Catégorie : Ici et ailleurs

  • Quelle semaine !

    Vendredi: On est arrivés hier soir sur notre île. On s’est installés et on est heureux. Ce sont les vacances. Et on est rabibochés. Tout roule. Mais ce matin, on est sur le pied de guerre. Lors du déjeuner de Pâques, les filles se sont mis en tête d’aller au concert de Céline Dion. Ce qu’on a pris pour une plaisanterie de fin de repas arrosé et où le répertoire de Céline, du moins celui de sa collaboration avec Jean-Jacques – celui-là même qu’on a hurlé dans la voiture des dizaines de fois de Turin à Bruxelles et de Turin à Bruxelles quand on habitait l’Italie – c’est donc bien un mythe familial) a été réinterprété en chœur du dessert à la fin de la vaisselle, est devenu un challenge assumé. On ira où elle ira et on va tout faire pour avoir des places. Swiss’Sis a proposé ses services informatiques pour multiplier les chances. On était donc cinq ordinateurs dans trois villes différentes à attendre une possibilité d’arracher 4 places à des prix décents. Sans vraiment d’espoir mais avec beaucoup de ferveur. Et le miracle a eu lieu. Avec un travail d’équipe de ouf. C’est Maïté qui a eu l’ouverture pour les places. Mais Anaïs n’était plus là pour donner sa carte de crédit. Maïté nous a appelés en Italie, je lui ai donné le numéro de ma carte, elle m’a renvoyé une photo du QR code et on a validé le paiement à 1000 km de distance. Et ça a marché. Personne n’y croyait et c’était un peu la fête. On espère juste que ce sera encore la fête à Paris et qu’elle chantera tout son répertoire de Bruxelles à Turin.

    Comme la chance était avec nous, j’ai appris que mon compositeur grec préféré redonnait un concert à l’Odeon Herode Atticus, juste en dessous de l’Acropole, alors que ce site devait fermer pour trois ans de travaux. La fermeture a été retardée, mon merveilleux compositeur a 87 ans, je n’allais pas rater cette opportunité. Et dans la foulée de Céline, on a réservé ce concert pour juin.

    Samedi: Longue promenade sur l’île de la Pellestrina. Un peu déçus. Ça nous aura pris la journée et on n’a pas adoré.

    Dimanche: Retrouvailles dans notre restaurant préféré sur l’île de Torcello. L’accueil est toujours aussi chaleureux. « C’est une belle journée aujourd’hui, vous savez pourquoi ? Parce que vous êtes arrivés. » Comment voulez-vous que je ne craque pas.

    Lundi: Première expo: les vedute et les caprices de Francesco Guardi. Les vedute ce sont ces représentations minutieuses et pittoresques de Venise où la lumière joue un rôle prédominant et les caprices sont les mêmes tableaux auxquels le peintre rajoute des éléments qui ne correspondent pas du tout à la réalité.

    Mardi: Jour de pluie. Nouvelle expo, cette fois d’un photographe du magazine Vogue, Horst P. Horst. Magnifiques photographies. J’ai adoré.

    Mercredi: Encore quelques expos puisque le temps n’est pas idéal et parce que de toute façon, on aime ça. Et puis, ô surprise, au retour vers notre nid, on a rencontré Mimmo, le dauphin qui squatte dans le bassin de St Marc depuis un an et demi. Ils ont bien essayé de le ramener vers la mer pour le protéger mais rien n’y a fait, Mimmo est revenu dans le bassin. Il est comme nous, la lagune lui manque et il revient. Mais quelle joie de le voir enfin.

    Jeudi: Chaque jour, on prend un peu de temps pour lire. J’ai emmené avec moi un livre de Ryoko Sekiguchi, une auteure franco-japonaise que j’adore et qui vient de sortir un livre sur Venise, « Venise, mille fleurs« . Ce livre me fascine. Il y a des livres comme ça où chaque page nous parle, chaque paragraphe nous interpelle et nous invite à regarder les choses autrement.

    Et par hasard, je découvre qu’elle est à Venise en même temps que nous et que surtout, elle va donner une conférence dans le cadre d’un événement littéraire organisé par l’université de Venise. Je me suis inscrite et j’y suis allée. J’ai aimé ce moment un peu particulier. Elle m’a dédicacé son livre, sachant très bien qui j’étais au vu des échanges que nous avions eus sur Instagram dans les jours qui ont précédé.

