Auteur/autrice : Myosotis

  • 30 ans et autres considérations

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    Voilà, la deuxième a eu 30 ans. Son bébé a eu un an. Comme elle a fêté son premier anniversaire, un mois après mes 30 ans. La roue tourne. Je suis rentrée dans ma soixantième année et je me demande encore où sont passées toutes ces années. 

    On aura passé la journée ensemble pour fêter ça et le soleil nous a accompagnées toute la journée. Une petite coupe chez le coiffeur, quelques boutiques pour la rhabiller, la première glace de l'année, un petit tour dans une boutique de papiers et crayons et la journée était déjà finie. Nous sommes allées chercher petit Jules et son papa à la crèche et retour à la case départ pour une petite coupe flûte de champagne avec ceux qui nous attendaient là. Coup de coeur pour Sappho qui se précipite dans nos bras quand on arrive. On peut dire ce qu'on veut, ça fait un bien fou. Ils ne sont pas restés bien longtemps, les uns devaient partir le lendemain matin pour Carcassonne et Quentin devait se lever tôt le lendemain. On s'est fait une petite pâte à quatre avec Anaïs et Simon pendant que petit Jules dormait tranquillement.

    Samedi tranquille et occupé à la fois, petites courses, visite à Mamy L.,  un petit tour en cuisine et soirée chahutée. Je voulais aller voir le Brussels Light Festival, l'Homme m'a accompagnée et n'a pas arrêté de tout critiquer. "Toutes ces installations électriques à l'heure du zéro déchet, zéro consommation, protection de la planète, éteignez les lumières, etc…. Faire un son et lumière de ouf sur une façade en ruine totale, tout le monde vient voir et applaudit et de jour, personne ne regarde cette façade totalement décrépite". Il m'a tellement dégoûtée que je l'ai planté là, de fort méchante humeur et je suis allée me calmer devant une installation encore plus magique que les autres pendant qu'il rentrait seul à la maison en maugréant de plus belle. 

    Dimanche à la maison. Petite heure au balcon pour profiter du soleil incroyable, d'un cigare et d'un petit rhum. Puis manucure-pédicure avec Katia et Anaïs et petit Jules qui nous ont rejoints. Essayage de jupe-top de mariée pour Anaïs. Jolie jupe mais trop large, top trop petit et trop grand à la fois. Quelques ajustements et ça devrait le faire. Elle sera jolie ma fille…..

    Aujourd'hui Lagerfeld est mort et je le découvre seulement maintenant beau garçon en son temps, drôle et charmant. Je reprendrais bien à mon compte une des manières dont il se décrit : "Je suis un concierge culturel"…. J'aime assez.

    Comme je le disais, je commence par les 30 ans d'Anaïs et je finis par n'importe quoi. 

  • Le petit Prince

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    Le petit Prince a eu un an aujourd'hui. Il a soufflé sa première bougie posée sur un joli gâzoo. Un ours, une girafe, un faon et un renard. Mais ce n'est pas un renard qui a apprivoisé mon petit Prince à moi, non, c'est une oie sauvage dont petit Jules est tombé amoureux.  

    Olga, c'est le nom de cette migrante annuelle, a séduit le petit Prince dès le premier regard. Il l'emmène partout avec lui, la traîne par la patte et quelquefois lui fait du bouche à bec. Si par inadvertance, il la lâche, il opère illico un demi-tour de ses quatre pattes motrices et la récupère sans même couper le moteur.

    Bientôt, le petit Prince marchera de ses propres ailes et son petit monde ne s'arrêtera plus aux frontières de l'astéroïde B612 et Olga ne parviendra plus à le suivre dans son exploration du monde. Mais elle restera probablement dans un coin de son coeur pour l'éternité.

     

  • Et janvier a filé

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    Le lâcher prise, c'est bien mais à force, on perd un peu pied sur tous les tableaux. Un peu comme les apprentis nageurs, quand on accepte de lâcher la perche ou le bord de la piscine là où on n'a pas pied, il faut aussi apprendre à ne pas paniquer et essayer de garder la tête hors de l'eau. Moi, à force de lâcher prise, je perds un peu le contrôle de tout. Ce blog est négligé, peu entretenu, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à dire. Ma pile de livres à lire menace de s'écrouler, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à lire. Voilà bientôt un an que je me suis offert le mercredi après-midi en me jurant de prendre du temps pour moi. Combien d'expos aurais-je vu en un an ? Deux ? Trois ? Grand maximum. Mais à quoi passé-je donc mon temps ? Et pourquoi file-t'il si vite ?

    Qu'avons-nous fait de ce janvier ? A part les éruptions urticantes de l'Homme qui ne sont toujours pas résolues et qui occupent nos conversations un jour sur deux, le mois s'est à nouveau écoulé entre délicieux moments, nouvelles joyeuses et nouvelles tristes à pleurer, jolis spectacles, réflexions hautement philosophiques et routines rassurantes.

