Auteur/autrice : Myosotis

  • Libre ?

    Free

     

    Je me suis amusée à faire un petit test de psycho de comptoir supposé analyser mon niveau de liberté. Suis-je libre ? 

     

    Vous partez en vacances dans 1 mois : 

     
    Alors, vous m'auriez posé la question l'année passée, je vous aurais dit: Non, mais c'est une blague ? Mais ma bonne dame, tout est planifié depuis janvier, on sait où on va, la maison qu'on loue, les étapes qu'on fait sur la route, tout quoi. Si par un concours de circonstances , en mars, on n'a rien de prévu, je stresse à mort. 
    Mais en fait, cette année-ci, total lâcher prise.  Fin mai, on ne savait toujours pas où on allait en juillet. On risquait même de rester à la maison et de faire des travaux de rénovation. 
    Je ne me reconnais pas, ce n'est pas moi du tout ça. Alors je ne sais pas quoi cocher…..
     
     

    Votre profession : 

    C'est clair, j'ai laissé le hasard faire les choses. J'avais un attrait certain pour les mots dans quelque langue que ce soit, j'étais de toute évidence plus littéraire que scientifique mais après deux années dans la traduction et six ans dans le monde bancaire, je suis tombée dans le chaudron des ressources humaines tout à fait par hasard, sans rien en connaître. Et je ne suis jamais sortie du chaudron. Je suis partie en Italie par deux fois, tout à fait par hasard. Je me laisse guider, je me donne vaguement l'impression que je choisis mais en fait les circonstances de la vie choisissent pour moi. 

     

    L'idée de tout plaquer et de partir :

     

    C'est sûr, cette idée m'est totalement étrangère. Je dis ça mais en même temps, je suis partie deux fois, me direz-vous. Oui, mais pour partir, l'Homme a dû me pousser dans le dos, voire même me botter l'arrière-train. 

     

    Dans 1 semaine c’est l’anniversaire d’un de vos proches : 

     En général, une semaine à l'avance, l'affaire est dans le paquet cadeau. Et j'y pense depuis bien plus longtemps. Je suis organisée comme un métronome. Je connais les dates d'anniversaire de chacun. C'est bien simple, il y a certainement 200 jours de l'année où quelqu'un que je connais a son anniversaire. Famille, amis, collègues, connaissances, tout le monde est fiché dans un coin de mon cerveau. Et je passe une bonne partie de tous mes weekends à la chasse au cadeau. Et puis quelquefois, c'est vrai, je sèche, je n'ai aucune idée de ce que je pourrais offrir. Et dans ce cas, une autre partie de mon cerveau travaille en permanence à la recherche du cadeau possible. Sans que ce soit conscient. Et puis soudain, un neurone spécialisé envoie un message en surface pour m'informer de sa trouvaille. Et l'affaire est dans le paquet cadeau.

     

    Quand vous organisez un événement (anniversaire, mariage, diner) : 

     Pardi, j'invite tout le monde pour ne blesser personne. C'est ainsi que pour mes 50 ans j'ai invité tous mes collègues plutôt que de faire un tri sur le volet. Et bien sûr, je regrette d'en avoir invités certains. Mais c'est ainsi.

     

    Avez-vous déjà acheté quelque chose de cher sur un coup de tête ?

    Disons que oui, cela peut arriver. Mais franchement, c'est plutôt rare. Et si c'est le cas, avant le coup de tête proprement dit, càd plus précisément au moment de passer à la caisse, je vais réfléchir intensément, au point de me torturer les méninges. Oui, non, oui, non….. Et quand le oui gagne le combat, alors on peut parler de coup de tête.

     

    Lors d’une conversation : 

     A votre avis ? Je fais super attention à ne pas aborder les "sujets qui fâchent". Surtout avec l'Homme qui m'accompagne. 

     

    Résultat: 

    Vous ne vous sentez pas libre. 

