Auteur/autrice : Myosotis

  • Hoje è Natal

     

    Je ne pouvais pas ne pas lui rendre hommage aujourd'hui. On lui trouvait un visage ingrat, moi je la trouvais belle, très belle. J'ai eu la chance (merci Mamy) de la voir en juin, deux mois avant qu'elle ne quitte définitivement la scène. Je l'ai crue un peu détachée, elle était simplement fatiguée. Mais dès qu'elle chantait, la magie opérait. Adeus, Cesaria.

  • Ils étaient trois petits enfants…

     

    …. qui ne voulaient pas grandir un jour par an. Un seul jour. 

    Un seul jour en décembre, ils demandent à redevenir petits. Ils ont aujourd'hui 24, 22 et 20 ans mais n'imaginent même pas qu'on puisse arrêter cette tradition au pied de la cheminée. Oh bien sûr, ils ne préparent plus un petit plateau avec une tasse de café, quelques biscuits pour le grand Saint et un bol d'eau et quelques carottes pour sa monture. Bien sûr, ils ne se lèvent plus le matin du grand jour, tout excités par l'attente de toute une nuit. Encore que…. 

    Mais le plaisir est toujours au rendez-vous. Pour eux. Pour nous. Un mois avant, je note mes idées glanées au fur et à mesure de conversations entendues, de listes de souhaits, j'achète ici quelques jolis bols pour la cuisine de celle qui s'installe doucement, un pull pour chacun, une crème pour l'une, un brillant à lèvres pour l'autre, la première eau de toilette pour le dernier. L'homme est responsable de l'achat des St Nicolas en speculoos grand format. Un jeu de dames et un tavli. Les pièces en or n'ont plus cours et les mandarines ont également disparu du tableau. Les macarons ont remplacé les sujets en massepain. Et je suis toujours aussi étonnée de les voir heureux de leurs présents.

    Et cette année, comme l'année dernière, les parents ont aussi été gâtés par les trois petits enfants. Marrons glacés et, comme si on s'était donné le mot, des macarons….

    Cette St Nicolas de "grands" est en quelque sorte notre Noël à nous cinq. Ce sera d'autant plus vrai au fil du temps puisqu'un jour ou l'autre, ils ne seront plus là le soir du 24 décembre, belles-familles obligent. 

  • La forza del destino

    Jeudi soir, soirée opéra. Bon, plus ou moins disons. Nous avons testé la formule Viva l'Opera où un opéra est retransmis, en direct ou pas, au cinéma. Il manque la vibration de la salle, c'est sûr, mais cela permet d'apprécier l'opéra d'une certaine manière. Ce jeudi donc, nous avons démarré un cycle de 3 soirées de ce type par "La Forza del Destino" de Verdi. Une histoire complètement abracadabrante comme seul l'opéra ou la tragédie grecque peuvent en inventer.

    Le destin tragique de deux amants. Ils s'aiment mais ne sont pas du même rang et le papa ne veut pas de ce manant pour sa fille (en fait, il ne sait pas que c'est un noble qui se cache parce que sa tête de prétendant à un trône inca est mise à prix). Sa fille décide toutefois de s'enfuir cette nuit-là avec son chéri. Pas de bol, le père les surprend. L'amoureux, menacé par l'épée du père, jette son pistolet aux pieds du père en signe de reddition. Pas de bol, la chute actionne le pistolet et une balle blesse mortellement le papa. Les amants prennent la fuite. Pas de bol, ils se perdent de vue en chemin. Pendant ce temps, le frère de la miss jure de venger leur père et l'honneur de la famille. Croyant son amoureux mort, elle se réfugie dans un monastère et demande à vivre en ermite dans une grotte. Pas de bol, demande acceptée. Pendant ce temps, l'amoureux se met au service de l'armée italienne. Il espère être tué au combat, puisque lui aussi croit sa dulcinée six pieds sous terre. 

    Un jour, il prend la défense d'un soldat pris à partie par lors d'une bagarre et lui sauve la vie. Le soldat lui jure une reconnaissance éternelle. Pas de bol, ils découvrent très vite tous deux que l'un est l'amoureux maudit de sa soeur, l'autre qu'il est le frère de sa chérie. La reconnaissance éternelle est vite remplacée par la promesse d'une vengeance terrible, non assouvie de justesse par une patrouille de police qui empêche le massacre. L'amoureux se réfugie où ? Dans un monastère pardi ! Pas de bol, on ne lui dit pas qu'il y a une grotte pas loin où vit un(e) ermite. 