    Un moment sublime et délicieux dans tous les sens du terme dans ce restaurant 2 étoiles incomparable, indécemment cher mais bluffant, en compagnie non moins délicieuse.

    Un essai de guimauve, pas mauvais mais esthétiquement perfectible.

    De nouveaux draps tellement tellement agréables.

    Ce foutu pèse-ma-personne qui me balance un chiffre indécent. Janvier, je te déteste !

    Une soirée d'hommage à Nat King Cole, pas déplaisante mais trop fatiguée pour en profiter vraiment.

    L'annonce de la mort d'un enfant de onze ans, que ses parents ont quitté sur un quai de gare, tout joyeux de partir à la neige. Il mourrait le lendemain, victime d'une rupture d'anévrisme insoupçonnée. Je sais que chaque jour tant d'enfants meurent mais quand ce drame touche des amis qui vous sont proches, je suis chaque fois plus bouleversée que je ne le voudrais.

    Un petit moment tout court avec Jules, le temps d'aller le chercher à la crèche et de le ramener à sa maman. Un petit moment très court mais pendant lequel j'aurais pu le manger tout cru dix fois.

    Des moments plus longs avec Mademoiselle Sappho, de plus en plus loquace et si charmante.

    Trois petites heures à la maison-jardin, le temps de récupérer quelques bûches. Arrivés en presque fin d'après-midi, à cette heure mi-figue mi-raisin qu'on dit entre chien et loup, une fois la chaleur revenue dans la maison, le simple fait de passer la porte et de rentrer dans la cuisine réchauffée vous envoie au visage un parfum chaud particulier qui n'appartient qu'à cette maison et qui fait revivre instantanément mon papa. Et j'ai furtivement essuyé les quelques larmes glissant sur mes joues et mon nez qui n'a pas résisté à se plonger dans son écharpe accrochée au porte-manteau.

     

  • Pas de panique

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    A l'automne, l'Homme a cru que le réchauffement de la planète n'avait pas tué tous les moustiques. Y'a plus de saison, ma bonne dame. Il avait les jambes mouchetées de petites piqûres. Pas trop content. Le lendemain, le surlendemain et encore pendant quelques jours, d'autres piqûres et encore d'autres piqûres. On a pensé aux punaises de lit, sans trop savoir comment on aurait pu ramener ça à la maison mais rien n'est impossible. On a tout passé au peigne fin et à la machine. 

    Puis plus rien.

    Le matin de Noël, l'Homme a développé une espèce d'urticaire géant. On était loin des piqûres de moustiques. De très grandes gourmes lui couvraient le visage, le haut du corps, le dos et les jambes, les yeux gonflés, la bouche enflée. On a alors pensé allergie. Mais le médecin a décrété que son système immunitaire s'affolait et en faisait soudain un peu beaucoup. Un élément déclencheur suffit et tout part en sucette. Le hic c'est de trouver l'élément déclencheur. Souvent un médicament. On lui supprime donc un premier médicament et on le met sous cortisone. Magique. Il passe un Noël tout lisse. 

    Au Nouvel An, on remet ça. Il revêt son déguisement d'ocelot. On lui supprime un deuxième médicament et on augmente la dose de cortisone. Et tout disparait comme par enchantement. 

    Cette nuit, il se réveille oppressé, avec comme un poids qui lui comprime la cage thoracique. Rien de très fulgurant mais comme un malaise. Comme on vous recommande de ne jamais laisser passer ce genre de douleur sournoise, on décide "urgences" mais sans se presser. On prend au passage un bouquin au cas où, un chargeur de téléphone, si ça devait se prolonger. Accueil hyper professionnel, aimable, juste bien. C'est l'heure où le service est calme. On est en semaine, ce n'est pas encore le petit matin, l'heure des accidentés de la route, des beurrés comme des petits lus qui se sont pris un poteau ou des bagarres de fin de nuit.

    Après six heures d'examen en tous genres, de contrôles espacés et de résultats rassurants, on peut rentrer avec la certitude que c'était une fausse alerte, qu'on a bien fait de venir tout de même, qu'ils sont là pour ça et que c'est probablement la cortisone above qui lui bousille le système digestif.

    Il va donc falloir réduire progressivement le médicament miracle et attendre la suite. 

     

  • Une journée comme les autres mais pas tout à fait

     

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    Isa m'a fait remarquer qu'aujourd'hui – incroyable que je ne m'en sois pas rendu compte moi-même – que c'était une combinaison de chiffres un peu particulière: 9/1/19. Est-ce que cette combinaison me portera chance cette année ? Il n'y en aura plus d'autre. Il y a eu le 9/1/1991 mais il n'y aura pas de 9/1/(20)91.

