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  • Février

    Mois court mais intense.

    On a fêté les 20 ans de Clara, ma nièce, la fille de Sis’Cile. Je me souviens avec précision du moment où on m’a annoncé sa naissance. Je sortais de la banque italienne à Parme où je venais de clôturer mon compte. J’avais en main ma carte de banque coupée en deux sur laquelle il y avait un angelot. Je l’ai gardée en souvenir de ce moment. Ce qui m’échappe, c’est pourquoi j’ai clôturé mon compte fin janvier alors que je quittais Parme fin juin mais bon, ça c’est une autre histoire. Bref, on a fêté Clara tous ensemble et on lui a offert un match de foot Real Madrid-Atletico fin mars à Madrid. C’est Swiss Sis et Swiss mari qui s’y collent parce que personne n’est fan de foot dans la famille à part Clara. Elle est fan fan fan.

    J’ai été invitée chez une ex-collègue pour le lunch. Elle est bipolaire avec tous les écarts d’émotions que cela suppose, pro-Poutine, et donc pas facile à gérer dans mon équipe mais je l’aimais bien. Et son invitation m’a fait plaisir. Elle avait mis les petits plats dans les grands, elle a tenu à me préparer un Spritz (parce que nous partageons la même passion pour la Sérénissime) alors qu’elle est aux abonnés absents côté alcool et elle m’a touchée.

    J’ai pris un dernier café avec cet ancien collègue d’une autre vie pour ainsi dire. Il quitte Bruxelles après 35 ans ici pour Lugano en Suisse. Lui aussi est compliqué. Bellâtre grec (mais beau quand même), totalement centré sur lui-même, en couple pendant quelques années avec une de mes proches amies qui n’a finalement pas tenu le coup face à cet égocentrique assumé. Mais je l’aime quand même. Et cela m’a vraiment attristée qu’il parte. Il y a peu de chances que l’on se revoie et je l’ai quitté avec beaucoup d’émotions.

    On a fêté les 70 ans d’un ami d’univ, que je n’avais plus vu depuis bien longtemps (l’Homme l’a revu plus régulièrement parce qu’il est devenu notre courtier d’assurances) et j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à retrouver cette bouille rieuse d’Italo-Belge et ses yeux pétillants comme quand on avait 20 ans.

    On a aussi fêté les 8 ans de Jules. Le chauffage d’Anaïs et Simon venait de tomber en panne et il faisait vachement froid. Heureusement la température a légèrement augmenté vu le nombre de personnes présentes. La chaleur humaine, y’a que ça de vrai.

    J’ai retrouvé Véro à Paris pour une journée. Elle m’a emmenée dans un très joli resto et on a pris le temps de voir deux expos. L’une sur les sculptures de carton de Eva Jospin représentant la Domus Aurea. J’adore son travail, je l’avais découverte à Venise et cette nouvelle expo n’avait rien à envier à la première. Juste à côté, il y avait une exposition de Claire Tabouret qui présentait le travail préparatoire à la confection de nouveaux vitraux pour Notre Dame (ils seront installés fin 2026) et c’était juste magnifique.

    On a fait notre aller-retour annuel en Champagne pour approvisionner toute la famille et les amis en bulles festives. Mais au fur et à mesure des années, c’est la rencontre avec Thierry, le vigneron, qui devient festive. C’est un plaisir attendu de le retrouver et d’aller manger un bout avec lui.

    Le lendemain, on a passé la journée avec Jules pour son anniversaire, lui seul et nous. Une expo le matin au musée des Sciences Naturelles sur les vols des oiseaux et des avions. Cela ne l’a pas trop branché. Un spaghetti bolo et une crème brûlée au resto où il était prêt à donner toutes les étoiles possibles, tellement il était enchanté. Puis une visite au musée de l’aviation et de l’armée qu’il a adorée. Passer une journée avec lui est un pur bonheur. Il est drôle, intelligent, vif. Et je jure que je suis la plus objective des grands-mères.

    Le soir, j’ai appris le décès de ma gynécologue adorée, la maman des mamans.

    Le dimanche, on a reçu les amis de Claude et on a passé toute l’après-midi avec eux avant de voir arriver les trois premiers locataires pour la première semaine de vacances scolaires.

