Auteur/autrice : Myosotis

  • Infinie tristesse et joie sans pareille

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    Encore une fois, ces derniers jours ont été à l'image de ce qu'est la vie, une succession de grand soleil et de nuages gris foncé, météo sans cesse en mouvement.

    J'ai appris vendredi et aujourd'hui deux décès qui ne m'appartiennent pas, pour autant que l'on puisse "posséder" un décès. Je veux dire par là que je ne connaissais pas personnellement les disparus, tant s'en faut. Vendredi, l'auteur du livre "Deux petits pas sur le sable mouillé", Anne-Dauphine Julliand, perdait son troisième enfant. Je suis son compte Instagram, pépite de résilience et de joie de vivre, après avoir lu son livre que m'avait offert Hanka il y a quelques années. Ce livre raconte la découverte de la maladie dégénérative de sa petite fille de 2 ans et l'accompagnement de cette enfant jusqu'à sa mort un an plus tard. Il raconte également l'arrivée de son troisième enfant, une autre petite fille atteinte de la maladie qui vivra jusqu'à ses onze ans. Et vendredi, elle perd son fils aîné qui se suicide la veille de ses 20 ans. La pensée de cette maman ne m'a pas quittée de tout le weekend et aujourd'hui encore, je suis bouleversée. J'ai beaucoup de difficultés à concevoir comment on peut survivre à cela. Et à côté de l'infinie tristesse, sincère, qui m'habite, je ressens un besoin compulsif de prendre de ses nouvelles sur les réseaux sociaux, et je n'aime pas du tout ce comportement que j'apparente à une sorte de voyeurisme mal placé. Et cela me rend encore plus triste.

    Aujourd'hui, j'ai appris également le décès d'un commerçant près de chez moi, que j'aimais beaucoup même si je ne fréquentais pas sa boutique de seconde main toutes les semaines et de savoir que c'est cette saleté de virus qui l'a emporté me révolte d'autant plus. Et à nouveau je ressens une tristesse qui me semble inappropriée.

    Alors que j'ai passé un weekend absolument magnifique. Malgré un épouvantable lumbago dont j'avais complètement oublié la puissance de la douleur. Nous avons gardé Jules et Sam Sam pendant tout le weekend et ils ont été tout simplement adorables. Petit Jules voulait m'aider à me relever et m'apportait de faux petits déjeuners au lit sur des rampes de garage en guise de plateau. Il nous a bombardés de questions en chaîne et nous a nouveau épatés par son vocabulaire encyclopédique. Inutile de lui parler de bébés cochons ou de bébés sangliers, il rectifie la nomenclature en sanglier, laie et marcassins ou verrat, truie et porcelets. Sam Sam ne s'exprime pas encore comme lui mais sait se faire comprendre. Et nous signale qu'il entend les pigeons sur la terrasse. Ce qui amène son poète de frère à nous faire remarquer que les oiseaux sont comme lui, ils chantent pour dire qu'ils sont contents de commencer leur journée.

    Le samedi soir, J et S et C et M ont amené leurs casseroles et leur matériel pour me concocter un dîner d'anniversaire à domicile et c'était tout simplement fabuleux. Il suffit de donner un ingrédient à J. et elle vous décline un plat et un dessert magiques. Cerise sur le gâteau, avoir deux petits garçons bien élevés à l'apéro qui vont au lit sans difficultés le moment venu, c'est un vrai bonheur.

    Finir le weekend en célébrant, en tout petit comité malheureusement, les seize ans de Clara, et découvrir par la même occasion la nouvelle maison de Sis'cile était juste parfait pour se dire que la famille reste ma priorité absolue dans ma vie. 

  • Retrouvailles

     

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    L'une a pris l'initiative, les trois autres ont répondu "Présente" comme une seule femme. Et l'on s'est retrouvées ce dimanche midi autour d'un petit repas. L'une avait apporté l'apéro liquide, l'autre l'apéro solide et moi le dessert. On ne s'était plus vues depuis au moins deux ans, depuis l'enterrement du mari de l'une, juste avant que le confinement ne nous sépare du monde des vivants. 