    Le 9/1/1991, j'avais deux petites filles très jolies, une brune et une blonde, j'étais un peu nauséeuse, j'attendais un petit garçon depuis quelques semaines, j'avais un entretien pour un nouveau job – je ne savais pas encore que j'allais l'avoir et qu'il allait être déterminant à tous points de vue: mon orientation professionnelle, ma vision du monde, mes amis pour la vie, ma façon de cuisiner, de boire le café et tant d'autres choses – j'étais probablement la femme la plus heureuse du monde, 31 ans, un partenaire en or, deux enfants et demi, toute la vie devant moi.

    Le 9/1/19, j'ai six enfants, trois d'origine et trois boutures, deux mini-pousses et toujours un partenaire en or, aux cheveux d'argent. Mais je n'ai plus toute la vie devant moi.

    Aujourd'hui, cela fait treize ans que je prends congé le jour de mon anniversaire. Une journée presque pour moi. Une journée où je traîne presque volontairement. Je ne fais rien de très particulier mais je ralentis. Comme pour arrêter le temps, si inexorable. 

     

  • 2018

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    L'année a commencé dans une belle bouffée de bonheur avec l'arrivée de Petit Jules qui a confirmé notre état de grands-parents si jamais on ne l'avait pas encore vraiment intégré. Bonheur qui se renouvelle chaque semaine, lorsque l'un ou l'autre – ou les deux – nous rendent visite. On oublie le planning, on remonte les escaliers et on enlève le manteau si on était sur le point de sortir, plus rien ne compte que ces deux-là. Sans compter qu'ils nous amènent leurs parents respectifs, ce qui n'est pas le moindre de nos plaisirs.

    C'est l'année des 80 ans de Maman, un anniversaire à la fois joyeux et teinté d'émotions, en l'absence du Hibou. 

    Mais c'est aussi une année de gestion de la succession, clôturer les comptes, vendre la voiture, résilier l'immatriculation, transférer les assurances, les services et autres plaisanteries au nom de Maman, écrire ou téléphoner à gauche et à droite. Aider Maman chaque semaine dans une gestion administrative qui est loin d'être sa tasse de thé. Toutes ces démarches qui m'obligent à contenir les larmes à l'intérieur des glandes lacrymales. Jusqu'à ce premier anniversaire où je me suis calfeutrée chez moi pour hurler et pleurer tout mon saoûl. 

    2018, c'est aussi l'année où j'ai pris une décision que j'aurais dû prendre il y a si longtemps. Je me suis offert le mercredi après-midi et cela m'a fait un bien fou. Peut-être plus au début qu'à la fin de l'année où j'ai bousillé une bonne partie de mes mercredis en rendez-vous médicaux ou consacré en chasse aux cadeaux de St Nicolas ou Noël. 

    La fin de l'année aura été riche en maux d'hiver et variés, parfois peu symptomatiques, du genre "le médecin tâtonne", une pneumonie chacun, des trucs peu compréhensibles mais ce qui est certain c'est que nous finissons 2018 dans un état de fatigue rarement aussi parfait.

    Il y aura aussi eu la Normandie, Rome, Preggio, l'Algarve avec Anaïs, Simon, Kerya, Quentin et Petit Jules. Il y aura eu Lyon et bien sûr Venise. Pas de grands voyages mais de bien beaux moments.

    Et puis il y aura eu ces 3 jours avec Petit Jules et ces 3 semaines avec Sappho. Que du bonheur à l'état pur.

    Une année entre grisaille et soleil éblouissant. Une année belge, quoi !

    Dommage de la finir sur la mort d'un ami, aussi brutale qu'inattendue, et que je n'arrive pas à bien intégrer encore. Mais comme le disait la dernière phrase du dernier mail que nous avons échangé: "A part ça, tout va mon capitaine ! "

     

     

     

  • Vous avez dit Noël ?

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    Pas le temps d'y penser vraiment. Le temps file et Noël se profile à l'horizon, paraît-il.

    Lundi: A nouveau confinée à la maison. Même pas en congé maladie mais en télétravail, histoire de ne pas sortir par ce temps pluvieux et de faire une sieste, une vraie, à la pause déjeuner. Je suis vraiment sur les rotules et la toux a repris de plus belle. Nous voilà à nouveau, l'Homme (dans un état tout aussi lamentable) dans le cabinet du médecin pour la quatrième fois en cinq semaines. Le médecin se décide enfin à m'envoyer faire un scanner des poumons. Une prise de sang en prime.