    Les filles de Maïté sont arrivées le lendemain matin et on a passé une semaine avec ces cinq là, entre jeux, bricolages, déguisements, spectacles, dessins animés (peu) .

    On a appris le cancer de l’estomac du papa de Kerya et cela nous a bouleversés. C’est l’autre grand-père de deux des pioux et c’est comme s’il était de notre famille. On les a retrouvés le dimanche pour les deux ans de Oona et on a pu parler assez sereinement. Il commençait la chimio le lendemain.

    Swiss Sis est arrivée entretemps pour passer 4 jours avec Maman et pour une fois, elle a pu assister à un anniversaire de pioux.

    On est partis le soir même pour la maison-jardin avec six pioux cette fois et on a rempilé pour un programme similaire à la première semaine, jardin en plus.

    On a ramené tout le monde le vendredi soir pour fêter Anaïs le samedi et on est repartis passer le dimanche à nettoyer la maison-jardin pour les suivants. Comme à chaque fois, une boule me monte à la gorge dès que je rentre dans cette maison vide de leurs cris, de leurs rires et de leurs bouilles d’amour.

    Mois court mais intense, n’est-il pas ? Fêtes, anniversaires, amis, claques, pioux, pioux et encore pioux.

    Maintenant mars s’annonce. A nous l’Afrique du Sud et le Botswana. Aventures à suivre.

  • Dans la peau d’Argan, moi ?

    Je refuse qu’on me traite d’hypochondriaque. L’Homme a décidé de reformuler: « Tu es à l’écoute de ton corps » avec un petit sourire en coin. Ben non, je ne suis pas d’accord, je n’aime pas cette connotation « bobo qui n’a que ça à penser« .

    Alors oui, je suis atteinte du syndrome de la bonne élève qui fait sa prise de sang annuelle, qui se préoccupe de rectifier les taux anormaux, qui prend ses rendez-vous annuels ou bisannuels chez le généraliste, la gynéco, le dentiste, la cardiologue, l’ophtalmologue, la gastro-entérologue, la dermatologue pour le contrôle des grains de beauté. Je prend même les rendez-vous pour ceux qui le souhaitent.

    Alors oui, quand quelque chose ne tourne pas rond, je consulte. Vite. Je n’aime pas quand la machine s’enraye. Je fais les examens qu’on me demande de faire. Je découvre parfois des choses que je ne pensais pas avoir. Des polypes, de l’arthrose, une rotule plus haute que l’autre, un oeil qui voit loin et un oeil qui voit près, une protéine caractéristique des familles à hérédité de maladies cardio-vasculaires, facteur de risque supplémentaire, un rétrécissement du canal lacrymal…. Qui cherche trouve. Indeed.

    Mais hypochondriaque, non.

    Par contre, je me soupçonne d’être un chouia superstitieuse et de me dire que tant que j’ai ces petits maux (même s’ils commencent à s’accumuler), je suis protégée d’une bonne grosse maladie, genre saleté à pinces. Tout en étant parfaitement consciente que je me mets bien le doigt dans l’oeil.

    Sur ce, je vais réchauffer et poser mon masque pour soigner ma blépharite. Forcément.

  • 2025

    L’année s’est écoulée entre moments tristes comme le départ de la maman de l’Homme et de mon cousin ou comme le pénible tri de l’appartement de Mamy L. qui n’en finit pas, heureux comme toutes les fois où mes enfants m’ont confié les pioux pendant les vacances ou le long weekend à Paris avec maman et mes soeurs pour fêter les 60 ans de Swiss Sis, délicieux (trois jours dans les Langhe, une des multiples régions d’Italie riches en saveurs, un restaurant gastronomique à Bâle pour les 60 ans de mon Swiss beau-frère), douloureux (j’ai promis de ne plus parler de mes petits bobos mais j’aimerais parfois oublier que j’ai des genoux et un dos), pénibles comme les travaux de la cuisine qui se sont éternisés pendant 5 mois.

    Et puis ce fut une année de déménagements (Anaïs et Simon, Quentin et Kerya et la soeur de l’Homme), une année de petits voyages bien sympas (Venise bien sûr, l’Autriche sur les traces de mon grand-père, Vienne, la Turquie dans un format improbable mais au final très drôle et la découverte merveilleuse de l’île de Groix).

