Catégorie : Smile

  • Les menus détails

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    Hier j'ai passé la journée seule. L'Homme devait s'absenter et j'en ai profité pour réduire un chouïa la to do list. Et quand je suis seule, je suis forcément moins distraite par tout ce que j'ai à raconter à l'Homme ou par tout ce qu'il me raconte lui et je suis beaucoup plus attentive et réceptive aux menus détails .

    Les petits riens qu'on ne remarque pas forcément mais qui changent tout. 

    Je suis allée chez le notaire porter nos testaments respectifs. On a voulu que le bien qui constituera le domicile conjugal au moment où l'un de nous tirera sa révérence revienne entièrement à l'autre. Pour cela, il fallait consigner cette volonté dans un testament. Il fallait aussi que celui-ci soit manuscrit et la veille, nous nous sommes prêtés tous les deux à l'exercice. Bien sûr, j'ai écrit le texte d'un seul jet et de ma belle écriture légendaire. L'Homme a dû s'y reprendre à plusieurs reprises et a chiffonné un certain nombre de débuts de copie en bougonnant haut et fort, pour une fois que je suis meilleure que lui. Lorsque j'ai déposé l'enveloppe ouverte avec nos deux copies au secrétariat du notaire, la gentille dame à l'accueil a jeté un oeil à l'intérieur de l'enveloppe et n'a pu s'empêcher de s'exclamer : "Oh quelle belle écriture !" et moi je n'ai pas pu réprimer un sourire de fierté et un petit "C'est la mienne !" de première de classe.

    Je suis allée à l'hôpital prendre rendez-vous pour une radio de mon dos et un scanner de ma hanche. L'orthopédiste est vraiment perplexe sur mes douleurs et ne comprend pas bien ce que j'ai. Ce qui bien sûr ne me rassure pas vraiment. J'ai patienté un petit quart d'heure que ce soit mon tour et j'avais en ligne de mire un gars qui accueillait les patients venus pour une IRM ou un PET-scan. Il avait un don inné pour les mettre à l'aise, demandait systématiquement s'ils étaient bien à jeun – ce qui n'était pas requis – et devant leur air ébahi et interrogateur, il les rassurait tout de suite en leur disant que c'était une blague. Les patients se détendaient illico et il enchainait en parlant de tout et de rien, du petit fromager ou du magnifique parc qu'il connaissait près de chez eux à la lecture de leur adresse. Et je me suis dit que ce type était vraiment cool et que tous ceux qui accueillaient les gens un peu stressés devraient en prendre de la graine.

    Je suis allée chercher deux poulets pour le weekend et la petite marchande de volailles était tellement chou. Elle a pesé les deux poulets et ils pesaient exactement le même poids à un gramme près. Elle a dit "je pense que ce sont des jumeaux". Je ne sais pas si elle y croyait ou si elle plaisantait mais elle était dans son histoire quand elle a ajouté "parfois les frères et soeurs se ressemblent moins que les cousins". Elle m'a fait rire. Et c'était bien.  

    Ce sont d'infimes petits riens mais qui peuvent changer la couleur du monde, quand on prend la peine de les distribuer et de les voir.

  • Un voyage haut en couleurs

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    Après avoir terminé l'année 2023 et commencé 2024 sur les chapeaux de roue, nous avons pris l'avion le 2 janvier pour une destination inattendue. Bien sûr, on savait où on allait mais ce n'est sans doute pas le premier pays que j'aurais choisi pour fêter un an de retraite. Mais G. et C. nous ont proposé de partir en Inde, et contre toute attente, l'Homme a dit "Pourquoi pas ?". Dans ces conditions, je n'ai pas chipoté sur la destination et j'ai signé des deux mains. 

    Il me restait malgré tout quelques appréhensions mais celles-ci se sont complètement évanouies dès que j'ai posé le pied sur le sol indien. J'ai dans un premier temps été étourdie par le concert ininterrompu de klaxons et la densité de circulation mais petit à petit, je me suis détendue tant la circulation était fluide. En 3 semaines, je n'ai pas vu un seul accident ni le moindre accrochage. Après l'oreille, ce sont mes yeux qui en pris plein la vue. Jusqu'au dernier jour, j'ai été éblouie par l'arc-en-ciel de saris colorés et chatoyants et l'élégance dont ce vêtement habille chaque femme, quelle que soit sa morphologie. 

