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  • Brèves d’octobre

    Lundi: Journée médicale. Le matin, j’ai accompagné Maman à l’hôpital pour un rendez-vous ophtalmo. On lui a fait toute une panoplie d’examens sur un peu plus de deux heures. L’ophtalmo qu’on ne voit qu’en fin de parcours est une spécialiste de la greffe de cornée et c’était le but de ce rendez-vous, greffe ou pas greffe ? Finalement, il a été décidé de refaire le point dans 6 mois. Je crois que Maman était à la fois soulagée et perplexe quant aux solutions pour améliorer sa vue. L’après-midi, rendez-vous médical annuel pour l’Homme et moi. Bons bulletins tous les deux.

    Mardi: Contente de retrouver le cours de yoga le matin. L’après-midi, j’ai réussi à emmener l’Homme, qui apprécie très peu les salles obscures, au cinéma. On est allés voir « Notre Salut » d’Emmanuel Marre. Je n’ai pas vu le temps passer malgré les 2h30 mais l’Homme était plus mitigé.

    Mercredi: Une journée pour moi toute seule, c’est plutôt rare. L’Homme est parti récupérer une remorque qu’il a achetée puis faire un premier trajet aller-retour à la maison-jardin pour ramener du bois. Moi, j’en ai profité pour cuisiner, repasser en regardant une série puis je suis allée chez Maman avec Sis’Cile.

    Jeudi: J’ai longtemps hésité mais j’ai décidé de reprendre le cours de danses grecques. Cette fois-ci, Eleni organisait un cours de débutant, ce qui n’était pas le cas l’année passée. Mais je me suis demandée si j’en avais encore vraiment envie. C’est le soir, le trajet du retour la nuit tombée dans un quartier un peu mouvementé, mon manque de coordination, le fait que je vais manquer un certain nombre de cours à cause des vacances – scolaires et personnelles – , tout ça ne me motivait pas. Mais j’ai fini par me dire que c’était maintenant ou jamais, je vais pas m’y mettre à 70 ans, et qu’avec un peu de persévérance, je devrais bien y arriver.

    Vendredi: J. et S. sont venus manger à la maison et c’était très sympa. Ils semblent aller un peu mieux. En tout cas, la soirée était détendue. Et l’Homme et moi, on a bien sûr passé un très bon moment en cuisine comme d’habitude.

    Samedi: Monsieur Louis, le laveur de vitres, est venu le matin et comme je lui demande comment il va, il prend une grande respiration et nous annonce: « J’ai une mauvaise nouvelle. Ma femme est décédée« . Elle est partie en trois mois, elle avait 60 ans. Il n’en revient pas. On a parlé longtemps avec lui. Plus tard, entre deux vitres, il voit l’Homme au fourneau qui fristouille des champignons. L’air de rien, il s’approche et pose quelques questions culinaires. Il veut apprendre à se débrouiller sans elle. Il m’a émue aux larmes.

    C’est le troisième décès qu’on m’annonce cette semaine. Bien sûr je ne connaissais pas la femme de monsieur Louis mais quand même, cela me touche pour lui. Mardi on m’annonçait le décès de mon ancien professeur de danse classique et mercredi Graziella nous annonçait le décès de sa maman, que nous aimions beaucoup.

    Dimanche: On passe la journée à la maison-jardin où Swiss’Sis est arrivée jeudi. Je fais un peu de tri avec elle. On a rangé l’armoire à déguisements entre autres, et ça tombe bien, on a retrouvé un max de décoration pour Halloween. L’homme a à nouveau chargé la remorque de bois et on est rentrés décharger tout ça au garage et livrer une partie chez Quentin et Kerya.

  • Au parfum

    Cet été, j’ai lu un nouveau livre de Ryoko Sekiguchi, cette écrivaine et poète japonaise que j’ai rencontrée à Venise au printemps dernier. Elle était à nouveau là en septembre mais nos routes ne se sont pas croisées cette fois si ce n’est par le biais de ce livre, L’appel des odeurs, un recueil de billets écrits en son temps pour un hebdomadaire et toujours sur le thème des odeurs, des parfums.