    Vous avez du mal à vous affirmer et à résister aux pressions sociales et familiales. Vous avez tendance à vous conformer et à mettre de côté vos envies. Attention à ne pas trop vous perdre, s’écouter et se faire plaisir est parfois essentiel.

     

    Bon, ben ça va, je ne me sens pas trop perdue. Je mets peut-être bien parfois de côté mes envies mais d'un autre côté, quand j'ai vraiment envie de quelque chose, je ne lâche pas facilement prise.

    Alors, libre ? Je pense que oui. Je dirais: libre d'accepter ou de refuser toutes les contraintes que je m'impose pour, selon moi, de très bonnes raisons. 

     

  • Chapeau !

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    Chapeau ma fille !

    Non, ce diplôme n'est pas sorti d'un chapeau, comme par magie. Oui, tu en as bavé des ronds-de-chapeau pour te retrouver là. 

    Cette cérémonie de remise de diplômes, remise au goût du jour, sous influence anglo-saxonne, a beau être un peu folklorique, elle n'en reste pas moins émouvante. Quand j'ai eu mon propre diplôme, cela n'existait pas. La première fois où j'ai assisté à ce genre de cérémonie, c'est quand ma très studieuse Swiss'Sis a obtenu son deuxième ou troisième master, mais comme c'était délivré par une université américaine détachée en Suisse, cela n'avait rien d'étonnant. Cela n'en restait pas moins émouvant. Surtout sur l'air de Pomp and Circumstance. Puis il y a eu la remise du bac européen pour chacun des enfants où j'ai encore réussi à verser ma petite larme.

    Et aujourd'hui encore, je n'ai pas pu m'en empêcher. Ce n'est pas que j'attache une importance vitale à ce diplôme. Même si j'ai poussé-tiré pour que chacun essaye de décrocher ce sésame. A tort peut-être. A force d'insister, nous les avons peut-être enfermés dans un cadre qui n'était pas le leur. Mais si nous pensions vraiment – et nous le pensons toujours – qu'ils en étaient intellectuellement capables, nous n'avons peut-être pas assez mesuré à quel point la capacité intellectuelle n'est pas tout en la matière. La confiance en soi ne naît pas de la certitude d'une quelconque supériorité intellectuelle. Parfois même, bien au contraire. Et l'assiduité, la persévérance sont des qualités probablement intrinsèques que la génétique ne distribue pas nécessairement équitablement. 

    Mais si le diplôme ne fait pas le Mensch, il faut reconnaître le travail et le courage qui se cachent derrière ce petit bout de papier et je l'admire pour cela.

    C'est clair, ce diplôme n'est pas sorti comme un lapin d'un chapeau !

     

     

  • Premiers jours d’automne

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    Lundi: Reprise des cours de portugais. Je pensais qu'après trois mois d'interruption, j'aurais déjà tout oublié et je me suis surprise à retrouver très vite les mots, les conjugaisons, la grammaire, à comprendre tout ce que Maria disait et à y trouver beaucoup de plaisir. Pourtant quand elle a annoncé que le cours risquait d'être déplacé au mercredi – ce qui ne me convient pas du tout, je ne vais tout de même pas renoncer au badminton -, j'ai immédiatement pensé que je remplacerais le portugais par le japonais pour cette année. Incorrigible, je sais, mais je ne vais tout de même pas perdre une année sans langue :-).

    Mardi: Je me suis décidée à aller chez le médecin et me laisser faire cette infiltration. Il a anesthésié légèrement l'endroit de la piqûre et je n'ai quasi rien senti de l'injection. Il m'a même demandé si je sentais déjà la différence. Et de fait, miracle, je ne sentais quasi plus de douleur. Mais une demi-heure plus tard, l'anesthésie s'est évaporée et j'ai vraiment peu apprécié la diffusion du produit dans mon bras. Et cerise sur le gâteau, le médecin considère qu'il y a plus que probablement une indication pour une intervention chirurgicale. Cela me réjouit infiniment, cette perspective d'immobilisation de quelques semaines voire mois. Seul un arthroscanner permettra un diagnostic sûr. Bon, faut maintenant que je me décide à prendre ce rendez-vous là.