    La première donc, a perdu son mari, il y a deux ans, se débat dans toute une série de complications autour de la vente de leur maison et réalise seulement aujourd'hui qu'elle l'a perdu "pour toujours". Le deuil prend parfois des chemins étranges.

    La deuxième a perdu son mari il y a 30 ans, trois mois avant de mettre au monde son troisième enfant. C'était le premier de nos amis à partir si jeune et c'était bouleversant. Elle a donc élevé ses trois enfants seule et a rencontré quelqu'un, une dizaine d'années plus tard. Elle l'a également perdu il y a deux ans. Double veuve, double peine.

    La troisième a divorcé du premier après 28 ans d'incompréhension au sein d'un couple qu'elle a voulu faire tenir contre vents et marées. Elle a fini par rencontrer le coup de foudre autour de la cinquantaine. Il est mort en 6 mois il y a quatre ans. Je l'ai croisée à la sortie de l'hôpital où je venais rencontrer mon petit Jules pour la première fois. J'étais là avec toute ma joie dont je ne savais plus que faire en la voyant.

    J'avoue que j'avais quelques  craintes en les retrouvant pour ce déjeuner, trois veuves et moi pleine de tout cet amour conjugal et familial. Je me sentais un peu en porte-à-faux. Mais toutes mes appréhensions se sont envolées devant leur joie de vivre et leur résilience. On s'est retrouvées comme peuvent se retrouver les vieilles copines, à rire, médire, sourire et parfois pleurer sur des problèmes et des aventures qui n'ont plus le même âge mais qui finalement ont toujours le même pouvoir d'autodérision et de complicité.

    Un joli moment.

  • A chaque jour suffit sa Reine

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    Crédit photo: Sis'Cile

    Tradition oblige (et Dieu sait comme on aime ça dans la famille), nous nous sommes réunis autour de deux galettes chez ma maman. Sis'Cile, Clara de Sis'Cile, mes filles et leurs princes et princesses et l'Homme. Swiss Sis a déjà rejoint son Helvétie depuis deux semaines déjà, les valeurs ajoutées pouvaient pas, ils avaient tennis et chien pas bien (et de toute façon n'aime pas la galette pour l'un, donc pourquoi s'empiffrer pour une chance infime de tomber sur la fève et l'improbable cas échéant devoir céder sa couronne à l'un de ses princes héritiers). Et les plus jeunes parents ont enfin emmené leur petit prince chez ses grands-parents maternels après des semaines interminables d'isolement et de quarantaine. 

    Mais le partage de la galette est aussi traditionnellement le jour où on fête mon anniversaire (à date variable donc). Et par une fortune qui me sourit comme à une audacieuse que je ne suis guère, je croque bien souvent la fève. Evidemment puisque c'est mon jour of the year, personne ne me conteste le couronnement en bonne et due forme. Mais d'année en année, chacun vient fêter les Rois comme on joue au Lotto: on joue mais sans la moindre illusion sur ses chances de voir ses efforts couronnés.

    Or, cette année, point de couronne pour moi. Il faut croire que j'ai passé l'âge. Clara de Sis'Cile et Lady Lémoni Casse-Pieds ont fait la une de Point de vue, Images du monde. Je passe donc le sceptre, vu que l'Homme m'a attribué deux ans de plus et m'a saluée irrespectueusement d'une "Bonjour ma vieille" au petit matin et au petit lever, encore endormie et pas maquillée. Tout se perd, ma bonne dame, et j'ai beau être née le même jour que cette sublime Kate Middleton, je me sens plus proche de sa belle-grand-mère, hormis l'âge, et sans les chapeaux ni les sacs à main.

     

     

  • Les petits riens imperceptibles

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    Vieillir est un processus très lent et tant mieux. En général, on ne s'en rend pas vraiment compte. Bien sûr, il y a le premier cheveu gris, la première ride, la première tâche. Il y a les premières lunettes, l'abandon des escarpins, le cas échéant, les crises de sciatique, les premiers kilos indéboulonnables. Il y a mille et un détails mais auxquels on n'accorde pas vraiment d'importance. Malgré tous ces petits gâche-plaisirs, on continue à se sentir jeune dans sa tête. Et y croire contribue même à le rester.