    Notre voyage avait la forme d'un sourire. De Chennai, ancienne Madras, à Goa, en passant par Pondichéry, Tanjore, Ooty, Cochin, Hampi et tant d'autres étapes aussi variées que dépaysantes. 

    J'ai tout aimé: le vert inédit des rizières, les plantations de thé comme autant de petits coussins verts, les temples époustouflants, les uns creusés à même la roche, les autres construits en énormes blocs de pierres, la dévotion incroyable des Hindous – j'ai moins aimé toutefois me déchausser les jours de pluie, marcher dans la boue et remettre mes baskets sans avoir l'occasion de me laver les pieds mais bon, sortir de sa zone de confort, cela ne peut pas faire de mal parfois -, je suis devenue une spécialiste de la mythologie indienne – bon, niveau 1, mais quand même, je ne m'en sortais pas trop mal -, la visite d'Auroville, cette utopie des années 70, la découverte des banyans, la soirée de mon anniversaire dans un ancien palais de riches commerçants Chettyar, la fête de Pongal, les kolams devant les maisons, ces magnifiques symétries dessinées par les femmes chaque matin, les visites de palais plutôt pas laids, la visite d'un jardin de plantes ayurvédiques, la journée en bateau sur les backwaters au milieu des jacinthes sauvages et des lotus, les deux safaris dont l'un à 6 heures du matin qui nous a permis de voir, chose très rare, un éléphant dormir couché près de son bébé de quelques semaines (normalement les éléphants dorment debout pour éviter de prendre trop de temps à lever leur lourde carcasse en cas de danger et ne s'autorisent à dormir couchés que lorsqu'ils se sentent en confiance), le magnifique site de Hampi, la cuisine indienne malgré le côté parfois fort fort épicé et surtout surtout j'ai été conquise par les Indiens, leur sourire, leur gentillesse et leur permanente envie d'être photographiés avec nous.

     Une semaine après notre retour, je suis toujours sous le charme. Je pourrais y retourner demain. Sans doute à un autre rythme. Mais cette Inde-là, celle du Sud, m'a définitivement séduite. 

     

     

  • Les Dingos de Disney

     

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    Comment expliquer cette fascination pour Disney ? Je ne m'en lasse pas. Je crois que je pourrais y passer un séjour seule, sans avoir à prétexter y emmener des enfants. J'assume. J'assume aussi avoir transmis ce virus à mes deux filles. 

    Nous ne sommes pourtant pas aveugles ni insensibles aux aberrations totalement en désaccord avec ce que nous aimerions arborer comme valeurs.

    La malbouffe à prix d'or est juste intolérable. J'avais préparé pour le premier soir une bonne salade que nous avons introduits en catimini dans nos valises. On a évité au maximum de consommer tout ce n'importe quoi, à l'exception d'une barbe à papa pour 4 voire 6-7, les mamans et moi tenant absolument à "aider" ces petits anges à se dépatouiller avec ce coton sucré.

    Le plastique est encore très présent, même si beaucoup d'efforts sont déployés pour le réduire drastiquement. Et nous n'avons pas pu résister à l'achat de capes de pluies pour protéger les moins bien équipés. 

    Mais il faut reconnaître que l'extrême propreté des parcs, la gentillesse jamais prise en défaut de tous ceux qui travaillent à cette féérie, les moindres détails léchés où qu'on pose les yeux, tout contribue à rendre ce lieu magique.

    Alors oui, malgré les cordes de pluie le deuxième jour, malgré les files d'attente interminables, certaines sous la pluie justement, la magie a opéré. Et celle qui a été sage comme une image, celui qui a peur de tout et ferme les yeux par défaut, celle qui n'a peur de rien et réclame toutes les sorcières et les dragons à grands cris et celui qu'il fallait surveiller comme le lait sur le feu, tous les quatre ont eu plus d'étoiles dans les yeux que ne peuvent en distribuer toutes les fées de Clochette à la Fée Bleue en passant par la marraine de Cendrillon. 

  • Elle est passée où cette année, Lémoni ?

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    Je revois comme si c'était hier cette nuit où ta maman nous a appelés à 3 heures du matin. Très détendue mais obligée de partir pour la maternité après des chutes du Niagara maison. On était au plus fort de la pandémie et nous avons bien dû enfreindre le couvre-feu pour venir prendre le relais auprès de Sappho. Avec l'épisode grotesquement comique que l'on connaît.