    Et puis ces retrouvailles improbables avec mes copines de primaire et secondaire lorsque mon école a fêté ses 130 ans avant de fermer définitivement sa section secondaire. Nostalgie, nostalgie.

    Au final, encore une très belle année envers et contre tout.

  • Next stop: Christmas

    Le temps glisse comme le traineau du Père Noël au-dessus des cheminées. A peine rentrés de Turquie, nous avons accueilli le Grand Saint qui n’a pas pris le même avion que nous, même s’il vient de là lui aussi. Il préfère toujours prendre la mer puis un cheval aux Pays Bas et plus modestement un âne en Belgique.

    La fête du Grand Saint prend chez nous des allures de pré-Noël en famille restreinte – si tant est que 15 à table est encore considéré comme un nombre restreint – et on y prend toujours autant de plaisir.

    Puis clairement, on rentre dans l’avant Noël: cadeaux à choisir, commander, aller chercher, aider ceux qui n’ont plus l’énergie, le temps ou même l’envie. Anaïs est ma partner in crime dans ce parcours de Sherlock parce que nous, on aime ça.

    Quelques lunches avec d’anciens collègues, toujours en activité ou plus du tout, un dîner divin chez des amis où on prépare un séjour en Roumanie et où on finit la soirée autour d’un Karaoké improvisé et où les pâtes, les oranges siciliennes et le parmesan de la filière italienne passent d’un coffre à l’autre pour le plus grand bonheur de nos papilles et celles de nos enfants. Un dîner au resto pour l’anniversaire de ma chère belle-soeur duquel on est revenus en ligne pas très droite, bien malades dès le seuil de la maison passé et pour couronner l’ivresse, se rendre compte, un rien hébétés, qu’on patauge dans l’eau dans la salle de bains. Manquait plus qu’une inondation pour arroser ce repas bien ….arrosé.

    Et voilà, ce soir, on va chercher Swiss’Sis et son mari à l’aéroport, Noël peut commencer.

  • Septendrement

    Ce mois de septembre qui se termine a été très riche. De douleurs, de douceurs, d’émotions, de tendresse.

    Il y a eu l’enterrement de ce cousin tant aimé qui, comme souvent, a coïncidé avec des retrouvailles de toute une partie de la famille qu’on voit moins mais qu’on revoit toujours avec un plaisir non dissimulé.

    Une de mes sorcières bien-aimées a perdu sa maman et sa détresse m’a désarçonnée. Sa maman n’était plus présente au monde depuis quelques années et pourtant c’est quand elle est partie physiquement que le chagrin s’est enfin manifesté.

    J’ai enfin sauté le pas et j’ai rejoint un cours de danses grecques. Cela faisait si longtemps que j’en rêvais. J’ai enfin trouvé l’endroit et le temps d’y aller. Pour le moment, il n’y a pas de débutant et pas de cours approprié mais on m’accueille dans le groupe des dégourdis avec beaucoup de chaleur et de gentillesse et je me débrouille vaille que vaille. Et je suis aux anges.

    Anaïs m’a demandé son aide pour emmener ses trois enfants au premier cours de piscine extra-scolaire. La piscine a plus de 100 ans et est magnifiquement restaurée. Et c’est la piscine où j’allais enfant, dans le cadre scolaire. Rien que de mettre les pieds dans ce lieu culte – où je n’ai pourtant rien appris – a soulevé tout un tas d’émotions. Et de voir Amalia, paniquée dans ce monde inconnu, alors qu’elle adore l’eau et n’en est pas à son premier contact avec une piscine, m’a serré le coeur en souvenir de la petite moi. Heureusement, le deuxième essai a été plus concluant.

    Vacances enfin. Venise bien sûr mais un « petit » crochet par Nuremberg. Pour la deuxième fois consécutive (en 30 ans tout de même), nous ne verrons rien de cette magnifique vieille ville. Au siècle dernier, c’était moi qui me suis réveillée avec 40 de fièvre et nous sommes rentrés dare-dare et cette fois, c’était l’Homme qui grelottait et qui a dormi 14 heures d’affilée. Le lendemain nous avons rejoint l’Autriche où je tenais absolument à retrouver le camp de prisonniers où mon grand-père avait été conduit dès le début de la guerre avant de rejoindre une ferme non loin de là comme prisonnier mis au travail. J’avais pris sa plaque d’immatriculation avec moi comme un talisman. Mais sur place, il n’y a plus rien. Juste un panneau d’artiste à chaque coin de l’espace vert là où se trouvait le camp. Un bien piètre devoir de mémoire. Le soir, nous dormions à Vienne où nous avons flâné la journée du lendemain avant d’assister à un concert de mon chanteur grec préféré dans la Konzerthaus, là où se donne chaque année le concert du Nouvel-An. Double plaisir.

