction. L'ensemble avait ce mélange très subtil de classe et de flegme très 007. Rien de très formel, des discours d'amis et de parents, drôles, émouvants, sympathiques, des échanges de voeux sincères, très amoureux mais toujours empreints d'humour parce qu'au final la vie à deux c'est toujours mieux en fous rires joyeux.

    Un buffet plus que parfait, sans chichis mais tellement savoureux, une photobox pour se fabriquer des souvenirs souriants et facétieux, un concert métissé de ragtime et rythmes africains, une soirée décontractée et cette journée à leur image était déjà terminée.

    Seul bémol: la mère de la mariée n'a pas réussi à se détendre et n'a pas pu profiter pleinement de tout ce bonheur.  Mais peu importe, les mariés, eux, ont vécu cette journée comme un manège enchanté.

  • Derniers préparatifs

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    J-9: Deuxième essai coiffeur et premier essai maquillage. Elle est superbe quand elle est maquillée. Mais elle déteste ça. Soirée à nous cinq. Caïpi et retours sur videos. Fous rires. On aurait voulu dormir tous ensemble mais finalement chacun est rentré chez soi.

    J-8: Je modifie et modifie encore le discours parental.

    J-6: Maïté et moi travaillons d'arrache-pied pour finir la video pour les jeunes mariés avec une Sappho pour une fois pas facile et un nonno pas trop efficace pour s'en occuper. Les parents de Simon, eux, finissent de boire deux casiers de bouteilles bleues (heureusement des bouteilles d'eau) et les débarrassent de leurs étiquettes. Ils ont aussi contribué à manger une centaine de petits pots de yaourts qui finiront en bougeoirs. 

    J-5: Le futur marié s'envole pour 3 jours à Milan. La future mariée stresse parce qu'elle doit s'occuper de tous les derniers détails et de petit Jules.

    J-4: Evidemment, la crèche l'appelle. Jules a de la température. Un copain prend le relais pour les livraisons du jour. 

    J-3: Jules va mieux mais ne peut pas retourner à la crèche directement. Sa maman prend congé mais ne peut rien faire d'autre. Elle reste à la maison avec lui et se repose. Finalement, ce n'est pas plus mal, ce repos forcé. La météo annonce un samedi pluvieux. Mariage pluvieux, mariage heureux, d'accord. Mais brushing dégueu. 

    J-2: Le vol de retour de Milan est annulé. Grève des contrôleurs aériens. La tension monte. Finalement, le vol est reporté à 22h. Anaïs se détend. A peine. J'espère juste que la grève n'affectera pas les vols suisses. Je pars à la recherche d'un petit gilet pour Jules à la tenue trop estivale pour la météo annoncée. J'en trouve deux.  Il faut encore trouver une chemise pour l'Homme. Finir le discours et la video.

    J-1: Les Suisses embarquent avec une vingtaine de bouteilles bleues, un lot repéré par Maïté sur un site de petites annonces suisse (!)  et que Swiss'Sisman a passé une après-midi entière à emballer une par une et à installer stratégiquement dans leur valise. Déjà la douane est passée sans encombres, première étape. Ils arrivent à midi, on les récupère à l'aéroport, eux et leur précieux chargement. On file directement à la Maison des Arts, cadre du jour J. On ouvre la valise, un peu anxieux. Toutes les bouteilles sont intactes. Et en équipe, on garnit une cinquantaine de bouteilles bleues avec 195 tiges de fleurs superbes. A cinq heures, la Maison des Arts ferme et il faut qu'on se dépêche. Un dernier tour avant de partir, on a encore le temps de dresser les nappes sur les tables. Ô stupeur, les nappes sont toutes rectangulaires, les tables sont toutes rondes. On flirte avec le désespoir et la crise de nerfs. Et Swiss'Sisman, sans se départir de son calme, noue les nappes aux quatre "coins" des tables rondes. Et ça marche ! On peut même dire que ça a de la gueule. Gros ouf de soulagement.

    Anaïs rentre avec nous pour sa dernière de nuit de Miss. Demain est un autre grand jour….

  • Mariage en vue

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    Dans moins de 2 semaines, Anaïs et Simon se marient. On n'aurait jamais pu l'imaginer il y a quelques années, tant leur opinion sur la question semblait sans appel. Encore qu'Anaïs ne fût pas insensible au folklore romantique qui accompagne le mariage: la robe blanche, la bague, les fleurs, les jolies tables qu'on compulse et collectionne sur Pinterest et Instagram, cette ambiance de fête réunissant famille et amis. Mais ça ne faisait pas partie de leur plan. Point.