    Comme Sam Sam, tu es née en pleine pandémie et j'ai lu hier un article qui nous invitait à partir de l'idée que nous ne nous débarrasserons pas de ce virus et qu'il faudra apprendre à vivre avec. Alors pour la première fois, je vous ai imaginés tous les cinq adultes et masqués ad vitam. Je n'en ai pas dormi.

    Comme pour confirmer mes craintes, ton premier anniversaire a été annulé à cause de cette saleté. Et j'ai bien cru que ta maman allait renoncer à te fêter plus tard. Heureusement, je crois qu'elle s'est ravisée. C'eut été vraiment baisser les bras que de renoncer à célébrer la première année de vie d'un enfant.

    Cette première année qui a filé comme un courant d'air. Une année où chacun de tes sourires silencieux, sur tes lèvres et dans tes yeux, m'ont capturé le coeur. Tu n'as pas beaucoup babillé mais tu as souri. Par ce sourire si ensorcelant, tu te fais pardonner tes nuits si difficiles pour tes parents. Tout est prétexte à te réveiller et à pleurer la nuit. Et c'est épuisant. Mais le jour levé, ton sourire atténue leur épuisement. 

    Le moins qu'on puisse dire aussi c'est que tu as un sérieux petit caractère. Tu fais connaître ton avis avec une force inattendue chez une petite poupée. N'y vois rien de sexiste – ce n'est vraiment pas dans l'air du temps -, j'ai dit la même chose de mon petit garçon qui cachait une force animale derrière un minois de petit ange. 

    Le temps file, file. Il y a une chose que je dois encore faire avant que tu ne te mettes à marcher et à faire le tour de l'appartement derrière Sam Sam, je dois te filmer quand tu marches à quatre pattes. Tu es la seule des quatre premiers qui maîtrises si bien cette technique et tu ressembles trop à un aristochat…..

  • Un peu de tout

     

    • Un concert comme je les aime. Ce n'est jamais que la dixième fois que je vais le voir mais c'est un peu comme un rendez-vous que je ne peux absolument pas manquer. Il concentre à lui seul ma fibre grecque et mes années de jeune mariée: les moments délicieux avec l'Homme dans le resto dont nous avions fait notre QG et où le patron nous faisait toujours une petite place, même si nous ne consommions que du vin ou un dessert et où nous refaisions le monde avec Yanni guitare et Yanni bouzouki entre deux prestations; les moments délicieux sans l'Homme où je passais en boucle de la musique grecque captée avec toutes les peines du monde sur Radio Campus, une des seules radios libres des années 80 qui passait ce que l'on retrouve sans problème aujourd'hui sur Internet sous le vocable "Musiques du Monde". Dalaras, c'est tout ça pour moi et je ne m'en lasserai jamais.
    • Une petite intervention chirurgicale de rien du tout sous anesthésie locale. Totalement sans douleur. Même si l'infirmière en a fortement douté au vu des grimaces de souffrance crispée que je lui adressais. "Vous avez mal ?" "Non, pas du tout mais j'anticipe !". Elle a dû me prendre pour une de ces cinglées….
    • Un lunch avec deux amis métis que je connaissais séparément et qui travaillent maintenant ensemble et une discussion extraordinaire sur leur perception de l'Afrique et de son fonctionnement. J'ai fini par me sentir plus Africaine qu'eux dans la tolérance à l'à peu-près et au lâcher prise. Mais bien sûr, je la comprends quand elle me dit que la coiffeuse la plante en plein milieu de son soin, demi-tête faite et l'autre pas, en disant "Revenez demain, je dois absolument partir…" .
    • Une pièce de théâtre impromptue (Mamy B. avait gagné deux places) assez interpellante et très bien jouée sur l'impact des chatrooms sur les zados et dans ce cas bien précis sur les envies de – ou les pousse au – suicide. Sur le potentiel malveillant qu'il y a en chacun de nous aussi. Brrrr !
    • Un bouquin passionnant, une brique de 750 pages mais que je retrouve avec délice tous les soirs (et les matins de ce long weekend): Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia. Le portrait d'une génération, celle de mes parents, mais en France, la fin de la guerre, la libération, l'Algérie et les exilés de l'Est, passés définitivement à l'Ouest, abandonnant derrière eux femme et enfants. Poignant mais toujours l'humour, toujours l'humour.
  • Vous pouvez m’épeler ?

    Eyjafjallajökull. Dommage qu'on n'ait pas demandé aux Espagnols ou aux Italiens. Ce serait encore plus savoureux.