    Et puis direction Venise. Cette année, le soleil ne nous a pas beaucoup gâtés et la pluie était souvent au rendez-vous. Les expos en cours, nous les avions déjà vues pour la plupart en avril et les flâneries sans but dans Venise sous la pluie, c’est nettement moins drôle. Et l’Homme est retombé malade. Aujourd’hui, il a dormi toute la journée. C’est sans aucun doute le meilleur des traitements mais cela rajoute une petite pointe de déception à ce séjour. Il nous reste encore trois jours pour en profiter.

  • Mon « vrai » cousin

    En fait, c’est mon petit cousin. Le cousin de ma maman. Sa maman à lui était la soeur de ma grand-mère. C’est comme ça dans les grandes familles. Une maman peut accoucher trois mois avant sa nièce.

    Des cousins, j’en ai eu cinq. Mais l’aîné est arrivé quand j’avais 9 ans. Alors forcément, j’ai plus été leur baby-sitter que leur partenaire de jeux.

    Alors, oui, avec ses trois mois de différence avec moi, c’est ce que j’appelle un vrai cousin (au sens où mes propres petits enfants vivent leur cousinade).

    Pourtant curieusement, on ne s’est pas beaucoup vus enfants. Nous n’habitions pas la même ville, nos parents n’étaient pas de la même génération, bref. Seule ma grand-mère m’emmenait parfois lorsqu’elle allait rendre visite à ses soeurs, toutes vivant dans les cantons germanophones de la Belgique. Mais j’ai des souvenirs très précis de ces rares moments. Ce cousin était très drôle et j’aimais beaucoup rire.

    Ce n’est qu’à l’âge adulte que nous nous sommes vus plus souvent et que nous nous sommes découvert bien plus d’affinités encore que pendant l’enfance. Nous nous sommes invités à nos mariages respectifs et à partir de là, nous nous somme retrouvés bien plus régulièrement. Il est devenu le parrain de mon fils et l’Homme est devenu le parrain d’un des siens.

    Il est parti le dernier dimanche d’août, après une longue bataille de 6 mois. J’ai eu beaucoup de mal à y croire. Difficile d’imaginer ne plus l’entendre rire, difficile de penser qu’il ne m’amènerait plus de boîtes de 20 bâtons de chocolat à la banane (même si cela fait belle lurette que je n’aime plus ça – et d’ailleurs la chocolaterie à côté de chez lui a fermé) ni 6 tartes au riz, spécialité de sa région (mais t’inquiète, ça se surgèle !). Difficile d’accepter qu’un pan de vie se termine.

    Ma belle-cousine est magnifique de résilience. Elle force le respect. Elle a dit qu’elle était l’ombre et lui l’éclat. C’est vrai qu’il était lumineux. Mais elle n’est pas l’ombre. Elle est un soleil d’hiver qui réchauffe le coeur et fait tellement de bien quand on a froid.

  • Les montagnes russes

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    Un joli dimanche de Pâques ensoleillé et chocolaté, avec des pioux enchantés mais malheureusement sans mini-Oona et sa maman qui sortaient d'une hospitalisation de 3 jours en raison d'un vilain virus. Evidemment, elle n'aurait pas participé à la chasse aux oeufs (à 6 semaines, ce serait un rien prématuré) mais sa maman, elle, a dû renoncer au plaisir de voir son aîné participer à sa première vraie chasse.

    Après ce beau moment, retour au bercail, préparer les valises pour deux semaines à Venise, tout heureux à la perspective de ce moment à deux. Le lendemain matin, l'Homme charge les valises dans le coffre, je prépare le pique-nique pour la route. Voiture chargée, il revient et prend un médicament pour calmer la toux qui va lui compliquer la route. Dans la minute qui suit, il le rejette violemment, frissonne et fait une poussée d'urticaire géant sur tout le corps. Et très vite, il n'arrive plus à respirer correctement. Sa détresse respiratoire prend une telle ampleur que je n'ai plus d'autre choix que d'appeler une ambulance. 