    Dans un des billets, je me suis pleinement retrouvée au point d’en être presque abasourdie.

    Depuis longtemps, j’ai une petite manie (parmi tant d’autres) dans la gestion de mes parfums. J’ai dans ma salle de bains une vingtaine de parfums, achetés, reçus, récupérés, peu importe. La plupart ont des notes d’agrumes, quelques-uns de fleurs, presqu’aucun n’est capiteux. J’ai la manie d’en changer chaque jour et surtout je les porte par deux, je les superpose, selon un mode faussement aléatoire. Le résultat est toujours inattendu. Parfois c’est le premier qui prend le dessus, parfois c’est le deuxième. Souvent, les deux s’adoucissent l’un l’autre et il en résulte un nouveau parfum, inédit, souvent très agréable.

    Et l’envie m’est venue un jour de les rebaptiser. Parfois de manière simpliste: Baiser volé et Biarritz devient Baiser volé à Biarritz. Easy. Parfois plus tiré par les cheveux : Eau dynamisante et Sel marin devient Claque d’embruns. Riviera et Venise devient carrément Lido. Ce sont les petits plaisirs ridicules du matin. Ridicules sans doute mais vrais petits plaisirs quand même.

    C’est une femme que j’admirais beaucoup qui m’a appris à faire ça. Elle était belgo-belge mais avait des origines indiennes et ne s’habillait qu’en sari. En toutes circonstances et par tous les temps. Le jour de son enterrement, ses enfants ont découpé de petits bouts de quelques-uns de ses saris et les ont aspergés de ses deux parfums superposés (elle n’en mélangeait que deux, toujours les mêmes) et ont offert ces souvenirs olfactifs à tous les membres de l’assemblée, très émue. C’était un petit bout d’elle parfumé.

  • Septembre est un pont

    Entre la chaleur de l’été et les couleurs de l’automne.

    Lundi: Ils sont tous repartis hier tôt dans l’après-midi. En 24 heures, les pioux avaient retourné toutes les caisses de jouets que j’avais patiemment rangées les jours précédents. J’ai tout rangé à nouveau. L’Homme a rangé les tables, les chaises de jardin, l’été est bien terminé. On a fini de cueillir pommes et poires pour en ramener une partie à Bruxelles et commencer les gelées le soir même. J’ai tellement le bourdon quand ils ne sont plus là. Il était temps qu’on rentre.

    Mardi: Ce matin, yoga puis petit café avec Georgia qui parle grec avec moi pendant une heure. Un vrai bonheur. Elle connait aussi tellement de choses et m’en apprend chaque fois un peu plus. Aujourd’hui on a parlé du grand poète Elytis et des grands compositeurs qui ont mis ses poèmes en musique dont l’incontournable Theodorakis. Et elle m’a également fait découvrir, à moi qui me targue d’en connaitre un bout en gastronomie du monde, le trachanas, une pâte traditionnelle grecque fabriquée à partir de blé et de lait caillé. J’étais presque vexée de ne pas connaitre.

    Mercredi: Lunch avec une ancienne collègue le midi et dans l’après-midi, je suis allée avec Maman changer son téléphone portable basique contre un smartphone. Le vendeur, charmant par ailleurs, lui demande pendant la procédure de conversion: Etes-vous un homme, une femme ou autre ? Il faut imaginer l’écarquillement des yeux de ma maman, 88 ans, se mettant à réfléchir sérieusement à la question.

    Le soir, j’ai retrouvé Sis’Cile rentrée de vacances, toute briochée. La rentrée a été rude, Clara a raté son année et doit demander une dérogation pour pouvoir recommencer. Pas cool.

    Jeudi: Debout à la première heure, prise de sang en vue du contrôle annuel chez le médecin en octobre. On est passé ensuite chez maman qui ne s’en sort pas très bien avec son nouvel outil. Ce n’est pas si évident de changer un mode opératoire à cet âge là et ce nouveau téléphone la stresse beaucoup plus qu’elle n’avait imaginé. Cet écolage a pris beaucoup plus de temps que prévu et j’ai loupé ma séance de sport avec mon coach préféré. On est ensuite repartis à la maison-jardin attaquer les compotes et gelées de pommes, poires au sirop et en gelée également. 48 heures non stop sauf pour dormir et cueillir quelques figues.