    Ma chef est Finlandaise. Quand elle téléphone à ses enfants, on dirait une cascade de montagne qui rebondit sur les cailloux du torrent. Et cela en devient joli. Surtout quand elle dit à la fin: "Moï, moï, moï !". (Salut, salut, salut !).

    A part ça, qui aurait pu croire qu'un jour de 2010, on aurait levé le doigt en disant "Oh, écoute, un avion !". Surréaliste.

    A part ça aussi, ils ont pas mal de poussière à prendre en Islande. Hoover et Swifter vont faire un bon chiffre d'affaires chez eux.

  • Sous cape, en coin ou aux éclats

    Rire en coin:

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    Dans la salle de bains, entre brosse à dents et brosse à cheveux, Maïté m'interpelle le plus sérieusement du monde:

    – Est ce que j'ai bien entendu ? Il va faire 14 à 16° les prochains jours ?

    – Oui, il paraît (et c'est pas trop tôt).

    – Tu te rends compte que l'heure est grave ? Ca ne va pas du tout. On n'est pas prêt. Il va falloir enlever les pulls, tu comprends ça ?

    – Ben oui. Et alors ?

    – Mais on n'est pas prêt. Tu as déjà vu comment on est en dessous des pulls ? Po,po, po, po, po (traduisez: aïe, aïe, aïe, aïe)

    Rire sous cape: 

    Je sors du bain, j'attrape un drap de bain, j'entends gling gling, tiens une alliance qui roule au sol…. Ah bon, il a perdu son alliance sans s'en rendre compte ? Tiens tiens….

    Dix heures du matin, il m'appelle:

    – J'ai un problème.

    – Ah bon ?

    – J'ai perdu mon alliance….

    – Quoi ? Tu es allé nager ? (Là, un mot d'explication s'impose: jeune marié, il a perdu son alliance dans une rivière et sa première alliance a probablement fini sa course dans l'estomac d'une truite)

    – Ha, ha, ha, c'est pas drôle.

    – Mais où l'as-tu perdue alors ?

    – Je ne sais pas, tu ne peux pas regarder dans la chambre ? Ca m'ennuie vraiment.

    – D'accord, je vais aller voir. Je t'appelle si je la trouve. 

    – Tu peux m'envoyer un sms plutôt ?

    – Ah bon, tu n'es pas au bureau ? (sur le ton le plus suspicieux que j'ai pu trouver)

    – Mais si, mais si, mais je dois partir en réunion (sur un ton de plus en plus ennuyé)

    Je n'ai pas pu continuer plus longtemps à jouer avec son embarras. Je lui ai dit que je portais son alliance à côté de la mienne. Son soulagement m'a fait rire de bon coeur.

    Rire aux éclats:  

    Dernière réunion avec le comité du personnel en fin de mandat. Pour célébrer deux années de bonne collaboration, le Directeur ouvre le champagne. L'ambiance est détendue et les petits biscuits circulent. Le président du comité, Anglais pur British, long maigrichon, très pâle et très blond, amasse quelques petits biscuits devant lui pour ne pas attendre le prochain passage. Je me moque gentiment de lui et je veux lui dire qu'il me fait penser à Tic et Tac, les jolis petits écureuils de Disney. En anglais, Chip and Dale. Pas de bol, je me plante et je lui dis:

    – John, you look like the Chippendales.

    – Really ? rougit-il, totalement abasourdi par le compliment qui, de toute évidence, ne colle pas à son profil.

    – Yes, look at you, insiste-je.

    La fille à côté de moi se rend compte de ma méprise:

    – Do you mean Chip and Dale ?

    Et c'est là que je ris aux éclats en piquant un fard plus rouge que Donald Duck en colère…

  • Sourires, pleurs et plaisirs

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    Un weekend bien rempli à nouveau mais rien que pour nous, cette fois. Enfin si l'on peut dire. 

    Petit sourire en coin chez le coiffeur samedi matin. La dame à côté de moi lit pendant qu'elle se prête aux mains expertes en brushing d'une jolie brunette. La jolie est aussi une petite sympathique qui aime entretenir la conversation, même à celles qui visiblement préfèrent lire. Et la jolie brunette de demander à la gentille dame:

    – Vous lisez quoi ?

    – La mauvaise vie (et de lui montrer la couverture)

    – Ah bon ? Et c'est bien ?

    – Oui, vous ne connaissez pas ? C'est ce livre qui a fait un peu scandale dernièrement en France. Vous connaissez Frédéric Mitterrand ? C'est sa vie qu'il raconte.