    Je suis tombée sur un message d'attente qui n'a probablement pas duré plus de 3 à 4 minutes mais cela m'a paru une éternité. Je ne le quittais pas des yeux et mon stress augmentait au fur et à mesure qu'il respirait avec difficulté et que je restais en attente. Mais dès que je suis entrée en contact avec le service d'urgence, je me suis légèrement détendue. L'interlocutrice m'a posé quelques questions très précises et les ambulanciers sont arrivés dans les dix minutes. Sans stress, sans avoir l'air de se presser, ils se sont occupés de lui et l'ont emmené vers l'hôpital le plus proche. 

    Une fois pris en charge aux urgences, je n'ai plus pu l'accompagner et je suis restée trois heures sans nouvelles. Au bout de trois heures, j'ai enfin pu le voir. Il a fait un choc anaphylactique assez sérieux. Ils l'ont encore gardé encore trois heures de plus pour vérifier s'il ne faisait pas d'effet rebond, puis il a pu rentrer à la maison. 

    Nos enfants ont été magnifiques pendant ces heures difficiles, et mes soeurs m'ont également soutenue à distance. Cela m'a fait beaucoup de bien de communiquer avec les uns et les autres pendant que j'étais dans le flou absolu.

    Tout s'est bien terminé mais j'avoue que cette fois, j'ai eu peur. Oh pas longtemps, le temps de l'attente des secours; après, je le savais en de bonnes mains. Mais les quelques minutes d'éternité m'ont rappelé que nous n'étions hélas pas éternels.

    Le lendemain, il a voulu prendre la route et aujourd'hui nous voilà à Venise à nouveau. Plaisir inégalé. 

     

  • La farfadette a trois ans

     

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    Crédit photo: Cécile

     

    Cette petite bouille d'amour aux yeux ensorcelants peut se transformer en véritable boule colérique inconsolable. Il suffit de trois fois rien. Une chaussette à la couture inconfortable, un biscuit plus petit que les autres, une peluche de persil sur la purée ou un peu de pâte à modeler qui colle au doigt. La moindre contrariété la transforme en dragon. Elle aime les princesses autant que les sorcières ou les méchants. Elle vénère les Maléfique, Jafar, sorcières et autres dragons que tous les autres enfants craignent les deux mains sur les yeux. Mais elle ressemble à une poupée. Elle est une merveille déconcertante….

    Aujourd'hui elle a trois ans. Sa maman lui a dit qu'il y aurait des cadeaux. Elle répond "Non, des gâteaux". "Oui mais aussi des cadeaux". "Oui mais aussi un gâteau". Elle a un palais en forme de sucre d'orge. 

    Et elle a eu des gâteaux et des cadeaux. Et surtout ses cousins venus la fêter. Ses yeux ont brillé toute la journée. Mais ils ont pétillé encore un peu plus fort quand Sam Sam est arrivé et qu'il lui a dit "Bonjour Lémoni" avec tout son charme de crooner. Et quand tout le monde a chanté "Joyeux anniversaire Lémoni", Sam Sam a dit "On a oublié Hip Hip Hip Hourra !". 

    Je crois bien que pour la première fois, elle a réalisé qu'elle était la reine de la fête. Et que rien ne pouvait la rendre plus heureuse.

  • Première semaine d’octobre

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    Samedi: Ça y est, c'est la quinzaine du proche-aidant. Pour la quatrième année consécutive, nous sommes en charge de ma belle-mère pendant les vacances de ma belle-soeur. Cette année, à mon grand soulagement, nous ne devons plus assurer la nuit. On y va donc à chaque repas. Cela reste un peu contraignant mais beaucoup moins malgré tout. L'Homme assure les petits déjeuners, les déjeuners en semaine et nous y allons ensemble pour le repas du soir. C'est la seule senior que je connaisse qui progresse au lieu de décliner. Elle a de nouveaux appareils auditifs et entend à nouveau ("Ce lave-vaisselle fait beaucoup de bruit !", "je suis obligée de fermer la fenêtre, les voitures m'empêchent d'entendre la télévision"). Elle a fait le Covid mais c'est un petit refroidissement de rien du tout ! Elle n'a plus un poil sur le caillou mais par contre, il ne manque pas le moindre neurone. Elle est assez impressionnante !