    Jeudi: Envol pour notre escapade annuelle avec J. et S.. Rien ne pouvait me faire autant de bien. Tout oublier, un ciel sans souci, une compagnie sans nuages. Atterrissage à Rome, deux heures de route et un agritourisme en pleine campagne. Fatiguée mais déjà relax.

    Vendredi: Un chaton joue les intrus dans notre chambre et résiste aux récriminations de l'Homme qui lui interdit de se vautrer dans la valise ouverte. La journée commence souriante. Débat animé au petit déjeuner, controverse autour d'Uber. J'adore quand Stefano trouve toujours avec calme et pondération les arguments qui contrent un peu l'Homme toujours au combat. Le hasard de la route nous fait passer à une centaine de km de Sienne. Ils se sont mariés là il y a bientôt dix ans et je ne vois pas pourquoi on ne leur offrirait pas le plaisir d'y passer, dix ans plus tard. Petit moment doux dans la ville coquillage. Mini stop au cimetière où repose le grand-père de Stefano, à défaut d'avoir trouvé le cimetière de la grand-mère. Mais on compte sur le nonno pour passer le message. Un peu de shopping, où j'ai fini par acheter ce petit manteau en pilou gris que j'avais essayé à Turin avec mes sorcières, ré-essayé avec l'Homme et les enfants et toujours pas craqué. Plaisir d'avoir craqué malgré les moues de l'Homme en été.

    Le soir, magnifique coucher de soleil rose, qui annonce la pluie. Repas divin mais dans une ambiance feutrée, sombre et silencieuse, totalement incongrue pour l'Italie. Mais il est vrai que rares sont les Italiens dans ce magnifique domaine pour touristes posés. 

    Samedi: Visite du vignoble de Sassicaia, prétexte initial de cette escapade. Dégustation de ce vin d'exception et de ses petits frères, histoire de bien tenir la comparaison. Moment rare. Journée de pluie qui se termine sur la plage pour un coucher de soleil qui enflamme d'or tout ce qu'il touche, se jette dans la mer, face aux courbes parfaites d'un arc-en-ciel complet jaillissant de la montagne. Un instant magique.

    Le soir, retour dans cet agritourisme qui a vu nos enfants petits puis grands s'émerveiller de toute la bontà de la cucina italiana à profusion et plaisir de partager cela avec ces amis-là.

    Dimanche: Direction Bologne, soleil délicieux, flâneries encore et toujours, apéro en terrasse et déjeuner dominical à l'Osteria dei poeti pour finir en beauté. Retour à la maison heureux et les batteries rechargées à bloc.

  • Les bulles, les ondes et les peaux de banane

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    Ma vie est faite de bulles de champagne ou de savon, d'ondes de chaleur et quand même, pour être comme tout le monde, de petites peaux de bananes.

    Les bulles de la semaine:

    Les conversations Whazup avec les cinq. La petite maligne qui a créé ce groupe n'imagine même pas à quel point cela me fait plaisir d'échanger comme ça, bêtement, pour rien, quelques infos, quelques jeux de mots, quelques rires, n'importe où, n'importe quand.

    Maïté qui veut une "boîte à outils gâteaux", à matériel de pâtisserie pour être plus précis, parce qu'elle veut s'entraîner à faire de beaux gâteaux comme maman pour sa future ribambelle; Maïté qui veut être une maman tout terrain. Je fonds…..

    La gratitude de ce collègue à qui j'offre un poste nouveau pour lui. Il était sûr de ne pas avoir réussi l'entretien tant son stress crevait les yeux, malgré une préparation en béton. Et moi, je n'ai retenu que cette préparation en béton. 

    La générosité de son collègue direct qui lui, n'avait pas été aussi brillant à l'entretien, alors que c'était lui que je pressentais pour le poste. Il savait avant l'autre à qui j'offrais le poste et il l'a attendu dans le couloir pour le féliciter au sortir de mon bureau. Et c'était sincère.