    Vendredi: Des pommes, des poires et …. des séances longuissimes d’écolage à distance pour aider une Maman très énervée avec son nouveau téléphone.

    Samedi: on ferme la maison qu’on prépare pour le séjour de Swiss’Sis en octobre. Retour chez nous. Je n’ai plus de voix, je tousse et je suis claquée. J’ai fait une sieste avant de repartir distribuer à chaque famille une caisse de pommes, de poires, de figues, compotes et gelées. Le soir, resto avec G. et C. pour leurs anniversaires respectifs.

    Dimanche: Exposition Harry Potter avec Sappho, Jules et Sam. Nous très déçus mais les enfants contents. Et surtout terriblement sages, tant sur place que dans le métro. Et maintenant, on peut commencer à préparer les valises, Venise se profile à l’horizon.

  • 35 ans

    Le petit dernier a 35 ans. Ça fait quand même un bail. Je me souviens de ce 26 juillet, date prévue pour son arrivée, j’ai accompagné mes parents à la gare. Ils embarquaient pour leurs vacances annuelles à la montagne et j’étais là, dépitée de savoir qu’ils ne seraient pas présents pour la naissance. De fait, il n’est arrivé que quatre jours plus tard, juste à temps pour que ses autres grands-parents ne viennent le voir avec ses deux soeurs avant de partir, eux, vers la mer. Seul mon grand-père est aussi venu voir son arrière petit-fils.

    Cette année, nous sommes à la montagne à nouveau. La première semaine avec Quentin et sa belle-famille. Ce n’était pas le projet initial mais les circonstances ont fait que nous nous retrouvons dans cette configuration inattendue et tout est bien. On apprend à vivre à un rythme beaucoup plus lent que le nôtre et c’est très bien aussi. Seules les disputes incessantes entre Maoh et Lémoni parviennent à avoir raison de moi. Mais j’ai décidé que je ne me laisserais pas abattre par des « pas plus hauts que trois pommes ».

    Aujourd’hui, on fête ce petit dernier dans ce cadre-là. Dans deux jours, on retrouve la tribu au complet dans un autre chalet en Suisse et on fêtera à nouveau. Le bonheur sera complet pour moi.

  • La vie est une grande roue

    Lundi: Retour d’un weekend extraordinaire. On est partis vendredi soir pour Athènes. J’avoue, cette année, mon empreinte carbone a explosé, je ne suis pas très contente de moi et je me sens très égoïste. Mais en même temps, mon bonheur a été immense ces trois jours. On a eu la chance inespérée de revoir mon compositeur grec préféré dans l’amphithéâtre de Hérode Atticus, juste en dessous de l’Acropole. Revivre cette magie était tout simplement incroyable. Et puis cette ville que l’on aime tellement tous les deux. L’Homme a dit « j‘aime l’odeur de cette ville » et c’est tout à fait ça.

    Mardi: Ce soir, récital de piano de Sappho. Hier, c’était hautbois, mais vu les trois heures de retard de l’avion, on n’a pas pu y assister. Aujourd’hui, l’Homme ne peut pas, il a dentiste mais moi je peux. Une vingtaine d’enfants attendaient leur tour pour s’installer au piano le temps de deux mélodies d’une à deux minutes chacune. Leur stress était palpable et j’avais pitié d’eux. Mais une fois devant le clavier, ils donnaient le meilleur d’eux-mêmes. Sappho n’a pas dérogé à la règle et a très bien joué. Et même si moi, je ne suis pas objective, la prof, elle, lui a discerné une distinction.

    Mercredi: Mamy et Grand-Père sont partis au Portugal et c’est donc nous qui prenons la relève pour Jules, Samuel et Amalia, tout le mois de juin. Mais cette fois, Jules est en classe verte (Amalia décrète qu’elle, elle ira en classe rose) et ils ne sont que deux. Enfin, jusqu’à ce que Sappho et Lémoni les rejoignent pour l’après-midi.