    Je n’en reviens pas de la richesse de cette semaine. Il ne nous reste plus que quelques jours mais cette semaine m’a donné une énergie fabuleuse, bien au-delà de tout ce qu’une semaine de repos aurait pu m’apporter.

    Et les semaines qui viennent s’annoncent encore bien riches en petits bonheurs. La vita è cosi bella.

  • Expérience de rêve

    Voilà, on a enfin mis le pied sur ce continent dont je rêvais depuis si longtemps.

    25 safaris en 20 jours, pas le plus reposant des voyages. Mais quelles merveilles !

    Pas le plus reposant non. Le scénario était toujours le même: lever à 4h30, départ à 5h30 pour le safari du matin, retour vers 9h30 pour le petit déjeuner et lunch à 12h30. Sieste si possible et départ pour le safari du soir à 16h30. Moi qui, une fois à la retraite, m’étais jurée de ne plus jamais me lever tôt, j’étais plutôt d’humeur grognon chaque matin. Mais une fois dans la jeep, le visage fouetté par le vent du matin, ma mauvaise humeur se dissipait. On en a pris plein les mirettes. Des éléphants majestueux, seuls, en bande, en famille, en patrouille, des lions, affalés, repus, des lionnes en famille, en chasse, les élégantes chorégraphies des girafes, les chamailleries des zèbres, des buffles, des rhinocéros, des guépards, des léopards, des crocodiles, des hippopotames, des gnous, des phacochères, des hyènes, des chacals, des mangoustes, des babouins, et puis des oiseaux, tellement d’oiseaux, plus beaux les uns que les autres. Des paysages à couper le souffle, surtout au lever ou au coucher du soleil.

    Six jours en Afrique du Sud, dix jours au Botswana et trois jours en Zambie. Ces trois jours n’étaient pas prévus mais les inondations dans le delta de l’Okavongo nous ont obligés à modifier légèrement le programme. Et ce sont sans doute ces trois jours là, sur le Zambèze dont le nom signifie « seuls ceux qui connaissent le fleuve peuvent y nager« , qui m’ont le plus subjuguée. Les chutes Victoria m’ont littéralement fascinée. Je crois que c’est une des plus belles merveilles de la nature que j’ai vues de ma vie.

    Si on m’avait dit qu’en plus, ce jour-là, on allait prendre le petit déjeuner en Afrique du Sud, le lunch au Botswana, l’apéro au Zimbabwe et le dîner en Zambie, je ne l’aurais pas cru. Surtout avec mes connaissances plutôt désastreuses en géographie.

    Et puis, plus que tout, j’ai adoré les rencontres avec toute une série de mammifères humains, les compagnons de safari, les guides, le staff des lodges, les petites filles qui ont glissé leur main dans la mienne au cours d’une promenade, tous ces sourires et toutes ces accolades à la fin de chaque séjour ont rempli mon coeur.

    L’Homme a pris son pied, surtout celui qui sert à immobiliser l’appareil photo, et est revenu avec des milliers de souvenirs digitaux.

    Moi, je reviens avec un ruban de prénoms dans la tête: Rajuan, Melo, Bornwell, Bridget, Philip, Claudia, Nala, Justina, Bernadette, Taylor, Kelly, Chester…..

  • Septendrement

    Ce mois de septembre qui se termine a été très riche. De douleurs, de douceurs, d’émotions, de tendresse.

    Il y a eu l’enterrement de ce cousin tant aimé qui, comme souvent, a coïncidé avec des retrouvailles de toute une partie de la famille qu’on voit moins mais qu’on revoit toujours avec un plaisir non dissimulé.

    Une de mes sorcières bien-aimées a perdu sa maman et sa détresse m’a désarçonnée. Sa maman n’était plus présente au monde depuis quelques années et pourtant c’est quand elle est partie physiquement que le chagrin s’est enfin manifesté.

    J’ai enfin sauté le pas et j’ai rejoint un cours de danses grecques. Cela faisait si longtemps que j’en rêvais. J’ai enfin trouvé l’endroit et le temps d’y aller. Pour le moment, il n’y a pas de débutant et pas de cours approprié mais on m’accueille dans le groupe des dégourdis avec beaucoup de chaleur et de gentillesse et je me débrouille vaille que vaille. Et je suis aux anges.