    Et puis, il y a eu ce fameux samedi où Anaïs nous a annoncé exactement le contraire. Un bébé et deux ans plus tard, nous y voilà presque. Tout est pour ainsi dire prêt. A un détail près. La mariée, à défaut d'avoir trouvé chaussure à son pied, n'a toujours pas trouvé la robe de ses rêves. Elle a écarté toutes les robes meringues à budget indécent, elle a écumé les cabines d'essayage des magasins qui ne vendaient pas de robes de mariées mais des robes blanches qui auraient pu se faire passer comme telles, elle a poursuivi sa quête dans les boutiques de location, elle a commandé toute une série de modèles sur Internet. Rien n'a eu grâce à ses yeux. Elle a essayé la couleur. Sans succès. Elle a essayé la robe de mariée de Swiss Sis qui lui allait comme une princesse. Mais elle ne voulait pas une robe de princesse. 

    A J-10, elle était prête à se marier toute nue. Je l'ai emmenée presque de force dans une boutique où j'avais repéré, en désespoir de cause,  une robe verte qui serait assortie à ses yeux. Mais finalement, c'était un vert triste à côté de ses yeux. La vendeuse n'a pas voulu s'avouer vaincue pour autant. Elle a sorti une robe blanche qui n'avait pas un statut de robe de mariée mais qui aurait pu y prétendre sans rougir. La même robe que, 3 semaines plus tôt, j'avais décroché de la tringle mais qui m'avait valu un refus catégorique. Mais les vendeuses expertes ont plus d'aplomb que les mamans. "Essayez-là, ça n'engage à rien". Et l'essai fut transformé. Ou plutôt a transformé la demoiselle en rayon de soleil.

    Soulagement total. Emerveillement. Profonde satisfaction de la vendeuse. Et on peut enfin passer à autre chose. 

  • Marcher sur des oeufs

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    Pâques est notre fête de retrouvailles familiales. Mais parfois les tensions comme on en connaît dans toutes les familles prennent le dessus, bêtement. Les non-dits, les mal-dits, les trop-vite-dits ont quelque peu brouillé les oeufs. On ne sait qui de l'oeuf ou de la poule a commencé mais nous sommes deux à nous être dressées sur nos ergots et à nous être envoyées nous faire cuire un oeuf. Après cris et larmes et noms d'oiseaux, nous avons mis les choses au plat et la mayonnaise a repris.

     

  • Tout Eze et tout heureuses

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    Et revoilà les sorcières en vadrouille. Trois jours, trois nuits à Eze, magnifique petit village perché à quelques kilomètres de Nice. Trois jours, trois nuits de papotes interminables, trois jours, trois nuits de fous rires, trois jours, trois nuits de confidences, trois jours, trois nuits de pur plaisir.

    Bien sûr, j'ai toujours un peu de peine à quitter l'Homme mais une fois que je les ai retrouvées toutes les trois, je suis vraiment heureuse. Parce qu'elles sont toutes les trois incroyablement belles et drôles mais surtout incroyablement authentiques.  

    On ne se voit jamais toutes les quatre ensemble plus d'une fois par an et chaque fois, on se retrouve comme si on s'était vues la veille. Enfin, probablement pas, vu les heures qu'on passe à se remettre à jour. Même la cinquième était là, elle a manifesté sa présence en brisant les photophores sur la terrasse alors qu'on parlait d'elle. Et même si scientifiquement, il est clair que la flamme de la bougie fondue au soleil de l'après-midi explique le bris du verre à son contact, la coîncidence n'en restait pas moins sorciérique.

    Dix ans séparent la plus âgée de la plus jeune; la plus âgée a toujours et a toujours eu une longueur d'avance sur tout: les enfants, les ados, la ménopause, les petits-enfants, les petits soucis de santé and so on. Mais elle n'a pas réponse à tout, elle n'a pas eu de jumeaux, elle n'a pas eu à affronter l'anorexie, n'a pas vraiment eu  besoin de réinventer sa vie, n'a pas ses parents malades à distance.Et quand bien même, elle aurait vécu tout cela, son expérience n'a que peu de poids puisque chacun vit sa vie avec ses propres références, son propre cadre, sa propre expérience.

    Nos vies se poursuivent chacune en parallèle et prennent la tangente pour se croiser le temps de quelques capuccinos, de quelques apéros et de quelques confidences qu'on ne ferait à personne d'autre, avant que chacune ne reprenne son chemin, toujours plus riche qu'avant.

  • Les pépites culturelles des dernières semaines

     

    Noguchi

    Nuages et feuilles, d'Akemi Noguchi, 2005, Manière noire

    J'ai vu tant de belles choses ces dernières semaines que je ne résiste pas au plaisir de les partager.

    Un opéra de Carl Maria von Weber, Der Freischütz, premier opéra en allemand. Rien à voir avec le romantisme allemand à la Wagner. C'est très joyeux, même si l'intrigue n'est pas légère puisqu'il s'agit d'un thème très faustien du don de son âme au diable, mais même si les airs sont incroyablement gais comme chez Verdi – qui n'a pas son pareil pour chanter l'horreur, le drame et la tragédie sur un ton on ne peut plus guilleret – (genre Murat dirait: "Ah je ris de me voir si blanc dans cette baignoire…."), au moins ici le rideau tombe sur un happy end. Et cerise sur le gâteau ou boule de cristal sur le dos de la main, la prestation totalement magnifique de Clément Dazin, jongleur, danseur, circassien, dans le rôle du Diable.