    Re-pas de bol, le frère le retrouve après 5 ans et vient le provoquer en duel au monastère. Rendez-vous est pris à l'extérieur. Où ça ? Près d'une grotte, voyons ! Et qui est dans la grotte ? Et voilà les amants enfin réunis. L'amant blesse mortellement le frère, la soeur court aux pieds du frère mourant qui rassemble ses dernières forces pour lui asséner un coup mortel. Vraiment vraiment pas de bol !

    Pas de happy end donc mais Verdi, ah Verdi ! Il a tout pour me plaire. Italien, Parmesan de surcroît, engagé politiquement, romantique, compositeur éblouissant, et tellement beau avec ça, bref je craque. 

  • Demi-teintes

     

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    Je sais que j'ai une propension surdimensionnée à voir le joli côté des choses, à me comporter comme une "ravie de la crèche", expression que j'adore et que m'a fait découvrir Célestine. Je ne dois même pas me forcer, je suis naturellement contente. Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis née comme cela parce qu'on me rappelera vite fait que, petite, je boudais beaucoup. Mais de toute évidence, cela m'est passé.

    Ce soir, après un weekend heureux, dans les Ardennes cette fois, avec J. et S. et C. et M., je vais essayer de râler un peu et de trouver les petits nuages de ces deux jours. Je me force, je me force….

    – La chambre de l'hôtel était super obscure. Le pire, c'était que c'était voulu, lumière hyper tamisée, bougies partout, murs foncés… Le soir, c'est joli, la journée, ça l'est beaucoup moins. A force, cela devient déprimant…

    – La cheminée dans le salon de l'hôtel refoulait. On a beau être en Ardennes, être parfumée au jambon fumé, très peu pour moi….

    -Il n'a pas arrêté de pleuvoir. On a visité l'abbaye d'Orval sous la pluie, marché deux heures le dimanche sous la pluie et dans la gadoue. Je n'ai quasi rien vu de la promenade, tant j'étais concentrée à regarder où je posais les bottines.

    – Ca m'énerve qu'on suppose que je n'ai pas pris mes chaussures de marche sous prétexte que je ne suis pas une sportive. Alors quand l'Homme utilise mes genoux douloureux pour éviter de faire une promenade juste avant le retour, au lieu de dire qu'il n'a pas envie qu'on rentre tout crasseux dans sa voiture, c'est lui qui se prend mes yeux revolver.

    – J'ai passé la première nuit à essayer de garder tout ce que mon estomac aurait préféré évacuer. A mon avis, les épinards n'étaient pas frais.

    – Un sms professionnel est venu me gâcher une partie du weekend à l'idée que lundi matin, il faudrait préparer des documents en urgence, avant 9 heures. Stress garanti pour débuter la semaine.

     

    Mais voilà, chassez le naturel, il revient au galop:

    – Le lit était moelleux, confortable et tout et tout. La baignoire était super profonde et quand même les bougies dans la salle de bains, c'est joli.

    – Malgré la pluie, l'abbaye d'Orval valait le détour, sans compter la bière et les excellentes tartines au fromage et au jambon d'Ardenne après la promenade.

    – La cueillette du gui par la druidesse J. valait toute la promenade.

    – On n'a pas arrêté une seconde de parler, des bienfaits de l'alimentation bio aux voeux de chasteté des moines, de l'enseignement des mathématiques aux souvenirs de ski, des avantages et inconvénients d'Apple, des i-phones et des tablettes aux plaisirs de la table.

    – J'ai passé deux jours avec des amis avec lesquels je ne m'ennuie jamais et le temps avec eux passe toujours trop vite.

    – On a vraiment des maris exceptionnels. Ou alors, on a vraiment été bien inspirées le jour où on a croisé leur chemin…

    – Le coup de fil d'Anaïs après son premier cours de harpe "Maman, c'est trop trop trop bien !" était une explosion de bonheur qui a fait office de rayon de soleil pour le weekend.

     

  • Paroles à guérir – Jacques Salomé

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    Paroles à guérir   

    Quand il y a le silence des mots, 
    Se réveille trop souvent la violence des maux. 
    Mais il ne suffit pas de rompre le silence, 
    Et de sortir du mutisme, 
    Encore faut-il se sentir reçu, entendu et amplifié 
    Lors de ses tâtonnements à mettre en mots. 