    Anaïs m’a demandé son aide pour emmener ses trois enfants au premier cours de piscine extra-scolaire. La piscine a plus de 100 ans et est magnifiquement restaurée. Et c’est la piscine où j’allais enfant, dans le cadre scolaire. Rien que de mettre les pieds dans ce lieu culte – où je n’ai pourtant rien appris – a soulevé tout un tas d’émotions. Et de voir Amalia, paniquée dans ce monde inconnu, alors qu’elle adore l’eau et n’en est pas à son premier contact avec une piscine, m’a serré le coeur en souvenir de la petite moi. Heureusement, le deuxième essai a été plus concluant.

    Vacances enfin. Venise bien sûr mais un « petit » crochet par Nuremberg. Pour la deuxième fois consécutive (en 30 ans tout de même), nous ne verrons rien de cette magnifique vieille ville. Au siècle dernier, c’était moi qui me suis réveillée avec 40 de fièvre et nous sommes rentrés dare-dare et cette fois, c’était l’Homme qui grelottait et qui a dormi 14 heures d’affilée. Le lendemain nous avons rejoint l’Autriche où je tenais absolument à retrouver le camp de prisonniers où mon grand-père avait été conduit dès le début de la guerre avant de rejoindre une ferme non loin de là comme prisonnier mis au travail. J’avais pris sa plaque d’immatriculation avec moi comme un talisman. Mais sur place, il n’y a plus rien. Juste un panneau d’artiste à chaque coin de l’espace vert là où se trouvait le camp. Un bien piètre devoir de mémoire. Le soir, nous dormions à Vienne où nous avons flâné la journée du lendemain avant d’assister à un concert de mon chanteur grec préféré dans la Konzerthaus, là où se donne chaque année le concert du Nouvel-An. Double plaisir.

    Et puis direction Venise. Cette année, le soleil ne nous a pas beaucoup gâtés et la pluie était souvent au rendez-vous. Les expos en cours, nous les avions déjà vues pour la plupart en avril et les flâneries sans but dans Venise sous la pluie, c’est nettement moins drôle. Et l’Homme est retombé malade. Aujourd’hui, il a dormi toute la journée. C’est sans aucun doute le meilleur des traitements mais cela rajoute une petite pointe de déception à ce séjour. Il nous reste encore trois jours pour en profiter.

  • 2024

     

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    Démarrer l'année en prenant un vol pour l'autre bout du monde, il y a pire. Cela faisait plus de 10 ans que nous n'avions plus pris un long courrier ni fait un long voyage. Et quel voyage ! J'avais déjà été séduite par la Nouvelle Zélande et le Pérou mais je m'y attendais. L'Inde, ce fut la surprise ! Jamais je n'aurais imaginé que ce pays me marquerait autant. Je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner.

    Le temps d'atterrir et de se poser, nous voilà éblouis par l'arrivée de la septième merveille du monde, la princesse Oona. Belle comme un coeur, elle vient compléter l'équipe qui grandit aussi, chacun à sa manière. Sappho perd sa première dent et Amalia fait ses premiers pas.

    Deux séjours au printemps et à la fin de l'été dans notre Sérénissime adorée dont un a bien failli tomber dans la lagune quand l'Homme m'a fait un choc anaphylactique (et même un choc tout court) le matin du départ. Réaction violente à la pénicilline qu'il avait pourtant l"habitude de prendre. Il aura fallu toutefois plus de 9 mois pour confirmer cette hypothèse. 

    Une semaine en Ombrie et deux-trois jours à Pantelleria où le meilleur du séjour aura été à chaque fois la rencontre avec d'autres amis des amis qui sont tous autant qu'ils sont de belles personnes avec qui on peut échanger vraiment.

    Trois semaines de pioux à géométrie variable à la campagne et deux semaines en Algarve, invités par Anaïs et Simon, avec tous les pioux. Rien que du bonheur. Et pendant notre séjour en Algarve, ce concert tellement improbable de ce bon vieux Tom Jones qui m'a ensorcelée comme à mes 15 ans. 

    Un séjour à Disneyland Paris, prévu pour 2025, mais quand on aime à ce point, on ne compte plus et au diable les varices !