    Et puis arrive le moment où, sans que l'on s'en soit rendu compte, on est bien obligé de constater que les réflexes sont ralentis. 

    Hier, j'ai passé l'après-midi avec Sappho. Une fois n'est pas coutume, je l'ai emmenée faire du shopping de soldes. Et deux petits incidents m'ont fait prendre tout à coup la mesure de ce léger ralenti. 

    Nous avons pris le métro. Sans réfléchir, j'ai passé ma carte et suis passée devant elle sans la tenir par la main. Bien sûr, le portillon s'est refermé derrière moi – puisqu'ils sont calibrés pour ne pas permettre à deux personnes de passer en même temps -, la laissant de l'autre côté, la bouche ouverte de surprise. Interloquée moi-même, je lui ai passé ma carte mais elle ne savait pas où la positionner pour actionner le portique. Et mon bras était trop court pour le faire à sa place. Heureusement, une dame l'a tout de suite aidée mais j'ai bien senti son regard désapprobateur.   C'est quoi cette nana – je n'ai même pas pensé grand-mère – qui ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez  ? J'ai appris par la suite que jamais la maman de Sappho emprunte ce type de portillon, elle passe par le double sas qui permet aux poussettes et chaises roulantes de passer, ce qui permet bien évidemment de passer avec un enfant à son rythme. Je me suis sentie penaude et décontenancée. Où est la maman de 30 ans qui emmenait tambour battant trois enfants de 6 à 3 ans dans un bus bondé, perchée sur ses échasses de 6 cm, sans la moindre crainte de tomber et tenant trois menottes dans une main ? C'est là qu'on comprend qu'on n'a plus 30 ans.

    Un épisode tout à fait similaire s'est répété une demi-heure plus tard. Dans un grand magasin, on prend quelques escaliers roulants et je constate avec plaisir qu'elle n'est plus la petite fille de 2 ans qui paniquait à l'idée de mettre le pied sur cet engin et qu'il fallait prendre dans les bras pour l'emprunter. Elle a grandi et elle adore ça. La sentant en confiance, lors d'une énième descente, je ne l'oblige plus à me donner la main et je la laisse descendre seule. Mais une fois encore, je passe devant. Et là, soudain, elle canne et reste figée devant la marche à franchir. Bien évidemment, moi je suis en descente et je n'ai pas le réflexe immédiat de remonter l'escalier quatre à quatre. Quand l'idée m'arrive enfin au cerveau, je suis déjà à mi-course et je n'ai d'autre idée immédiate que de lui dire de m'attendre là, que je reviens la chercher. Quelle idiote ! C'est clair que dès qu'elle ne me verra plus, elle va se mettre à pleurer. Elle n'en mène déjà pas large et ébauche une moue qui précède les larmes. Heureusement pour moi, une jeune fille charmante me demande si elle peut lui prendre la main et l'aider à me rejoindre. Je lui en ai été bien reconnaissante mais de nouveau, je me suis retrouvée penaude et décontenancée. Où est la maman de 30 ans qui a rattrapé son fils au vol alors qu'il trébuchait au bord d'une falaise vertigineuse en montagne ? C'est là qu'on comprend qu'on n'a plus 30 ans. 

    Et que par une curieuse loi mathématique qu'on n'apprend pas à l'école, 2 x 30 ans = réflexes/2.

    CQFD.

  • 2021

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    Bon, on ne pourra pas dire que c'était une année très brillante sur le plan général. On fatigue là. Entre les différentes versions du Covid, les inondations et les incendies gigantesques liés au dérèglement climatique, les débats interminables pour ou contre la vaccination, les mesures sanitaires encore plus variantes que les variants eux-mêmes, le calcul compliqué des règles de quarantaine et d'isolement, après l'apparition des premiers symptômes ou après les résultats du test PCR, selon que ce soit le centre de testing ou de tracing qui vous parle, on en perd la boussole et son latin.