     
    Il y a des mots vibrants de vie, 
    Des mots ferveur pour l'amour, 
    Des mots patience ou enthousiastes pour la compassion, 
    Des mots de tolérance pour la liberté d'être. 

     
    Il y a des mots porteurs de mort et de violence, 
    Chargés de haine et d'inimitié. 

     
    Il y a des mots simples et nécessaires du quotidien 
    Et les mots rares de l'exceptionnel, 
    Les mots familiers de la banalité 
    Et les mots précieux de l'extraordinaire. 
    Il y a les mots économes de la survie 
    Et ceux dont la richesse 
    Nous transporte vers le meilleur 
    De l'autre et de nous-mêmes. 

    Il y a des mots obscurs, hésitants, torturés, 
    Des mots balbutiants et aussi des mots posés 
    Et confiants déjà plus matures, 
    Pleins de sagesse et de sérénité, 
    Lourds de tout leur poids d'espoir 
    Et du sens profond qu'ils portent. 
    Il faut déjà du temps pour qu'un ressenti, 
    Une émotion, un vécu trouvent le chemin des mots, 
    Pour qu'ils migrent des lieux du corps où ils naissent 
    Et s'inscrivent, 
    Jusque sur la scène symbolique de la représentation, 
    Et qu'ils accèdent ainsi au registre de la pensée, 
    Par un subtil travail de transformation 
    Qui mène de l'irreprésenté au figurable, de l'informulé au dicible. 

    Il faut parfois bien plus de temps encore, 
    Pour qu'un mot devienne parole, 
    Pour qu'il sorte des limbes de l'imaginaire 
    Où il a été conçu et vienne ainsi au monde 
    Dans le passage étroit et délicat 
    Qui va de l'impression à l'expression, 
    De l'ouverture de soi à la transmission à l'autre. 

    Au début était le Verbe 
    Et donc l'énergie du souffle vital. 
    Notre existence est tissée 
    De toutes les tentatives d'échanges et de partages 
    Qui ont jalonné les différetes étapes de notre vie. 
    Notre bien-être se nourrit ainsi de la qualité 
    Des relations significatives amorcées, acceptées, 
    Nouées et entretenues dans la durée, 
    Avec des êtres que nous avons côtoyés. 
    Et notre état de santé est exactement proportionnel 
    À notre capacité à nous respecter face à autrui. 

    Il y a des mots toxiques et des mots blessants, 
    Des mots qui distillent leur venin ou leur aigreur, 
    Bien au-delà du temps où ils ont été prononcés. 
    Je peux imaginer que beaucoup ont déjà appris 
    À ne pas les garder, à ne pas laisser trop longtemp fermenter 
    En eux les disqualifications, les humiliations, 
    Les propos destructeurs 
    Ou simplement négatifs et néfastes qui leur ont été adressés.

    Il y a, bien sûr, des mots cadeaux, 
    Des mots de grâce, des  mots bénis et des mots magiques 
    Que nous pouvons amplifier en nous. 
    Des mots graves et des mots plaisirs, 
    Des mots éveil et des mots envol, 
    Des mots rires et des mots tendres, 
    Des mots si féconds et si lumineux 
    Qu'ils restent longtemps en nous, 
    Tels des germes qui fleuriront 
    Aux instants les plus inattendus de nos jours. 

    Une parole pleine a des vertus curatives 
    Et une puissance thérapeutique, 
    Elle possède un fort pouvoir de vie, quand elle ne juge pas, 
    Quand elle ne dicte pas, quand elle n'enferme ou ne dépossède pas. 
    Une parole soigne quand elle permet de penser 
    Les douleurs et les souffrances intimes, 
    Un "penser" qui peut s'écrire aussi avec un a 
    Quand il panse les blessures et les mutilations anciennes 
    Jusqu'à la cicatrisation. 
    Et je trouve beau de faire mémoire 
    En son vivant 
    De mots qui ont en nous assez d'énergie 
    Pour nus faire avancer et croître. 
    Une parole guérit lorsqu'elle nous invite 
    À reconnaître le sens, 
    Et à trouver l'enjeu caché 
    D'une mise en maux. 