    Un weekend en Ardennes avec toute la tribu pour fêter nos 40 ans de mariage. Un puzzle de mille petits morceaux de nous, un pestacle sur notre histoire et une video reprenant des petits et grands bouts de films HI8 de notre mariage et de notre vie de jeune parents. J'ai dit qu'après ce weekend, je pouvais mourir. Réflexion faite, je ne suis pas si pressée.

    Et terminer l'année sur un anniversaire incroyable, celui de la Fondation où j'ai travaillé pendant 5 ans à Turin. Retrouver tous les anciens avec une émotion non simulée pour la plupart d'entre nous et une joie tellement vraie.

    Tout cela a l'air – et est – idyllique. Mais bien sûr, il y a eu la vente de l'appartement qui nous a vu vivre nos dix premières années de vie commune à deux, puis à trois, quatre et cinq. J'en ai versé des torrents de larmes. Bien sûr, il y a eu l'abattage du noyer qui a vu naître mon papa, jouer mes soeurs et moi, nos enfants et nos petits enfants. Et ce n'est passé sans mal. Et bien sûr, il y a tous ces problèmes de santé qui me minent le moral, les problèmes mécaniques, de genoux, de hanche, de dos qui me font enrager et ces soucis de défense immunitaire très déficiente qui me rendent très suspicieuse au moindre éternuement et à la moindre toux d'autrui. Mais il y a pire et je pense que je peux m'estimer heureuse qu'après tout "ce n'est que çà".

    Au final, une année merveilleuse sur le plan personnel et je mesure ma chance quand je vois tous ceux dont la vie est ruinée par la folie de certains débiles mentaux. 

     

  • 2023

     

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    S'il n'y avait pas eu le départ douloureux de Michèle, cette année aura été tellement belle !

    Elle a commencé toute en merveille avec l'arrivée d'Amalia, pour tout dire la sixième merveille du monde, le 3 janvier. 

    J'ai passé le mois de janvier comme un hamster sur une roue pour essayer de finir tout ce que je voulais finir et jusqu'à la dernière seconde, j'ai donné le meilleur de moi-même. Et puis j'ai clôturé 40 ans de carrière, l'estomac noué, le coeur serré, les yeux noyés.

    Et la nouvelle vie a commencé. Il m'a fallu une ou deux semaines d'adaptation, surtout en termes de cohabitation permanente avec l'Homme, mais une fois les compteurs ajustés, un nouveau bonheur s'est installé. Je crois que ce qui m'a fait et me fait encore aujourd'hui le plus plaisir dans le nouveau format, c'est le droit de dormir longtemps. Alors bien sûr, pas tous les jours, selon les impératifs du calendrier, mais souvent. Et au bout de quelques semaines, je me suis surprise à ne plus répondre à la sempiternelle question "Comment vas-tu ?" " Bien mais fatiguée" au point que je m'énervais moi-même de cette réponse invariable. C'est fini, je ne réponds plus jamais en fonction de mon besoin de sieste. Et je trouve ça très luxueux.

    L'autre luxe est de pouvoir partir en vacances quand on veut ou presque et autant qu'on veut ou presque. Et cette année-ci, nous n'avons pas lésiné sur les kilomètres qui nous ont amenés quatre fois en Italie, seuls ou entre amis. La montagne, par deux fois, un grand étoilé transalpin, autre grand plaisir de l'année écoulée, et Venise l'incontournable.

    Et puis le coup de folie, le concert de Stavros Xarchakos, sous l'Acropole à Athènes, sans doute un des plus beaux moments de l'année si pas de ma vie, dans ce registre.

    Mais sans doute ce que je chéris le plus au monde, ce sont les moments avec les pioux, seuls ou en groupe, ces deux mois d'été avec eux, un peu, beaucoup, à la campagne, à la mer ou à Disneyland Paris. Je peux regarder inlassablement les photos sur mon téléphone ou relire les billets de ce blog qui les concernent avec délectation pour revivre ces moments-là.

    Octobre a vu ma reprise en main en termes d'activité physique et j'ai le meilleur coach de la planète. Ce n'est pas parce que  c'est mon fils que je le dis mais il est le meilleur pédagogue qui soit. Et je n'ai pas l'intention de m'arrêter en si bon chemin. Dommage que son père ne soit pas aussi discipliné et disposé à passer le seuil d'une salle de sport. 