    Jeudi: On continue l’exercice de vente en ligne des menus trésors de Mamy L. Anaïs photographie, met en ligne, fixe le prix et gère les contacts avec les acheteurs (elle répond aux questions, négocie les rabais éventuels, etc.) et l’Homme et moi nous chargeons de la logistique (emballage, étiquettes, envoi). Curieusement, les bondieuseries ont un succès fou. Et les chapelets, images pieuses, missels, crucifix, médailles, et autres Vierges en plâtre quittent Bruxelles pour partir en mission vers d’autres horizons.

    Vendredi: Le musée d’Orsay consacre une exposition à Renoir et la modernité heureuse. J’ai une véritable passion pour ce peintre et j’ai convaincu l’Homme de m’accompagner en train aller-retour. Je me faisais une joie de passer cette journée avec lui. Mais il a éternué une bonne partie de la nuit et s’est réveillé épuisé et tout fiévreux. Je suis donc partie seule, à mon grand regret, vers la Ville-Lumière. J’ai passé toute la matinée dans le musée d’Orsay avec beaucoup de plaisir mais après, j’ai trouvé l’après-midi beaucoup moins drôle. Je n’avais pas vraiment envie de m’asseoir seule dans un restaurant donc, j’ai fait l’impasse. J’ai marché, marché dans Paris jusqu’à épuisement et je me suis endormie sur un banc dans un parc. Je n’avais vraiment pas vu les choses comme ça.

    Samedi: A partir de 6 ans, ils ont tous droit à une journée avec nous. Resto, musée, etc. Aujourd’hui, c’était le tour de Samuel. On a commencé par le musée Magritte qu’il aurait bien fait au pas de course. Succès très relatif. Puis un tour dans la grande roue – à sa demande – mais là aussi, c’était moins chouette que lors de sa première expérience. Puis resto italien. D’abord assez enthousiaste, il a fini par décréter que le restaurant où il va parfois avec son autre grand-mère était meilleur. On a donc croisé les doigts pour que l’après-midi ait plus de succès que le matin plutôt décevant. Ouf, l’achat de sa première montre flik flak pour apprendre à lire l’heure et le musée des illusions nous ont permis de mieux finir la journée.

    Dimanche: Les filles sont passées nous voir en coup de vent et incroyable mais vrai, Lémoni est venue à vélo, alors que je désespérais qu’elle puisse un jour pédaler. C’était le petit miracle du jour.

  • Incroyable mois de mai

    Encore un mois incroyable.

    Les vacances scolaires se sont terminées en apothéose chez Disney. Cadeau familial de Noël à tous les cousins. Et donc première fois que les sept nains se retrouvent ensemble chez Mickey. Deux nuits, trois jours de dépaysement complet. Il y a dans cette famille trois inconditionnelles de ce monde parallèle, qui vivent le retour dans la vraie vie comme un véritable crash après une dose massive de drogue mais je reviendrai sur la question dans un autre billet.

    Puis nous sommes partis en Roumanie pendant 5 jours, en Bucovine, célèbre pour ses églises peintes à l’extérieur, datant des XVème et XVIème siècles), très rares en Europe et à nouveau dans le Maramures, la région la plus authentique et traditionnelle de Roumanie. Maisons en bois sculpté, portails monumentaux, villages figés dans le temps et surtout des pensions familiales incroyablement authentiques. Cerise sur le gâteau pour moi, une partie du groupe a fait une randonnée de trois heures dans la forêt et ça grimpait pas mal. Je suis ravie d’avoir pu la faire, malgré les bobos divers, surtout dans la perspective des vacances d’été à la montagne.

    Kong Kong, l’autre grand père de Maoh et Oona s’est fait enlever l’estomac et a pu sortir de l’hôpital fin du mois, à notre grand soulagement. J’avoue que j’ai bien stressé pour lui. Il va lui falloir maintenant beaucoup de patience pour reprendre une alimentation fragmentée et peu « agressive ».

    On a enfin un nouveau frigo et on n’est plus obligé de supporter les caprices du précédent. Une fois je souffle froid, une fois je souffle chaud.