    J'ai aussi trouvé le temps d'aller vite à la recherche d'un manteau noir. J'ai donc acheté un manteau jaune.

    Dimanche: Entre deux allers-retours, on a terminé de monter l'armoire dans une chambre et on va maintenant pouvoir s'éclater à y ranger un maximum de trucs. J'attends ça depuis des lunes. Entre deux autres allers-retours, on a vite fait quelques courses. 

    Lundi: Journée au bureau pour accueillir une petite nouvelle. Sans doute la dernière que j'accueillerai dans ma vie professionnelle. Sur le moment, je n'y ai pas trop pensé, j'étais encore en mode "vendeur". J'ai vanté la magnifique équipe qu'elle rejoignait, moi compris. Sans m'en rendre compte, je me suis comportée comme si on était parties pour travailler ensemble pendant quelques années. Ce n'est que maintenant que je me dis que c'était effectivement probablement la dernière. 

    Mardi: Journée vaccin. Quatrième dose. On ne se pose pas de question, on y va. Il faisait beau, on a marché. Ce serait mieux d'aller se balader en forêt mais faute de mieux, on s'est promenés jusqu'au dispensaire. 

    Mercredi: Le mercredi soir, c'est le moment Maman. On se retrouve Sis'Cile et moi chez elle pour l'aider, principalement dans son administration et sa gestion bancaire autour d'une tasse de thé et de petits gâteaux. Je suis contente de lui annoncer que j'ai résolu une question administrative un peu épineuse et surtout très coûteuse et je m'attends à ce qu'elle exprime une vraie satisfaction voire un peu de joie festive. Mais non, elle est tellement persuadée d'être dans son bon droit qu'elle l'exprime haut et fort. Sans se rendre compte que parfois, on a beau l'être, se battre comme une administration, cela relève d'une confrontation entre le pot de terre contre le pot de fer. Du coup, je suis frustrée et je marmonne dans ma barbichette. 

    Jeudi: Théâtre ce soir avec Joséphine. Il y avait très longtemps. ADN, une pièce qui aborde la problématique des enfants conçus par procréation médicalement assistée et don de sperme inconnu. Surtout ceux qui n'apprennent qu'assez tard que leur père officiel n'est pas leur père biologique. La question est abordée sous tous les angles et avec beaucoup d'humour. C'était drôle, bien ficelé et nous avons passé un très bon moment.

    Vendredi: Je suis un peu dépassée par les événements. Je pensais tirer ma révérence en douceur et préparer ma sortie à mon aise mais encore une fois, les choses ne se passent pas comme je l'aurais rêvé. Ma collègue directe est en longue maladie, mon chef part en vacances trois semaines et une autre collègue nous quitte de manière impromptue. Ma charge de travail est doublée voire triplée et je me noie. Et je voudrais m'enfuir comme à chaque fois. Mais comme à chaque fois, je fais le vaillant petit soldat et je reste sur le pont. Je pourrais invoquer mon doigt cassé qui gonfle de trop s'agiter sur le clavier et ce serait rigoureusement vrai. Le médecin me l'a proposé et l'Homme me le serine à longueur de journée. Mais le sens du devoir me colle à la peau comme une vieille loque. C'est plus fort que moi. 

  • Newton, Ciara et Dennis

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    Maïtre Newton sous un arbre couché reçut sur sa trogne une pomme. Sous le choc, le physicien ne se sent plus de joie, il vient de découvrir la gravité. 

    Quelle eût été la découverte de ce grand monsieur si en lieu et place d'une pomme, il se serait pris tout le pommier sur la poire ?

    En ces temps de tempêtes aux noms britanniques, le vent a terrassé le magnifique petit pommier du jardin de mon papa. J'ai posté ici et ici et encore ici des photos de ses petites rainettes étoilées si photogéniques au soleil bas de l'automne, c'est dire que je l'adorais. Ces petites pommes d'amour donnaient dans les mains de ma maman une gelée de pommes d'un rose incomparable. 

    Après les sapins malades qu'il a fallu abattre les uns après les autres, le pommier terrassé et le noyer malade qu'il faudra se résigner à faire tomber également, j'ai mal au jardin. Il va falloir le réinventer mais pour l'heure, le coeur est gros.