    En somme, une année sous le signe de la famille, de ma tribu, de mes pioux, des amis, de la musique, du soleil, des vacances, des bouquins…. S'il n'y avait pas les petits bobos insignifiants à la main, aux genoux, aux poumons et le reste du monde qui part en sucette, 2023 a été une année magnifique !

    Et 2024 s'annonce joliment.

     

     

     

     

  • Les chemins

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    Le grand départ approche. Celui à la retraite je veux dire. Pour l'autre je ne suis pas pressée.

    Je nettoie donc mes archives de mails accumulés depuis 16 ans que je suis dans cette boîte. Je vire tout ce qui est professionnel et qui n'intéressera forcément plus personne. Par contre, pour tout ce qui est personnel – et il y en a un paquet -, je les relis un à un. Gros moment de nostalgie, de regret du temps qui passe. 

    Parmi tous ces messages, il y a ceux de Cat, championne des changements de job et des entretiens d'embauche partout en Europe. Un de ses mails disait, il y a 15 ans: 

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    – je vais à Lisbonne mardi prochain pour entretien Communication.

    – Antoine (un de nos ex-collègues devenu ami) commence comme head of Admin en février

    – Mitch (son mari) toujours en liste de réserve.

    ET ils ouvrent bientôt le poste de head of HR… ;-))))

    Falas portuguès??? 

     

    Je venais de quitter Parme pour rentrer en Belgique mais l'idée de rejoindre Lisbonne n'était pas pour me déplaire. En même temps, je ne me voyais pas déménager à nouveau la famille ni reprendre l'avion Lisbonne-Bruxelles toutes les semaines comme je l'avais fait depuis l'Italie. 

    Elle n'a pas réussi l'entretien. Antoine s'est fait virer après un an. Et Mitch n'a plus été appelé et de toute façon ne serait pas parti sans elle. Et je n'ai pas postulé au poste de Head of HR. La seule chose que j'ai faite, c'est me remettre au portugais.

    Entretemps, elle a postulé un peu partout, a bossé un peu partout aussi mais toujours à Bruxelles. Antoine s'est retrouvé en Afrique, sa femme est restée au Portugal, a pris un amant. Puis Antoine a chopé un vilain cancer et est revenu mourir à Lisbonne auprès des siens, l'amant éjecté pour l'occasion. Et Mitch et moi sommes restés dans la même boite pendant plus de 15 ans, alors que nous avions plutôt la bougeotte.

    Et maintenant que je vais tout doucement fermer la boutique, je regarde le chemin parcouru. Et je me demande ce que serait devenue ma vie et où je serais aujourd'hui si j'avais pris tel chemin plutôt que tel autre.

    Si j'avais pris  ce poste à la banque nationale ? Si l'Homme n'avait pas poussé de toute son âme pour que j'accepte ce poste à Turin ? Si je n'avais pas été virée de Turin après 5 ans en y laissant finalement la mienne d'âme ? Si j'avais accepté ce poste à Thessalonique ? Si Berlusconi n'avait pas fait des pieds et des mains pour que l'Agence pour la sécurité alimentaire s'installe à Parme plutôt qu'à Helsinki ? Si je n'étais pas rentrée de Parme après un an d'allers-retours épuisants ?

    Tous ces choix m'ont menée jusqu'ici. Sans regrets. Mais probablement, d'autres choix, d'autres cieux m'auraient tout aussi épanouie, je crois. Ce que je regrette sans doute, c'est de ne pas avoir pu parcourir tous ces chemins et d'avoir été obligée de faire des choix. Mais ça c'est la vie dans toute sa splendeur. 

     

  • Promesse

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    Promesse de printemps, le perce-neige m'a toujours émue. Quand je les ai vus à nouveau dimanche, je n'ai pu m'empêcher de les photographier pour me rappeler. Et en ces temps un peu difficiles, tant à l'échelle mondiale que sur le plan privé, je m'accroche à cette image comme à une bouée de secours. Dans le langage des fleurs, le perce-neige symbolise la consolation. Et je ne peux m'empêcher de penser à Célestine qui elle aussi, par ces temps fragiles, voit dans la nature la grande consolatrice. 

    Son nom de conte de fée rivalise de synonymes tout aussi enchanteurs: snowdrops, clochettes d'hiver, galantes des neiges, gouttes de lait…. Comment ne pas fondre comme flocons au soleil devant cette promesse de printemps, pourtant encore très très timide. 