    A propos de fatigue, je crois que je n'ai jamais été aussi fatiguée. Alors que, paradoxalement, j'économise mes semelles, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais l'immobilisme face à l'écran a eu raison de mon énergie et de mon thermostat. En plus d'être en mode zombie, j'ai froid. Je suis en mode zombie frileux. Je peux m'installer le dos au feu avec un plaid sur les épaules, j'ai encore froid.

    Bref, une année très pauvre en enthousiasme débordant. Pour tout dire, même pas de vacances d'été dignes de ce nom. On a bien pris deux semaines avec tous les petits et leurs parents ou maman respectifs à la campagne mais en télétravaillant en même temps, et dans une ambiance morose, assortie à la grisaille du ciel.

    Il faut dire qu'on ne voulait pas s'éloigner alors que Kerya mettait la touche finale à un petit Maoh absolument à croquer et qu'on ne voulait pour rien au monde rater son entrée sur cette planète. 

    Alors oui, rien que pour ça cette année valait son pesant d'or. En quatre ans, nous avons agrandi toute notre fortune de 5 petites boules d'amour. 

    Et les 2 semaines passées avec l'Homme à Venise suivies des deux jours à Disneyland Paris ont, malgré les maudits masques, relevé le niveau de cette année en demi-teintes. 

    2021 en quelques mots : morose, Maoh, Murano, Mickey Mouse, and there it goes…..

  • Messy Christmas

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    On peut dire que cette année le Père Noël a joué les Casse-Noisettes.

    le lutin verglas suisse a failli nous priver du retour de Swiss Sis. Elle s'est pris une bûche en sortant de chez elle. Fracture du radius avec déplacement le jeudi, opérée en urgence le vendredi et retour retardé au mercredi suivant. On a bien cru qu'on célébrerait un deuxième Noël sans elle.

    Le lutin Covid nous a privés du premier Noël de Maoh et de ses parents. Quentin s'est chopé la bête, coinçant automatiquement Kerya et Maoh en quarantaine. Passées les premières larmes de rage et de déception, on a organisé la livraison de la dinde et de ses petits amis les légumes avant d'aller chercher la maman de l'Homme.

    On a essayé de se retrouver en zoom pour échanger les cadeaux avec eux mais franchement c'est beaucoup moins drôle quand on ne peut pas se serrer dans les bras. 

    Le lutin gastro nous a cloué Jules et Maïté au tapis. Jules s'est endormi très rapidement et ne se souvient de rien, aucun cadeau, aucun moment festif. Maïté se souvient de tout mais n'a rien pu avaler.

    Le lutin fatigue a eu raison de Mamy et l'Homme l'a ramenée chez elle avec ma belle-soeur avant les desserts. Maïté est partie en même temps avec JD et une Lémoni qui n'en finissait pas de refuser de s'endormir.

    On s'est partagé quelques desserts avec ceux qui restaient mais le coeur n'y était pas vraiment.

    C'était pas un cadeau, ce 24 décembre. Et pourtant, pourtant, Mamy était enchantée de sa soirée, c'est le seul jour de l'année où elle met le nez hors de chez elle, alors forcément, c'était la fête. Et pourtant, pourtant, la dinde a eu son succès annuel, la petite farceuse, les cannelés de Sis'Cile ont fait leur buzz habituel et même la bûche de Sister in law a gagné quelques galons. Et pourtant, pourtant, Sappho a "reçu tous les cadeaux que je voulais" et elle est restée dormir chez nous. Et moi, et moi, j'ai eu le cadeau du siècle: deux billets pour le Tour 2022 de Abba à Londres avec Anaïs, l'autre Abbamaniaque. 

    On pensait organiser une séance de rattrapage le 30 avec Quentin, Kerya et Maoh, à leur sortie de quarantaine. Mais c'est raté, Kerya vient d'être déclarée positive et la quarantaine repart pour un tour. De quoi vraiment avoir les boules. Mais comme Quentin voit, comme sa mère, le verre toujours à moitié plein, il se réjouit de rejoindre le lit conjugal familial quelques jours plus tôt et d'enfin tomber le masque FFP2 à la maison.