    Une parole libère lorsqu'elle stimule 
    Une mise en lien, qu'elle devient 
    Un pont, une passerelle 
    Entre deux événements, 
    Entre deux moments de notre histoire 
    Et qu'elle nous amène, non seulement 
    À rendre plus conscient un peu de notre inconscient, 
    Mais à regarder et à voir autrement 
    Tout ce que nous savons déjà. 
    Une parole nous conduit à sortir 
    De nos pièges er de nos répétitions, 
    Elle nous déloge de notre tendance à la "victimisation", 
    Lorsqu'elle suscite des échos et des résonnances 
    Sufisamment profondes pour pouvoir enfin être entendue 
    Par celui-là même qui l'énonce. 

    Ma grand-mère se plaisait à rappeler 
    Que la véritable écoute est une écoute dense (danse) 
    Tissée de silence et d'acceptation, 
    Prolongée par des regards, 
    Soutenue par une respiration et une présence. 
    Une qualité d'écoute qui permet 
    Justement à celui qui parle 
    D'entendre enfin ce qu'il dit.

    Puis-je rappeler qu'un livre a toujours deux auteurs, 
    Celui qui l'écrit et celui qui le lit. 
    Et poursuivre avec cette invitation : 
    Vous convier à inventer et à offrir à votre tour, 
    Aux moments clés de votre vie, 
    Des paroles à guérir.

    Jacques Salomé

  • 2 jours pour 3 Sis’

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    Depuis qu'elle étudie comme une malade – en gros depuis deux ans -,  Swiss'Sis n'a plus le temps pour rien. Elle continue à travailler en parallèle comme une stakhanoviste. Elle s'autorise à peine un peu de vacances, parvient à grand peine à ne pas négliger sa maison. Elle ne bricole plus, cuisine le minimum vital et se limite au minimum syndical pour s'occuper de son mari. Elle s'est jurée que lorsqu'elle aurait mis un point final à sa thèse, elle se lancerait à corps perdu dans une journée de shopping effrené avec ses soeurs.

    Le point final a été posé, le ticket de train réservé et la voilà courant, volant même – des ailes lui ont poussé dans le dos -, vers nous.

    Une journée de shopping intensif à nous trois, rien que du bonheur. Le soleil nous a accompagnées toute la journée. Nous ne nous sommes même pas arrêtées pour manger, c'est dire l'intensité. On a mis à peu près deux heures pour faire une seule rue. On s'est acheté, elle deux paires de chaussures, nous une robe chacune. Des petits cadeaux insignifiants pour l'un ou l'autre. Un livre de cuisine chacune. Et une paire de boucles d'oreille chacune.

    On a parlé, parlé, parlé (de tout et de rien, pour ne rien dire, pour tout se dire), on a ri, ri, ri (enfin souri, ri et ricané), on a comparé, vilipendé, encensé nos hommes respectifs. 

    Le soir, nous nous sommes retrouvés tous autour de la table avec les parents, deux de nos hommes et la plupart des petits-enfants pour un délicieux pain de viande préparé par l'Homme.

    Comme des enfants, on a déballé nos achats. Par jeu, on a mis les trois paires de boucles d'oreille sur la table pour que chacun identifie la paire correspondant à chaque fille. A une exception près, personne ne s'est trompé. A croire que nous sommes terriblement typées dans trois genres différents 🙂

    Le lendemain, elle reprenait déjà le train de midi. Mais on s'est juré qu'on recommencerait très très vite.

  • La machine à courber les bananes

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    Je connaissais l'expression "Il n'a pas inventé l'eau chaude" ou "il n'a pas inventé la poudre" ou encore "il n'a pas inventé le fil à couper le beurre".

    J'ai découvert au hasard d'une lecture: "Il n'a pas inventé la machine à courber les bananes". J'ai adoré.

    Du coup, j'en ai cherché d'autres. Pêche miraculeuse, voici la liste des choses qu'un pas trop malin n'a pas inventé:

    • la poudre
    • le bouton à quatre trous
    • la machine à défriser le persil
    • la chute des feuilles
    • la marche arrière
    • l'eau pétillante
    • le parapluie

    Si vous en connaissez d'autres, je suis preneuse 🙂

     

  • Que du bonheur !