    C'est aussi le symbole de l'espoir. Dans la Genèse, Adam et Ève, après avoir été chassés du Paradis, se retrouvent plongés dans l’hiver. Dieu eut pitié d’eux et leur envoya un ange pour leur assurer du retour du printemps : avec un flocon de neige, l’ange crée le premier perce-neige ! Dans la tradition anglaise, c’est avec les larmes d’Ève que l’ange crée le premier perce-neige (Eve’s tears).

    Besoin d'espoir et de consolation, voilà comment commence ce mois de mars. 

     

  • Vacances enfin !

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    Jamais en 30 ans, nous n'avons laissé passer le mois de juillet sans partir en vacances, même en Belgique. Nous sommes des juillettistes convaincus. Et voilà qu'un petit bébé, même pas encore né, nous a fait revoir tous nos plans. Et on a bien fait puisqu'il est arrivé… le 1 août.

    Nous avons donc dû attendre la fin d'un été qui n'en finissait d'ailleurs pas d'arriver pour enfin partir à notre tour.

    Direction Venise, pour changer. Mais cette fois, fini de se laisser mener l'agenda par le bout du nez des avions ou plutôt des compagnies aériennes. L'Homme a décidé de descendre en voiture. Et finalement, comme souvent, ce fut une bonne idée. Les deux jours pour descendre m'ont permis de décompresser doucement. On s'est arrêté dans le Valais, là où on a passé plus de 30 ans d'une partie de nos étés et on a mangé tous nos souvenirs sur la carte, de quoi ne pas se sentir trop bien au sortir de table. Puis on a passé les Alpes et nous nous sommes arrêtés à Bergame où on a retrouvé un restaurant qui n'était, lui, plus tout à fait comme dans nos souvenirs, mais où nous étions bien malgré tout.

    Et au troisième jour, Venise fut. On a retrouvé "notre" sous-toiture et sa petite terrasse. Deux jours de soleil pour commencer, deux jours de farniente. Puis retrouver nos différents restaurants préférés de gros gourmets. A force d'aller toujours aux mêmes endroits, on finit par connaître beaucoup de monde et on arrive même à comprendre les liens entre les uns et les autres et se rendre compte que, comme toujours, le monde est vraiment petit. 

    Retrouver J et S pour 3 jours qui deviennent, comme nous, des habitués des lieux. 

    Découvrir Sant'Erasmo, l'île qui sert de potager à toute la lagune et sa petite plage improbable. 

    Et partir à reculons en souhaitant revenir au plus vite.

    Retour à la maison pour découvrir avec horreur l'appartement ensablé. Les travaux de sablage de la façade ont démarré et les vitres n'ont pas été bien protégées. Le sable s'est infiltré partout et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tout, absolument tout l'appartement s'est transformé en plage. De quoi ruiner quinze jours de détente totale.

    Mais on a tout laissé en l'état puisque deux petites frimousses nous attendaient avec leurs mamans pour prendre la route de Disneyland Paris. 

    Deux jours dans ce monde totalement féérique où on oublie tout, même les appartements sahariens. 30 ans plus tard, la magie opère toujours et j'ai savouré chaque minute.

    Voilà, les vacances tant attendues sont finies. On rentre à la plage, je la laisse à l'Homme et je m'en vais garder sa mer maman pendant que sa soeur prend ses vacances à la côte belge ;-).

     

  • November rain and sun

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    Et le mois de novembre touche à sa fin. Et la vie continue. Avec ses pluies de larmes et ses rayons de soleil.

    Notre ami s'est éteint, bien plus vite que je ne l'avais imaginé. Le dîner que j'avais voulu organiser pour lui pour que notre groupe d'amis se retrouvent une dernière fois autour de lui avait  été annulé en raison de son immense fatigue. Mais du coup, certains d'entre nous se sont retrouvés malgré tout et c'est au cours de ces retrouvailles que nous avons reçu l'appel de Véronique nous annonçant son départ. Celle qui nous recevait avait déjà perdu son compagnon et on s'est tous dit que le futur aurait maintenant cette couleur d'au revoir successifs.

    Et comme toujours dans ces cas-là, ressentir l'urgence d'aimer encore et toujours plus. Dévorer les plus petits de baisers, serrer ses amis dans les bras, échanger à profusion avec ceux qu'on aime des messages pailletés d'amour entre les lignes et les émojis, ne jamais rater une occasion de se voir, même fatigués. Oser dire à ceux qui nous sont moins proches et qu'on admire en se moquant de ses propres craintes du ridicule.