    La fête d'anniversaire de Liviu et le plaisir de danser librement en mode disco années 80.

     

    Les ondes de chaleur:

    Les vraies, les physiques, celles que le soleil dépose sur le dos en ces premières journées d'automne.

    Celles qu'envoient les mains expertes du shampouineur/masseur de crâne, à condition que je me laisser aller.

    Celles que provoquent la couverture chauffante dont me borde l'esthéticienne, rien que pour me faire du bien.

    La formation pour coachs de ces deux derniers jours. La première demi-heure, j'aurais voulu m'enfuir tellement je déteste ce genre de formation à l'américaine. Et au bout d'une heure, j'étais complètement dedans, bluffée par l'honnêteté et la générosité des participants.  

    "La Création" de Joseph Haydn avec Mamy. Tout simplement sublime. 

     

    Les peaux de banane:

    La douleur persistance au niveau du bras et de l'épaule et fulgurante lors de mouvements brusques comme lorsque je me brûle accidentellement avec la vapeur du fer à repasser. Les larmes coulent toutes seules.

    La prise de poids sur laquelle j'ai perdu tout contrôle. Je n'ai jamais eu de tablettes de chocolat mais là, je suis passée en mode muffin-pudding. 

     

  • En vrac

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    Je n'ai plus le temps, je suis dépassée…..

    Je voudrais écrire mais tout se bouscule….

    Alors je jette mes pensées en vrac, sans rien structurer….

    Je suis fatiguée, le boulot est un tourbillon, je me surprends à m'arrêter subitement dans un couloir, à ouvrir la bouche pour avaler une goulée d'air. Comme si j'avançais en apnée.

    J'ai travaillé de 15h à 23h hier dimanche, sans m'arrêter à l'exception de dix minutes pour avaler 3 spaghetti que l'Homme avait préparés.

    Le boulot est plus qu'intense mais le stress relationnel que j'ai vécu depuis quatre ans avec les deux chefs précédents a disparu. Et c'est inestimable.

    Anaïs s'est fait opérer il y a dix jours d'un hallux valgus et tout se passe bien. Je la soupçonne de me dire qu'elle n'a pas mal pour ne pas m'inquiéter, moi qui envisage de faire la même chose en début d'année prochaine.

    Déjà un an que Hanka nous a quittés et elle est plus que jamais présente dans tous les petits cadeaux qui entourent notre vie quotidienne et qu'elle a semés pendant toute ces années.

    Mon épaule et mon biceps sont toujours bien douloureux et je ne sais pas trop comment je vais éviter l'infiltration. J'enrage.

    L'autre jour, quand Anaïs s'est fait opérer, je suis restée cinq heures dans les couloirs de l'hôpital et c'est un monde. Je me dis que si j'avais le temps, je me planterais pendant des heures dans ces endroits qui grouillent de monde et je prendrais des notes. Il y a tout le matériel pour les études sociologiques: les infirmiers et infirmières attentionnés, les imbéciles, les presque méchants, les pros, les chouchous de monsieur le docteur, il y a les patients polis, timides, impatients, agressifs, il y a les visiteurs polis, timides, impatients, agressifs, les conversations clichés, idiotes, discrètes, moins discrètes.

    On a repris le chemin des théâtres et des opéras. Pur bonheur. La Tosca, l'Elisir d'amore – divin -, les trois mousquetaires – ah d'Artagnan ! -, ….. 

    Je m'arrête là. Finalement, les pensées en vrac, ce n'est pas si mal. Je devrais peut-être me laisser faire de temps en temps…..

  • Anniversaires en cascade

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    C'était son anniversaire et c'est elle qui nous a invités. Alla grande. Deux nuits dans un magnifique hôtel suisse, vieux de plus de cent ans, face à une cascade immense, un lac aux eaux turquoises et à côté du plus vieux funiculaire d'Europe. Un séjour magique.