    – Non, c'est qui ?

    – Le Ministre de la Culture en France (dit la gentille un peu interloquée)

    – Ah bon ? C'est un ministre de la culture qui écrit un livre ? Ah c'est drôle, ça ! Et il dit qu'être ministre, c'est une mauvaise vie ?!? (demande la jolie encore plus interloquée)…..

    Grosses larmes le soir, comme toujours quand je regarde un film qui m'émeut. J'avais lu le livre il y a quelques années, je ne savais pas qu'ils en avaient tiré un film. Très long mais très beau. Les cinq dernières personnes que j'ai rencontrées là-haut de Mitch Albom. J'avais beaucoup aimé le livre, j'ai adoré le film.

    Rires des enfants le matin devant les trésors apportés par St Nicolas. Cela nous aura pris l'après-midi d'hier mais voir leur plaisir vaut bien ça. Ils ont beau avoir totalement dépassé la date de péremption pour ce genre d'événement, ils n'imaginent même pas que l'on puisse ne pas garnir la cheminée le matin du 6 décembre.

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  • Une petite liste ?

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    Toutes celles qui lisent ce blog (j'insiste: celles, les ceux, je sais pas, je suis pas sûre) font des listes, le contraire m'étonnerait. Ou alors qu'elles lèvent la main et me signalent leur différence.

    Des to do lists, parfois pour les plus positives d'entre nous des "did-it" lists, des listes de courses (sur des bouts de papier de récup, des post it, des petits carnets), les listes pré-vacances triées en sous-listes (j'emmène quoi, ne pas oublier de faire avant de partir, check-list genre fermer le gaz, l'eau, vider la poubelle, le lave-vaisselle, le frigo), les listes pour les autres (généralement une liste de choses à faire quand on est pas là, alors qu'"ils" avaient justement prévu tout autre chose), une liste de livres, CD, films qu'on voudrait acheter, louer, voir, des listes de menus, les listes des grands travaux à entreprendre dans la maison (repeindre ici, vernir là …) , de ce qu'on voudrait bien s'offrir un jour ou l'autre et qu'on ne s'offrira probablement jamais (un Wurlitzer, un vieux kicker, un stage de 6 mois à Ballymaloe…), de ce qu'on voudrait faire (installer l'électricité dans ma maison de poupées, trouver un chouette cours de yoga, s'inscrire chez Slow Food, …), des voyages qu'on voudrait (encore) faire (je ne liste pas ici parce que je suis en conflit ouvert avec l'Homme à ce sujet et je boude, donc il ne doit pas savoir – en fait, il sait très bien), des gens/amis que je voudrais/devrais inviter, des expos à voir, des rendez-vous à prendre (dentiste, dermato, orientation scolaire pour Q.), et je peux continuer à l'infini.

    Ces listes se retrouvent un peu partout, dans des carnets de listes (ben oui…), dans le tiroir de la cuisine, sur l'ordi (y'a même une fonction post it prévue à cet effet), sur le frigo, à côté de mon lit (pour quand j'y pense quand je dors), dans la salle de bains (pour quand j'y pense quand je me brosse les dents), dans mon sac, au bureau, et j'en passe.

    Papa m'a offert pour mon anniversaire un livre de Charles Dantzig intitulé "Encyclopédie capricieuse du tout et du rien" écrit sous forme de listes. On y retrouve la liste des plus belles routes du monde, la liste des choses douces, la liste des avantages et des désavantages de l'amour, la liste des femmes comme on en voudrait dans sa famille, la liste de ce qu'on a jamais vu, la liste des chansons de variétés tragiques…

    Et aujourd'hui, sur Wikipedia, j'ai tapé "listes" et je suis tombée à la renverse. Jetez-y un coup d'oeil, vous n'en croirez pas vos yeux: il y a, entre autres mille et une listes, la liste des langues par ordre alphabétique, la liste des noms latins des villes européennes, la liste des personnages historiques appelés le Bon (le Grand et le Petit aussi),  la liste des aqueducs romains, la liste des évêques de Belgique (mais aussi de Rouen, Aix en Provence ou Agen), la liste des nuages et des vents, la liste des oiseaux de fiction (José Carioca, Maïtre Hibou et Fumseck entre autres), la liste des îles grecques mais aussi des îles de Suisse !! (liste vide en fait, c'est malin) et encore autant d'autres complètement loufoques et curieuses.

    Et vous, vous faites des listes ?

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