    Moi je me dis qu'on a malgré tout de la chance de fêter la famille, autrement peut-être, mais de fêter malgré tout. Et, comme moi, comme mon fils, je crois toujours au Père Noël, je me dis que l'année prochaine All I want for Christmas is mon beau sapin and we are family,  the near and the dear one, the old and the young, a very Merry Christmas, let's hope it's a good one, without any fear.

  • Elle est passée où cette année, Lémoni ?

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    Je revois comme si c'était hier cette nuit où ta maman nous a appelés à 3 heures du matin. Très détendue mais obligée de partir pour la maternité après des chutes du Niagara maison. On était au plus fort de la pandémie et nous avons bien dû enfreindre le couvre-feu pour venir prendre le relais auprès de Sappho. Avec l'épisode grotesquement comique que l'on connaît.

    Comme Sam Sam, tu es née en pleine pandémie et j'ai lu hier un article qui nous invitait à partir de l'idée que nous ne nous débarrasserons pas de ce virus et qu'il faudra apprendre à vivre avec. Alors pour la première fois, je vous ai imaginés tous les cinq adultes et masqués ad vitam. Je n'en ai pas dormi.

    Comme pour confirmer mes craintes, ton premier anniversaire a été annulé à cause de cette saleté. Et j'ai bien cru que ta maman allait renoncer à te fêter plus tard. Heureusement, je crois qu'elle s'est ravisée. C'eut été vraiment baisser les bras que de renoncer à célébrer la première année de vie d'un enfant.

    Cette première année qui a filé comme un courant d'air. Une année où chacun de tes sourires silencieux, sur tes lèvres et dans tes yeux, m'ont capturé le coeur. Tu n'as pas beaucoup babillé mais tu as souri. Par ce sourire si ensorcelant, tu te fais pardonner tes nuits si difficiles pour tes parents. Tout est prétexte à te réveiller et à pleurer la nuit. Et c'est épuisant. Mais le jour levé, ton sourire atténue leur épuisement. 

    Le moins qu'on puisse dire aussi c'est que tu as un sérieux petit caractère. Tu fais connaître ton avis avec une force inattendue chez une petite poupée. N'y vois rien de sexiste – ce n'est vraiment pas dans l'air du temps -, j'ai dit la même chose de mon petit garçon qui cachait une force animale derrière un minois de petit ange. 

    Le temps file, file. Il y a une chose que je dois encore faire avant que tu ne te mettes à marcher et à faire le tour de l'appartement derrière Sam Sam, je dois te filmer quand tu marches à quatre pattes. Tu es la seule des quatre premiers qui maîtrises si bien cette technique et tu ressembles trop à un aristochat…..

  • La quinzaine de l’aidant proche

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    Pour la troisième année consécutive, ma belle-soeur est partie en vacances. Elle les avait programmées dès son retour des vacances précédentes pour être sûre que je bloque les dates avec elle. J'ai donc repris mon service de proche aidant. 

    Ma belle-mère n'est pas compliquée. Elle a besoin d'une présence à chaque repas, d'un peu d'aide logistique et d'un peu de conversation. Celle-ci est toutefois de plus en plus limitée parce que proportionnelle à son degré de surdité. Pendant quinze jours, je crie et articule un peu plus fort que d'habitude. 

    Je dors chez elle aussi, dans un trois pièces en enfilade sans porte. Elle a le sommeil léger et pour combler ses insomnies, elle rallume la télévision sur puissance maximale. En général, je sursaute et ne me rendors plus. Au bout des 15 jours, je suis épuisée.

    Pendant  ce temps, l'Homme a géré l'approvisionnement en bois pour l'hiver et surtout l'ensablement à répétitions de l'appartement. Il a accessoirement vendu un garage. Il est venu me voir mais en coup de vent. Il aime sa maman mais n'arrive pas à rester là plus d'une demi-heure. Il invoque le parcmètre et l'amende probable pour filer à l'anglaise.

