Je savais que ce serait bien. Je ne savais pas que ce serait au-delà des mots.
Pourtant tout avait mal commencé. Malgré nos réservations sur Internet, il a fallu faire la file pendant 45 minutes pour retirer nos places. Heureusement, nous sommes arrivés un peu à l'avance, heureusement le concert a commencé avec une demi-heure de retard, vu l'organisation déplorable.
Mais une fois installés, la magie a opéré immédiatement. Il a 60 ans et il en fait 40. Son sourire désarme toutes les kalashnikovs. Sa musique est inclassable. Elle mêle les accents balkaniques, les cymbales et trombones de fanfare, les chants grégoriens, les rythmes andalous et les tremolos orientaux. Il fait exploser la musique des Roms, la culture tsigane.
Goran Bregovic est né le 22 mars 1950 à Sarajevo, d’une mère serbe et d’un père croate. Conçu dans un tel creuset familial, on ne peut que comprendre, sa prédisposition pour la mixité culturelle. Il devait être prof de philo, il choisit la chanson militante.
Il se lie d'amitié avec Emir Kusturica et écrit pour lui la musique du Temps des Gitans.
Son orchestre s'appelle l'orchestre des mariages et des enterrements et regroupe jusqu'à cinquante musiciens.
Cet ancien réfugié de guerre se bat avant tout pour l’idée de tolérance entre les peuples. Il peut, pour le besoin d'un spectacle réunir des chanteuses appartenant à différentes religions, qu’il fait accompagner par le chœur orthodoxe de Moscou, un ensemble de cordes marocain sans oublier son fameux orchestre.
Ce vendredi, dans le cadre de Balkan Traffik, il nous a offert une version théâtrale et musicale de "sa" Reine Margot, absolument sublime.
Nous avons vécu le weekend, imprégnés de sa musique et de sa pensée.
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