    Une pièce de théâtre adaptée de 1984 de George Orwell. Une adaptation super bien montée qui fait froid dans le temps. Incroyable comme ce roman écrit en 1948 était si visionnaire et à quel point la réalité a dépassé la fiction. Quand j'ai lu le livre il y a plus de 30 ans, je n'ai pas été particulièrement impressionnée mais là, 3 décennies plus tard, j'étais presque terrorisée à l'idée de cette intrusion dans notre vie. Bon, ce n'est pas comme si je ne le savais pas, je suis consciente de m'exposer – peu mais toujours trop – sur les réseaux sociaux, je connais – un peu mais pas assez – les rouages parfaitement huilés qui font tourner la machine, les algorithmes qui rythment nos vies virtuelles, mais là, c'était plutôt flippant.

    Otello de Verdi à Viva l'opéra avec un de mes ténors chouchous, Jonas Kauffmann. Trois heures à l'écouter, trois heures à le regarder surtout, je deviens une midinette du troisième âge. Comme m'a dit récemment un collègue assez jeune, au sortir d'un quintuple pontage, le plus étrange est d'avoir un cerveau de gamin(e) dans un corps de senior. Et ce stupide Otello que j'ai toujours tendance à considérer comme un imbécile fini a pris sous ses traits et par son jeu scénique une dimension plus humaine, me donnant à considérer la jalousie comme une maladie dont souffre vraiment le vilain jaloux plutôt que comme une tare insupportable à vivre pour les victimes de ce sentiment.

    Ce qui arrive: Une pièce très originale en ce qu'elle est l'adaptation très fidèle d'un roman graphique américain écrit il y a une dizaine d'années par Richard Mc Guire, Here.  Le concept du roman est déjà très particulier. Chaque planche présente un même lieu mais des personnages habitant ce lieu à des moments différents et sans réelle chronologie. Il s'agit en majeure partie de la même maison où se suivent plusieurs générations. La transcription de ce roman graphique en pièce de théâtre est un véritable succès et j'ai adoré ces scènes de famille en va-et-vient incessants qui nous renvoyaient à notre propre histoire de tribu familiale avec les références musicales, vestimentaires, comportementales et autres qui s'imposent. Un bijou.

    Un livre à faire circuler absolument: Le garçon de Marcus Malte. Pas tant pour l'histoire que pour l'écriture magistrale, une pépite vraiment. J'ai au moins appris une centaine de mots nouveaux dans ce livre, tous utilisés avec un à-propos incroyable. Je ne m'attendais pas à ça, sachant que la collègue qui me l'a passé n'est pas à proprement parler la reine de l'éloquence. Mes bêtes préjugés non maîtrisés en ont pris un coup et je me suis bien flagellée mentalement.

    LUCA: La meilleure pièce de l'année selon moi. L.U.C.A. signifie Last Universal Common Ancestor. Deux petit-fils d'Italiens immigrés dans les années 50-60 revisitent de manière génialogique la problématique des origines et se trouvent un L.U.C.A.dans les montagnes de Zagros en Iran. Sorte de documentaire joyeux et sérieux à la fois qui aborde aussi l'incroyable refus de ces anciens immigrés de considérer les migrants d'aujourd'hui dans une situation similaire à la leur. A voir et revoir.

  • Prem de dix

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    Weekend à dix. Sous prétexte de célébrer tous ensemble les 30 ans d'Anaïs, on s'est tous retrouvés en Touraine chez Véro et Olivier et nous avons squatté leur gîte et chambres d'hôtes troglodytes pendant deux nuits. Pour Anaïs, cela comptait vraiment puisqu'elle a passé là trois mois de stage pendant son bachelor en gestion hôtelière et que ces deux-là ont été sa deuxième famille pendant tout ce temps. Un séjour là est une parenthèse de bonheur tranquille et paisible. On retrouve pour quelques jours une espèce de sérénité.

    Même le soleil a pointé le bout de ses rayons et la journée s'est écoulée entre une petite promenade dans Amboise, la préparation d'un dîner d'anniversaire digne de son nom, une sieste au soleil, quelques parties de ping pong et quelques verres de champagne.

    Bien sûr, six heures de route aller et six heures de route retour c'est beaucoup sur un weekend. Particulièrement pour une petite fille qui a le mal des transports. Heureusement, après chaque retour de marchandise, elle était joyeuse comme un pinson et ne semblait pas plus affectée que cela. Mais au retour, c'est Quentin qui a voyagé à ses côtés et qui l'a amusée sans fléchir pendant les six heures de trajet, ce qui lui a évité tous ces déboires. Quentin peut envisager une reconversion s'il s'ennuie dans son boulot. Clown anti-émétique.

    J'espère que ce weekend sera le premier d'une longue série. J'aime les regarder vivre, les entendre rire, les écouter chanter, les voir s'aimer. C'est probablement un des mes plus grands bonheurs.