    Je le répète, ma belle-mère n'est vraiment pas difficile mais ma maison me manque, encore plus cette année que je l'ai quittée il y a plus d'un mois pour partir en vacances. Alors je décompte les jours grâce aux piluliers que ma belle-soeur a préparés et chaque fois que j'ouvre la petite boîte matin ou après-midi, je calcule ce qu'il me reste à passer là. Plus que douze repas, plus que dix, …..

    Pour fêter mon retour à la maison, on a célébré tous ensemble les 30 ans de Quentin, la naissance de Maoh et les 34 ans de Maïté. On ne s'était plus retrouvés tous autour de la table depuis le mois de juin et comme toujours ce fut un vrai bonheur de les avoir tous là.

    Le soir, Maman m'appelait, très anxieuse de voir sa tension monter d'heure en heure. On a passé une bonne partie de la soirée aux urgences pour finalement rentrer avec plus de peur que de mal.

    Et aujourd'hui, l'Homme s'est fait réparer l"épaule, bien mal en point. Il rentre demain et on fêtera aussi cela.

     

     

  • Vacances enfin !

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    Jamais en 30 ans, nous n'avons laissé passer le mois de juillet sans partir en vacances, même en Belgique. Nous sommes des juillettistes convaincus. Et voilà qu'un petit bébé, même pas encore né, nous a fait revoir tous nos plans. Et on a bien fait puisqu'il est arrivé… le 1 août.

    Nous avons donc dû attendre la fin d'un été qui n'en finissait d'ailleurs pas d'arriver pour enfin partir à notre tour.

    Direction Venise, pour changer. Mais cette fois, fini de se laisser mener l'agenda par le bout du nez des avions ou plutôt des compagnies aériennes. L'Homme a décidé de descendre en voiture. Et finalement, comme souvent, ce fut une bonne idée. Les deux jours pour descendre m'ont permis de décompresser doucement. On s'est arrêté dans le Valais, là où on a passé plus de 30 ans d'une partie de nos étés et on a mangé tous nos souvenirs sur la carte, de quoi ne pas se sentir trop bien au sortir de table. Puis on a passé les Alpes et nous nous sommes arrêtés à Bergame où on a retrouvé un restaurant qui n'était, lui, plus tout à fait comme dans nos souvenirs, mais où nous étions bien malgré tout.

    Et au troisième jour, Venise fut. On a retrouvé "notre" sous-toiture et sa petite terrasse. Deux jours de soleil pour commencer, deux jours de farniente. Puis retrouver nos différents restaurants préférés de gros gourmets. A force d'aller toujours aux mêmes endroits, on finit par connaître beaucoup de monde et on arrive même à comprendre les liens entre les uns et les autres et se rendre compte que, comme toujours, le monde est vraiment petit. 

    Retrouver J et S pour 3 jours qui deviennent, comme nous, des habitués des lieux. 

    Découvrir Sant'Erasmo, l'île qui sert de potager à toute la lagune et sa petite plage improbable. 

    Et partir à reculons en souhaitant revenir au plus vite.

    Retour à la maison pour découvrir avec horreur l'appartement ensablé. Les travaux de sablage de la façade ont démarré et les vitres n'ont pas été bien protégées. Le sable s'est infiltré partout et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tout, absolument tout l'appartement s'est transformé en plage. De quoi ruiner quinze jours de détente totale.

    Mais on a tout laissé en l'état puisque deux petites frimousses nous attendaient avec leurs mamans pour prendre la route de Disneyland Paris. 

    Deux jours dans ce monde totalement féérique où on oublie tout, même les appartements sahariens. 30 ans plus tard, la magie opère toujours et j'ai savouré chaque minute.

    Voilà, les vacances tant attendues sont finies. On rentre à la plage, je la laisse à l'Homme et je m'en vais garder sa mer maman pendant que sa soeur prend ses vacances à la côte belge ;-).