    On a enfin programmé la date de l’opération « vide-maison » pour l’appartement de la maman de l’Homme. On pensait que le brocanteur récupérerait quelques pièces mais ce n’est absolument pas le cas, tout va à la poubelle. Anaïs a donc pris les choses en main et entrepris de vendre sur Vinted un maximum de choses qu’on n’imaginait même pas trouver preneur. On fait cet exercice ensemble, c’est toujours plus sympa à deux et ça roule bien.

    Dans un mois, ce seront les vacances d’été, on a un peu de mal à y croire. Le temps file incroyablement vite.

  • Février

    Mois court mais intense.

    On a fêté les 20 ans de Clara, ma nièce, la fille de Sis’Cile. Je me souviens avec précision du moment où on m’a annoncé sa naissance. Je sortais de la banque italienne à Parme où je venais de clôturer mon compte. J’avais en main ma carte de banque coupée en deux sur laquelle il y avait un angelot. Je l’ai gardée en souvenir de ce moment. Ce qui m’échappe, c’est pourquoi j’ai clôturé mon compte fin janvier alors que je quittais Parme fin juin mais bon, ça c’est une autre histoire. Bref, on a fêté Clara tous ensemble et on lui a offert un match de foot Real Madrid-Atletico fin mars à Madrid. C’est Swiss Sis et Swiss mari qui s’y collent parce que personne n’est fan de foot dans la famille à part Clara. Elle est fan fan fan.

    J’ai été invitée chez une ex-collègue pour le lunch. Elle est bipolaire avec tous les écarts d’émotions que cela suppose, pro-Poutine, et donc pas facile à gérer dans mon équipe mais je l’aimais bien. Et son invitation m’a fait plaisir. Elle avait mis les petits plats dans les grands, elle a tenu à me préparer un Spritz (parce que nous partageons la même passion pour la Sérénissime) alors qu’elle est aux abonnés absents côté alcool et elle m’a touchée.

    J’ai pris un dernier café avec cet ancien collègue d’une autre vie pour ainsi dire. Il quitte Bruxelles après 35 ans ici pour Lugano en Suisse. Lui aussi est compliqué. Bellâtre grec (mais beau quand même), totalement centré sur lui-même, en couple pendant quelques années avec une de mes proches amies qui n’a finalement pas tenu le coup face à cet égocentrique assumé. Mais je l’aime quand même. Et cela m’a vraiment attristée qu’il parte. Il y a peu de chances que l’on se revoie et je l’ai quitté avec beaucoup d’émotions.

    On a fêté les 70 ans d’un ami d’univ, que je n’avais plus vu depuis bien longtemps (l’Homme l’a revu plus régulièrement parce qu’il est devenu notre courtier d’assurances) et j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à retrouver cette bouille rieuse d’Italo-Belge et ses yeux pétillants comme quand on avait 20 ans.

    On a aussi fêté les 8 ans de Jules. Le chauffage d’Anaïs et Simon venait de tomber en panne et il faisait vachement froid. Heureusement la température a légèrement augmenté vu le nombre de personnes présentes. La chaleur humaine, y’a que ça de vrai.

    J’ai retrouvé Véro à Paris pour une journée. Elle m’a emmenée dans un très joli resto et on a pris le temps de voir deux expos. L’une sur les sculptures de carton de Eva Jospin représentant la Domus Aurea. J’adore son travail, je l’avais découverte à Venise et cette nouvelle expo n’avait rien à envier à la première. Juste à côté, il y avait une exposition de Claire Tabouret qui présentait le travail préparatoire à la confection de nouveaux vitraux pour Notre Dame (ils seront installés fin 2026) et c’était juste magnifique.

    On a fait notre aller-retour annuel en Champagne pour approvisionner toute la famille et les amis en bulles festives. Mais au fur et à mesure des années, c’est la rencontre avec Thierry, le vigneron, qui devient festive. C’est un plaisir attendu de le retrouver et d’aller manger un bout avec lui.

    Le lendemain, on a passé la journée avec Jules pour son anniversaire, lui seul et nous. Une expo le matin au musée des Sciences Naturelles sur les vols des oiseaux et des avions. Cela ne l’a pas trop branché. Un spaghetti bolo et une crème brûlée au resto où il était prêt à donner toutes les étoiles possibles, tellement il était enchanté. Puis une visite au musée de l’aviation et de l’armée qu’il a adorée. Passer une journée avec lui est un pur bonheur. Il est drôle, intelligent, vif. Et je jure que je suis la plus objective des grands-mères.