    Elle ne voulait rien d'autre que réunir toute la famille et ce fut de nouveau un de ces moments mémorables. Il ne manquait que Simon et Kerya, l'un retenu pour préparer la défense de mi-parcours de son doctorat, l'autre pas encore sûre de pouvoir venir au moment où il a fallu réserver les chambres. 

    Elle a offert la grande suite aux parents et leur chambre est devenu le point de ralliement aux moments-clés de ces deux journées. Rassemblement avant le premier dîner, rassemblement avant le déjeuner, rassemblement avant le départ en promenade le long de la cascade puis le autour du lac avec retour en bateau à aubes et funiculaire. Féérique. 

     

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    Et enfin, rassemblement avant le dernier dîner, champagne pour fêter la cinquantenaire….. et Papy dont c'était également l'anniversaire le jour même. 

    Fins de soirée, affalés dans des fauteuils ou autour du billard. 

    S'il n'y avait pas 7 heures de route aller et 7 heures de route retour, on se ferait bien tous les anniversaires là !

    Merci cinquante mille fois, Swiss'Sis !

  • Fin de vacances

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    Vendredi: Cela faisait très longtemps que je n'avais plus passé une soirée seule à la maison. Mes hommes étaient partis charger le bois pour l'hiver et le ramener jusqu'au garage. Je suis rentrée du boulot, j'ai fait quelques parties de Candy Crush, histoire de me vider la tête, j'ai liquidé les légumes de la semaine dans un délicieux minestrone, pris un bain, mangé un petit bout, téléchargé des morceaux que j'avais entendus, découverts et soigneusement notés. Et je me suis offert le luxe d'écouter quelques entretiens avec Amalia Rodriguez. Ces quelques heures pour moi seule sont du pur bonheur. Je ne suis pas un animal solitaire, loin de là, mais quelques heures où je ne dois ni parler à personne ni écouter personne et où je peux meubler le silence comme bon me semble me font un bien fou.

    Samedi: Refaire la couleur, l'épilation et le soin visage après 4 semaines, c'est encore un moment à moi. Mais cette fois, sans stress puisque personne ne m'attendait pour déjeuner, le transport des bûches se poursuivant toute la matinée. Puis direction La Glanerie, faire l'épilation du jardin qui en avait, lui aussi, bien besoin. Encore un moment de bien-être. Je ne peux pas dire que ce soit de tout repos de tondre cet immense jardin, surtout sous 30° à l'ombre à six heures du soir, mais tout ce vert m'apaise.

    Dimanche: Sur la route du retour, l'Homme, le premier, entend un "petit bruit". D'abord, je n'entends rien mais très vite, le bruit s'accentue peu à peu. Un peu comme si quelque chose s'était dévissé. On arrive à bon port toutefois, l'Homme envisage d'amener la voiture au garage le lendemain, et nous repartons chez G et M pour un chouette dîner entre amis. Le bruit s'est encore amplifié et au retour, vers minuit, un autre automobiliste nous signale qu'une de nos roues ne semble plus tenir que par un fil. Nous avons donc abandonné la voiture sans plus attendre et nous sommes rentrés à pied. 

    Lundi: Pendant que l'Homme fait venir la dépanneuse et prend rendez-vous avec le garagiste pour voir ce qui ne fonctionne pas, moi, je vais passer une radiographie et une échographie pour voir ce qui ne fonctionne pas avec mon épaule. Verdict rapide: luxation du tendon du long biceps. Ca fait chic. Déjà le simple fait de mentionner que j'ai un biceps est valorisant; qu'il soit long est un plus, moi qui suis réputée pour mes bras courts; qu'il soit luxé me fait moins plaisir, surtout quand le médecin me traduit "luxé" par "sorti de son logement". Dû à l'usure et l'usage intensif d'un sac trop lourd.