     

  • Fin d’août

     

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    Lundi: C'est son anniversaire. Je lui envoie un message. En général, j'aime envoyer des souhaits pour cette journée spéciale. Pour elle, j'ai ce pincement au coeur en me demandant si je le lui souhaiterai encore l'année prochaine, si ce n'est pas le dernier. Sa vie est devenue fragile. En soi, on pourrait se poser la même question pour tout le monde mais souvent on fait comme si cela ne devait pas arriver. Alors, pour être prudent et conjurer le sort, on souhaite une belle journée d'anniversaire. Un beau moment présent.

    Mardi: Je suis allée la voir ce soir, elle était d'humeur maussade. Elle arrive à un âge où la moindre contrariété agace l'estomac, plisse la ride de la glabelle et perturbe un tant soit peu l'humeur. La contrariété du jour venait des caprices de sa tablette. Pourrait-on croire qu'à 83 ans on soit aussi dépitée qu'une adolescente en mal de wifi ? Et pourtant, je serais bien la première à me mettre dans tous mes états si j'étais, comme elle, privée de ses accès à ce qui la relie en partie au monde extérieur, sa boîte mail, ses radios, son compte bancaire, etc…. Heureusement, un redémarrage bien envoyé a remis les idées de la tablette en place et l'ado octogénaire a retrouvé le sourire.

    Mercredi: Covid oblige, cela faisait un an qu'on ne les avait plus vus. On les aime comme ils sont, bavards au point de parler tous les deux en même temps, l'un à  l'Homme, l'autre à moi, ce qui nous oblige à perdre une partie de la conversation; drôles et cocasses, râleurs et ronchons pour des queues de cerise, insatisfaits et malheureux, gourmands et bons vivants. Hier à nouveau, ils étaient tout cela à la fois et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on ne passe jamais une soirée ennuyeuse avec eux.

    Jeudi: Elle a demandé à sa maman de s'arrêter chez Bonnie et Nonno après le stage. Elle m'a embrassée et m'a dit assez bas: "Tu m'as manquée Bonnie". J'ai bien cru que j'allais verser une petite larme.

    Vendredi: J'ai joué à faire circuler un camion poubelle qui gênait une ambulance qui devait récupérer un blessé passé sous les roues d'un bus de revenants de vacances. J'ai joué aux paresseux se balançant sur une branche, qui mangeaient de délicieuses souris, en commençant par la queue, et qui, étrangement – mais pas tant que çà finalement pour des paresseux – mangeaient aussi des couvertures. J'ai joué la maman d'un petit garçon qui s'était épris d'un cheval et qui voulait absolument le faire dormir chez lui et dont le papa devait aller chercher des croissants et de l'avoine pour le petit déjeuner. J'ai joué au ballon avec une plume de duvet sauf qu'au lieu de la lancer, il fallait souffler délicatement et la rattraper avec la main. Enfin bref, j'ai passé la journée avec Jules.

    Samedi: Aller-retour sur la Champagne refaire notre cave (et celle des autres) chez notre presque ami Thierry. Contente de le revoir, contente d'aller manger un bout ensemble, contente de repartir bien chargés. Rentrer à Bruxelles, faire quelques livraisons et aller embrasser petit Maoh, si beau, si beau, si beau.

    Dimanche: Un dimanche comme je les aime où on ne quitte pas la maison et on entreprend des travaux d'aménagement. Cat voulait l'ancienne armoire de Quentin pour aménager le studio de Charlotte à Amsterdam. Je l'ai vidée et complètement dépoussiérée. Puis Cat n'a pas pu la prendre parce qu'elle ne rentrait pas dans la camionnette qu'ils avaient louée. Véro a demandé si elle pouvait passer deux nuits chez nous pour venir voir sa maman. Du coup, tout s'est enchaîné, on a réaménagé l'ancienne chambre de Quentin, ciré le parquet, remonté un vieux tapis qui dormait dans la cave depuis 20 ans, transféré l'armoire et installé les futons sur le tapis. Tout ça avec l'aide de Maïté et sous le sourire enjôleur de Lémoni. On t'attend Véro, ce sera une belle semaine.