    Le soir, j’ai appris le décès de ma gynécologue adorée, la maman des mamans.

    Le dimanche, on a reçu les amis de Claude et on a passé toute l’après-midi avec eux avant de voir arriver les trois premiers locataires pour la première semaine de vacances scolaires.

    Les filles de Maïté sont arrivées le lendemain matin et on a passé une semaine avec ces cinq là, entre jeux, bricolages, déguisements, spectacles, dessins animés (peu) .

    On a appris le cancer de l’estomac du papa de Kerya et cela nous a bouleversés. C’est l’autre grand-père de deux des pioux et c’est comme s’il était de notre famille. On les a retrouvés le dimanche pour les deux ans de Oona et on a pu parler assez sereinement. Il commençait la chimio le lendemain.

    Swiss Sis est arrivée entretemps pour passer 4 jours avec Maman et pour une fois, elle a pu assister à un anniversaire de pioux.

    On est partis le soir même pour la maison-jardin avec six pioux cette fois et on a rempilé pour un programme similaire à la première semaine, jardin en plus.

    On a ramené tout le monde le vendredi soir pour fêter Anaïs le samedi et on est repartis passer le dimanche à nettoyer la maison-jardin pour les suivants. Comme à chaque fois, une boule me monte à la gorge dès que je rentre dans cette maison vide de leurs cris, de leurs rires et de leurs bouilles d’amour.

    Mois court mais intense, n’est-il pas ? Fêtes, anniversaires, amis, claques, pioux, pioux et encore pioux.

    Maintenant mars s’annonce. A nous l’Afrique du Sud et le Botswana. Aventures à suivre.

  • 2025

    L’année s’est écoulée entre moments tristes comme le départ de la maman de l’Homme et de mon cousin ou comme le pénible tri de l’appartement de Mamy L. qui n’en finit pas, heureux comme toutes les fois où mes enfants m’ont confié les pioux pendant les vacances ou le long weekend à Paris avec maman et mes soeurs pour fêter les 60 ans de Swiss Sis, délicieux (trois jours dans les Langhe, une des multiples régions d’Italie riches en saveurs, un restaurant gastronomique à Bâle pour les 60 ans de mon Swiss beau-frère), douloureux (j’ai promis de ne plus parler de mes petits bobos mais j’aimerais parfois oublier que j’ai des genoux et un dos), pénibles comme les travaux de la cuisine qui se sont éternisés pendant 5 mois.

    Et puis ce fut une année de déménagements (Anaïs et Simon, Quentin et Kerya et la soeur de l’Homme), une année de petits voyages bien sympas (Venise bien sûr, l’Autriche sur les traces de mon grand-père, Vienne, la Turquie dans un format improbable mais au final très drôle et la découverte merveilleuse de l’île de Groix).

    Et puis ces retrouvailles improbables avec mes copines de primaire et secondaire lorsque mon école a fêté ses 130 ans avant de fermer définitivement sa section secondaire. Nostalgie, nostalgie.

    Au final, encore une très belle année envers et contre tout.

  • Next stop: Christmas

    Le temps glisse comme le traineau du Père Noël au-dessus des cheminées. A peine rentrés de Turquie, nous avons accueilli le Grand Saint qui n’a pas pris le même avion que nous, même s’il vient de là lui aussi. Il préfère toujours prendre la mer puis un cheval aux Pays Bas et plus modestement un âne en Belgique.

    La fête du Grand Saint prend chez nous des allures de pré-Noël en famille restreinte – si tant est que 15 à table est encore considéré comme un nombre restreint – et on y prend toujours autant de plaisir.

    Puis clairement, on rentre dans l’avant Noël: cadeaux à choisir, commander, aller chercher, aider ceux qui n’ont plus l’énergie, le temps ou même l’envie. Anaïs est ma partner in crime dans ce parcours de Sherlock parce que nous, on aime ça.