    Mardi: Le généraliste me prescrit donc des anti-inflammatoires, de la kiné, de la patience et une révision du plan sac. Ca promet, moi qui génétiquement suis programmée pour transporter toute ma maison dans un sac (portefeuille, porte-monnaie, trousse de maquillage (toujours être fin prête), brosse à cheveux, clés de ma maison, du bureau, de la maison des parents, téléphone, un sac plastique okazou, des pansements okazou, un petit carnet (celui que Célestine m'a offert un jour à Paris…..), une trousse de bics – au moins cinq – (si jamais je peux dépanner quelqu'un). Et je n'ai pas mon dé à coudre comme ma grand-mère ou un petit pot de lait comme ma maman au cas où on prendrait le café à l'improviste….

    Mercredi: Journée de retrouvailles. Le midi avec Cat, toute bronzée mais torticolée. Le soir avec Josiane et Stefano, au badminton, tout aussi bronzés et pas torticolés. Cela fait du bien de se remettre à bouger, à papoter et à se faire plein de plans théâtres, restos, etc…. La vie est belle.

    Jeudi: Après deux mois de vacances non méritées, d'inertie totale ou presque, et de vide intersidéral au niveau de la réflexion sur le futur proche et lointain, l'intérêt de Quentin s'est enfin réveillé. On a tout passé en revue, la gestion (pour ouvrir son "truc", mais il ne sait pas trop quel "truc"), le développement durable, trouver un job tout de suite et voir plus tard, partir 6 mois en coopération, on a fini sur la comptabilité, faute de mieux. Et tous nos proches atterrés de voir le solaire animal finir assis à un bureau à aligner des chiffres en actif et passif ! Les bouches bées de Josiane et Stefano m'ont secouée et j'ai à nouveau relancé le débat. Et en passant, j'ai mentionné l'enseignement. Et à l'autre bout du fil, j'ai entendu un moineau se gonfler les plumes, une envie se réveiller, une voix s'allumer, une voie s'éclaircir. Reste à voir maintenant si le trop grand nombre d'échecs ne va pas lui fermer cette dernière piste.

  • La vache !

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    Moi, je croyais que la vache était une gentille grosse bête, un peu bonnasse. Rien qu'à voir ses yeux doux, on lui donnerait le bon Dieu sans confession.

    Et bien, mes amis !

    Lors de nos pérégrinations dans les Alpes suisses, nous avons fait une rencontre moyennement sympathique avec des vaches qui ne riaient pas. En 27 ans de vacances helvétiques, ce n'est bien entendu pas la première fois que nous croisions ces gentilles bovines mais dans notre souvenir, elles étaient plutôt paisibles et avenantes.

    Anaïs et Quentin caracolaient loin devant, l'Homme avançait au rythme du Nikon et moi, comme toujours je fermais lentement la marche. On entendait bien les cloches d'un troupeau mais rien d'étonnant dans ce coin. Quand soudain, j'ai vu les enfants se cacher derrière un arbre et l'Homme me faire signe d'activer le mouvement. Je n'ai pas compris pourquoi. Sur son insistance, j'ai fini par me retourner et j'ai vu la chef du troupeau freiner ses troupes des quatre sabots, en attendant que moi, la tortue humaine, je dégage le terrain pour leur permettre de dévaler à toute allure vers la ferme en contrebas.

    J'ai donc dégagé, rejoint l'Homme derrière son arbre, et d'un coup vingt doubles paires de pattes se sont mise en mouvement. Gloups ! Merci madame la vache en chef d'avoir attendu et retenu tes copines ! Parce que je ne suis pas sûre de ce que ça aurait donné. Un "aplatissage" en bonne et due forme sans doute.

    Quelques-unes de ces charmantes peaux de vache se sont arrêtées à hauteur des deux arbres et ne semblaient pas trop apprécier nos museaux. On a appris après qu'il ne faut jamais les regarder dans les yeux, exactement le contraire de ce qu'on a fait. On a appris que les cas de piétinement de randonneurs se sont multipliés. Re-gloups.