    Et profiter à 200% de ce weekend en Ecosse pour fêter les 50 ans de J. avec une douzaine de ses amis, tous aussi fabuleux les uns que les autres. Ceux qu'on connait bien et ceux qu'on découvre. Sept couples, sept nationalités, trois langues en permanence. Cinq jours de pur plaisir et sérénité. Elle avait tout organisé avec la classe et le sens du détail qui la caractérise. Des Italiens aux fourneaux à peu près tous les jours, des débats sans fin sur le type de pâtes pour quelle sauce, quel vin pour quel plat, sur la quantité d'huile pour la farinata – attend je note, oui mais combien de temps la cuisson ? Ah mais ça dépend du four…. et combien d'huile ? Ah ça dépend, un demi-verre, un verre, tu  dois voir comment la pâte se délie – , des discussions sur parmesan ou  pas parmesan, râpé comment ?, – un Scottish dinner pour le jour J, un cours de danses folkloriques qui se termine en fou rire magistral, une visite de distillerie et une dégustation sensuelle de whisky, une météo inespérée de grand soleil malgré un froid polaire, une randonnée de trois heures dans un paysage magique, des rires et des moments de délicieuse tendresse.

    Ces moments qu'on thésaurise au plus profond de soi pour le futur, à condition d'éviter le chemin d'Aloïs Alzheimer….

  • Ici et ailleurs

     

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    Souvent je passe pour une hyperactive et j'essaye de démontrer le contraire. Mais il y a des semaines où j'aurais beaucoup de mal à démentir cette image. En particulier la semaine qui vient de s'écouler:

    Lundi: Dernier jour de vacances à Mykonos, un dernier petit tour par la plage, un dernier petit tour en ville, un dernier apéro, un dernier coucher de soleil. Ce soir, on dort encore à Mykonos. Je déteste les fins de vacances.

    Mardi: Les vacances sont finies, on boucle les valises, on fait un dernier tour d'inspection et nous voilà en route pour l'aéroport. Ce soir on dort à Athènes. On a passé l'après-midi à marcher dans la ville que nous n'avions plus vue depuis 35 ans, une éternité. On a découvert le Jardin Botanique, on est remonté jusqu'à l'Acropole au soleil finissant. Cette vieille dame a pris quelques rides, elle est liftée de partout et c'est dommage. Mais j'étais quand même contente de la revoir. Le soir, ballet d'ombres des evzones sur la façade du Parlement. Souvenirs.

    Mercredi: On referme les valises entrouvertes et retour à l'aéroport. Ce soir, on dort à Bruxelles. Retour à la maison. On devait passer par la case concert tout de suite après l'atterrissage mais ce dernier a été annulé pour des raisons de santé. Retrouvailles avec le chat, ranger les valises, lancer les machines, lire le courrier. Petit coup de froid et petit coup de blues.

    Jeudi: L'Homme reprend le chemin du boulot. Moi celui du coiffeur et de Mamy L. Je passe embrasser Anaïs aussi qui télétravaille. Et je rentre fissa à la maison pour l'étape repassage et préparation d'une nouvelle valise. Ce soir on joue au badminton et on dort encore à Bruxelles.

    Vendredi: Le matin tôt, je rejoins Mamy B. pour prendre le bus direction l'aéroport. Et rebelote, on s'envole pour Milan. Les Sis et moi, on lui a offert un opéra à la Scala et c'est moi qui l'accompagne. Ce soir on dort à la Scala à Milan.

    Samedi: On repart assez vite en début d'après-midi, fatiguées mais plutôt heureuses. Au retour, pas de passage par la case maison, on raccompagne Mamy et on file avec Quentin et Kerya sur Eupen pour fêter les 60 ans de mon cousin. Chaleureuses retrouvailles avec une toute une série de personnes que je n'avais plus vues depuis longtemps. Ce soir, je dors enfin dans mon lit mais on a bien failli dormir à Eupen.

    Dimanche: Un dimanche à la maison. Enfin. Et une après-midi avec deux petits qui m'avaient tellement manqués pendant ces presque 3 semaines. Ce soir, je m'endors fatiguée mais heureuse.