    Quelques lunches avec d’anciens collègues, toujours en activité ou plus du tout, un dîner divin chez des amis où on prépare un séjour en Roumanie et où on finit la soirée autour d’un Karaoké improvisé et où les pâtes, les oranges siciliennes et le parmesan de la filière italienne passent d’un coffre à l’autre pour le plus grand bonheur de nos papilles et celles de nos enfants. Un dîner au resto pour l’anniversaire de ma chère belle-soeur duquel on est revenus en ligne pas très droite, bien malades dès le seuil de la maison passé et pour couronner l’ivresse, se rendre compte, un rien hébétés, qu’on patauge dans l’eau dans la salle de bains. Manquait plus qu’une inondation pour arroser ce repas bien ….arrosé.

    Et voilà, ce soir, on va chercher Swiss’Sis et son mari à l’aéroport, Noël peut commencer.

  • Septendrement

    Ce mois de septembre qui se termine a été très riche. De douleurs, de douceurs, d’émotions, de tendresse.

    Il y a eu l’enterrement de ce cousin tant aimé qui, comme souvent, a coïncidé avec des retrouvailles de toute une partie de la famille qu’on voit moins mais qu’on revoit toujours avec un plaisir non dissimulé.

    Une de mes sorcières bien-aimées a perdu sa maman et sa détresse m’a désarçonnée. Sa maman n’était plus présente au monde depuis quelques années et pourtant c’est quand elle est partie physiquement que le chagrin s’est enfin manifesté.

    J’ai enfin sauté le pas et j’ai rejoint un cours de danses grecques. Cela faisait si longtemps que j’en rêvais. J’ai enfin trouvé l’endroit et le temps d’y aller. Pour le moment, il n’y a pas de débutant et pas de cours approprié mais on m’accueille dans le groupe des dégourdis avec beaucoup de chaleur et de gentillesse et je me débrouille vaille que vaille. Et je suis aux anges.

    Anaïs m’a demandé son aide pour emmener ses trois enfants au premier cours de piscine extra-scolaire. La piscine a plus de 100 ans et est magnifiquement restaurée. Et c’est la piscine où j’allais enfant, dans le cadre scolaire. Rien que de mettre les pieds dans ce lieu culte – où je n’ai pourtant rien appris – a soulevé tout un tas d’émotions. Et de voir Amalia, paniquée dans ce monde inconnu, alors qu’elle adore l’eau et n’en est pas à son premier contact avec une piscine, m’a serré le coeur en souvenir de la petite moi. Heureusement, le deuxième essai a été plus concluant.

    Vacances enfin. Venise bien sûr mais un « petit » crochet par Nuremberg. Pour la deuxième fois consécutive (en 30 ans tout de même), nous ne verrons rien de cette magnifique vieille ville. Au siècle dernier, c’était moi qui me suis réveillée avec 40 de fièvre et nous sommes rentrés dare-dare et cette fois, c’était l’Homme qui grelottait et qui a dormi 14 heures d’affilée. Le lendemain nous avons rejoint l’Autriche où je tenais absolument à retrouver le camp de prisonniers où mon grand-père avait été conduit dès le début de la guerre avant de rejoindre une ferme non loin de là comme prisonnier mis au travail. J’avais pris sa plaque d’immatriculation avec moi comme un talisman. Mais sur place, il n’y a plus rien. Juste un panneau d’artiste à chaque coin de l’espace vert là où se trouvait le camp. Un bien piètre devoir de mémoire. Le soir, nous dormions à Vienne où nous avons flâné la journée du lendemain avant d’assister à un concert de mon chanteur grec préféré dans la Konzerthaus, là où se donne chaque année le concert du Nouvel-An. Double plaisir.

    Et puis direction Venise. Cette année, le soleil ne nous a pas beaucoup gâtés et la pluie était souvent au rendez-vous. Les expos en cours, nous les avions déjà vues pour la plupart en avril et les flâneries sans but dans Venise sous la pluie, c’est nettement moins drôle. Et l’Homme est retombé malade. Aujourd’hui, il a dormi toute la journée. C’est sans aucun doute le meilleur des traitements mais cela rajoute une petite pointe de déception à ce séjour. Il nous reste encore trois jours pour en profiter.