    Et quand nous les avons rejointes à la ferme en contrebas et qu'on a entendu le fermier appeler la plus noire d'entre elles, qui trépignait du sabot et soufflait en nous regardant: "Viens ici Panthère !', on a compris que vraiment, la vache qui rit, c'est bien fini.

     

     

  • Cou dur

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    Je me suis réveillée ce premier matin suisse complètement bloquée. Jamais de ma vie, je n’ai eu un torticolis pareil. Impossible de tourner la tête ni à gauche ni à droite, ni vers le haut ni vers le bas. Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. J'ai déjà eu un torticolis mais ça, ce n'est plus un torticolis, c'est une minerve naturelle…..

    J'ai passé la journée à dormir. Le soir, encore un peu plus fort, pas moyen de me coucher. Après quelques pleurs d'épuisement. j'ai fini par utiliser un système D, une serviette de bain roulée que j'ai utilisée comme poulie autour du cou, pour le faire descendre lentement vers l'oreiller.

    Après 48 heures, les choses sont rentrées plus ou moins dans l'ordre. Mais cet épisode m'a fait comprendre qu'il fallait absolument cesser d'ignorer les signes que mon corps m'envoie. Cela fait dix mois que j'ai une douleur récurrente dans le bras, qui depuis un mois s'est étendue à l'épaule et est devenue fulgurante à certains moments tout en limitant sérieusement l'amplitude de mes mouvements. Je n'ai pas voulu écouter et me voilà bien handicapée. L'ostéopathe renonce à m'aider tant que je n'ai pas fait une radiographie et une échographie. 

    Rendez-vous est enfin pris. On en saura plus la semaine prochaine.

     

     

  • Retour à Turin

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    Nous voilà repartis pour une deuxième quinzaine de vacances, cette fois-ci avec Anaïs et Quentin. Ils ont chacun laissé leur moitié, l’une à ses examens de seconde session, l’autre à son boulot et gardien de Spock, le chat de la maison, et père nourricier de Miel en fin de quinzaine lorsque Maïté et Jean-Didier nous rejoindront pour quelques jours et que Miel sera totalement abandonné à son triste sort.

    Une première nuit dans un charmant petit hôtel à Besançon avant de passer les Alpes comme nous l’avons fait tant de fois il y a quinze ans. On connait chaque coin de la montée et de la descente du Saint-Bernard, on identifie ce qui a disparu, ce qui a changé, ce qui est nouveau. On arrive à Turin avec toujours le même sentiment de « tornare a casa ». 

    Le bed and breakfast que Kristien nous a trouvé est parfait. Deux grandes chambres dans un vieil appartement turinois, en plein centre ville, que la propriétaire nous a laissées jusqu’au lendemain soir, histoire de nous rafraîchir avant de reprendre la route.

    Nous avons retrouvé Kristien et Kristof chez « les garçons » qui semblaient vraiment très heureux de la surprise. La joie de les revoir était réciproque et il ne manquait que Maïté pour que le bonheur soit total. Le plaisir dans l’assiette et dans les verres n’a eu d’égal que la déception d’apprendre qu’ils fermaient leur restaurant fin septembre. Nous avons alors décidé de prolonger notre séjour du lendemain jusqu’à la fin de la journée et de ne reprendre la route pour la Suisse qu’après être venus savourer un nouveau repas, plus léger. 

    Nous avons passé la journée du lendemain à flâner dans Turin, retrouver tous les endroits que l’on aimait, revoir la maison de loin, la via Roma, la piazza San Carlo, la via Po, le Lingotto et Eataly que je voulais montrer à Anaïs, une pizza à la Fila, une glace chez Fiorio…. avant de retrouver une dernière fois les garçons. Cette soirée était très émouvante dans la mesure où ils avaient annoncé l’après-midi même la fermeture à leur personnel qui, imperturbable, jouait « the show must go on » à m’en fendre le coeur. On les a quittés à regret en promettant de tout faire pour venir à leur table encore une fois avant leur fermeture. 

    Et on repris la route le coeur gros vers la Suisse.