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    Je fais collection de petits moments tout doux, j'engrange ces pépites pour d'éventuels jours plus durs. Je sais que j'ai de la chance d'être tombée dedans depuis que je suis née mais je ne peux pas m'empêcher d'être contente. Je déjeûnais avec un collègue la semaine dernière qui me disait être heureux, content de sa vie pour le moment. Il me demandait mon avis et je lui ai répondu spontanément: "je suis heureuse à 150%. Si je regarde les 50 ans qui viennent de s'écouler, je ne jette rien ou si peu."

    Et tout me ravit:

    – le weekend que l'on vient de passer en Touraine, chez Olivier et Véro, la douceur de vivre qui les accompagne, le temps offert, le cadre dans lequel ils vivent, conscients eux aussi de la chance qu'ils ont. 

    – le moelleux incomparable du lit dans lequel nous avons dormi comme des marmottes.

    – la sieste annuelle que je me suis offerte.

    – l'incroyable Nutella maison préparé par Vero (Praliné de côte d'or, lait concentré sucré, beurre, ….)

    – sa tarte aux pommes tout simplement exquise.

    – la conversation en "live" sur F@cebook avec Célestine (un vrai moment de bonheur virtuel, plus riche en une demi-heure que en mois de commentaires).

    – la perspective d'un weekend shopping entre soeurs dans une dizaine de jours.

    - le petit moment passé avec Anaïs sur la tombe de mes grands-parents, à nettoyer à la brosse à dents, les lettres encrassées de terre de leurs noms; le soleil sur le dos, piquant des fous rires à l'arrivée de l'autobus qui s'arrête juste à notre hauteur, les passagers perplexes devant notre activité surprenante au cimetière.

    – les premiers repérages dans les magasins pour les cadeaux de Noël et les idées qui commencent à affleurer pour (tenter de) faire plaisir aux uns et aux autres.

    – les deux livres en cours pour le moment qui m'emmènent l'un et l'autre loin, très loin d'ici. L'un m'emmène dans le Japon d'avant la guerre, chronique familiale de 900 pages, tout de suite le temps ralentit. L'autre m'isole dans les transports en commun et me transporte dans le désert en compagnie de candidats réfugiés.

    Et tant et tant d'autres petites douceurs….

     

  • La petite flamme

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    Nous l'avons enterré il y a un an. Six mois plus tard, quelques-uns parmi nous ont eu l'idée de nous rassembler en souvenir de lui. C'était un pari un peu fou. Retrouver et rassembler un certain nombre de jeunes, devenus moins jeunes, qui s'étaient retrouvés été après été, ou hiver après hiver, ou, pour les plus assidus, hiver après été de chaque année, entre 15 et 20 ans, autour de ce sacré bonhomme. 

    Il était moine, passionné de musique – de Bach en particulier, et il animait les retraites organisées pour les écoles à la demande des professeurs de religion. Vu le succès de ces retraites, il s'était lancé dans un projet un peu risqué: organiser ces retraites deux fois par an pour les jeunes de 15 à 20 ans intéressés. Le succès a été immédiat et n'a cessé de croître. 

    Nous avons vécu là des moments extraordinaires, gonflés de tout l'idéalisme de notre adolescence, prêts à soulever des montagnes pour rendre le monde un tout petit peu plus tolérant, un tout petit peu plus ouvert, un rien plus heureux, un rien plus beau. Saison après saison, nous avons entretenu la petite flamme. 

    Certains sont restés proches, voire très proches, après avoir dépassé la limite d'âge de ces retraites pour adolescents et se sont retrouvés régulièrement. Mais la plupart se sont perdus de vue.

    Alors oui, ces retrouvailles après plus de 30 ans étaient un vrai défi. Nous avons vraiment eu besoin de nous présenter pour nous identifier. "Moi, je suis une telle et toi ?" "Ah c'est toi ? Et bien moi, je suis un tel." "Nooon ?" Cheveux gris, calvitie naissante ou franchement avancée, petits ou gros bedons, légers empâtements, lunettes pour la plupart, rides plus ou moins creusées, stigmates de la maladie ou de la vie tout simplement… Personne n'a cherché à cacher sa surprise, certains ont amené des photos de nous, en groupe, vieilles de 30 ans. On a dit ou entendu: "Ah oui, cette fille-là, je m'en souviens, c'était une telle !" "Ah ben oui, c'était moi !" Gloups !. "Et lui là avec son pull gris, c'est qui, sa tête me dit quelque chose ?" "Ah et bien lui, c'est mon ex-mari". Re-gloups !. 

    Mais le bonheur était au rendez-vous, et notre joie n'était même pas feinte. On a revisité tous les coins mythiques de ce monastère, le couloir "transsibérien" – reliant les bâtiments pour hôtes et l'aile réservée aux moines -, le Moulin, le Cénacle ou l'Asekrem, l'église, le réfectoire et les cuisines où on se serait presque disputé pour faire la vaisselle. 

    On a passé une journée entière tous ensemble à se redécouvrir, se raconter le passé, formuler timidement de nouveaux projets.

    Et le plus merveilleux de ces retrouvailles a été de retrouver chez ces 30 cinquantenaires la petite flamme intacte, des instituteurs heureux, des enseignants plein de fougue et de motivation, des notaire, vétérinaire, infirmières, fonctionnaires, journalistes, engagés, motivés, prêts encore à tous les combats.

    J'en reviens gonflée à bloc, pleine d'envies d'en découdre encore un maximum !

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  • Fatiguée mais contente

     

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    Lundi: Une journée à Paris avec Véro, le plaisir de papoter des heures, un peu de lèche-vitrines, un peu de shopping – on a découvert un styliste japonais, ancien assistant de Kenzo, Irié Wash. C'est elle qui a poussé la porte, c'est moi qui en suis sortie avec une robe. Un petit tour sur les quais, côté bouquinistes et un vieux livre de cuisine d'Antonin Carême dans la poche. Et retour à la maison.

    Mardi: Cours de cuisine vietnamienne avec Anaïs. Il y a quinze jours, on avait testé le cours de macarons. Très bof bof. Cette fois, la déception a été encore plus grande et on ne nous y reprendra plus. Un, le pseudo-chef s'annonce lui-même amateur, deux, il ne s'occupe pas de nous, considère que "celles qui font le dessert, c'est la planque" – pas de chance, c'était nous -, trois, il ne peut pas répondre à des questions pas très compliquées, et quatre, c'était même pas bon.

    Jeudi: Désordre public. Très chouette pièce. Complètement décalée mais il y a longtemps que je n'avais plus ri avec autant de bonheur. 

    Vendredi: Conférence sur la gestion des ressources humaines dans le secteur public. Très intéressant. J'avais un peu oublié à quel point la GRH est différente entre le public et le privé. Une certaine stabilité d'emploi dans le public, certes de plus en plus relative mais néanmoins encore pas mal garantie en échange de procédures lourdissimes dans tous les domaines que ce soit dans les appels à marché ou, plus particulièrement en matière de RH dans les procédures de sélection. De quoi rafraîchir ma mémoire, même si je ne suis pas prête d'oublier, moi qui ai naïvement importé du privé des méthodes de sélection expéditives: trois piles, les CVs intéressants, les CVs inappropriés et les "à voir". De quoi se prendre un audit carabiné où l'auditrice en chef a bien faille me mettre au bûcher pour hérésie.

    Samedi: Il y a deux ans, on s'était promis de remettre le couvert tous les ans mais le temps nous échappe. Cette année, on y est arrivés et on s'est à nouveau offert une belle cousinade. Cette fois, Swiss Sis' et mon filleul préféré manquait à l'appel mais la plupart avait répondu présent. Preuve s'il en est que tout le monde apprécie de se retrouver au moins tous les deux ans si pas tous les ans. Tout de même, cela reste plus sympa que de se retrouver aux enterrements. Et comme il ne faut plus trop compter sur les mariages et les baptêmes….

    Dimanche: Une journée pour tout ranger, tout nettoyer – merci les enfants ! – et en soirée, j'ai accompagné Maïté – qui n'a trouvé que moi pour l'escorter – à la projection d'un court-métrage avec débat. Le film déplore en long et en large l'impact insoupçonné de l'image de la femme véhiculé par la télévision italienne depuis plus de 30 ans. Le débat, lui, était assez édifiant sur le manque d'empathie entre les différents interlocuteurs. Plutôt qu'un débat, on a assisté à un échange de monologues. Y'a encore du chemin à tous les niveaux !

    Plus interpellant encore, le mini-métrage de 3 minutes avant la projection proprement dite. De quoi nous ouvrir les yeux sur les images publicitaires qui ne nous choquent même plus, faute de les regarder vraiment. Une claque en pleine figure!