    Mardi: Retour au boulot, c'est plus fort que moi.Il faut croire que je suis devenue workaholic. Difficile de lâcher prise. Et pourtant, je suis si fatiguée. Et je ne suis pas prête non plus à renoncer aux activités culturelles du soir. Très belle pièce un peu fantastique. Le porteur d'histoire. Les histoires sont emboîtées les unes dans les autres à la manière de poupées russes, les personnages sont nombreux et on voyage à la fois dans le temps, de l'Antiquité à nos jours, et dans l'espace (de l'Algérie au Canada en passant et repassant par la France.

    Mercredi: Encore une journée bien chargée. Rendez-vous tôt le matin pour un scanner des poumons. Dose de stress déjà suffisante pour la journée: non seulement j'arrive avec 20 minutes de retard parce que j'ai un sens de l'orientation d'une poule sans tête et que l'hôpital a le chic pour changer son entrée principale justement ce jour-là mais aussi le technicien ne trouve pas une bonne veine pour injecter le produit et doit donc s'y reprendre à deux fois. Tout ce que j'aime. Après-midi de congé pour finaliser les achats de St Nicolas, récupérer les colis commandés sur Internet, décharger mes bras et ma vessie par un bref passage à la maison, repartir chercher ce qui me manque et filer chez Maman pour notre rendez-vous du mercredi. Heureusement le badminton était annulé pour cette fois. Sinon, je ne sais pas comment j'aurais survécu à cette journée.

    Jeudi: Le médecin m'appelle pour me donner les résultats du scanner: pas de tumeur (ah bon, on cherchait ça aussi ?), pas d'embolie, par contre toujours un foyer de pneumonie (Yeah !) et accessoirement des bronches en tuyau de pipe (bon, parait que presque tout le monde a ça à un certain âge). Par contre, pas de nouvelles de la prise de sang. Il faut donc attendre pour savoir comment traiter. Le soir, réception en grande pompe pour les employés qui ont 20 ans de carrière. Photo de famille où on voit bien que j'adore ce genre d'événement. On m'avait dit que je verrais, que j'adorerais, que je retrouverais des tas de gens plus vus depuis longtemps. Et bien non, je n'ai pas adoré, je n'ai retrouvé que des gens que je n'avais pas envie de voir sauf une amie que j'ai entrevue cinq minutes et qui s'est carapatée aussi vite que possible. Les ronds de jambe et le pied de grue, un verre de champagne à la main, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé.

    Vendredi: Déjà la dernière journée de la semaine qui passe en un éclair. Le soir, pas d'activité prévue. Un vendredi soir sans programme équivaut neuf fois sur dix à une sortie restaurant à nous deux. Cette habitude nous est venue depuis que nous ne sommes plus que deux. Mais elle reste plutôt rare et garde ce caractère un peu festif. Ce soir donc, on pourrait. Mais il propose de manière très vague, je réponds tout aussi vaguement. Je ne mange rien dans l'attente d'une décision. Plus précisément, j'attends qu'il décide. Mais lui ne sait pas trop ce qu'il veut et en l'absence d'un enthousiasme délirant de ma part, reste indécis. Au final, une occasion manquée, une atmosphère grincheuse et grinçante à la fois, une soirée gâchée et …. un estomac vide.

    Samedi: Dernière ligne droite avant la visite de St Nicolas. Derniers achats. Après-midi en cuisine sans lambiner pour être sûrs d'être prêts pour demain. Concert Bartok et Dvorak le soir avec Mamy et retour au pas de course à la maison pour ouvrir la cheminée au Grand Saint et mettre la table.

    Dimanche: Today is the day. Probablement le plus beau jour de l'année pour moi, à l'exception du premier jour des vacances d'été. Ce jour où je gâte mes enfants, les originaux, les beaux et les petits, au-delà du raisonnable mais rien ne pourrait m'arrêter. Ce jour où ils nous gâtent aussi avec une mise en scène toujours si jolie et des cadeaux tellement bien pensés et qui me vont droit au coeur. Ce jour où ils sont tous réunis autour de la table, heureux de l'être et me donnant ce sentiment fabuleux d'être la personne la plus comblée au monde.

  • Carcasse répare, carcasse remplace

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    Je ne sais pas ce qui nous arrive cette année mais voilà un mois qu'un virus s'est introduit chez nous sans vraiment demander la permission et ne veut plus vraiment déloger. Une espèce de mal élevé qui n'a pas vraiment été invité mais qui se tape l'incruste à n'en plus finir. Déjà, il nous a empêchés de partir en Suisse chez Swiss'Sis fin octobre. Et pour qu'on renonce à partir, je peux vous dire qu'on était bien mal. L'importun s'est faufilé dans mes poumons très discrètement ou plutôt très sournoisement. Pas de toux, pas de fièvre, rien. Juste un drôle de petit bruit de succion et une légère douleur localisée. C'est bon que j'avais déjà une petite expérience en la matière que je l'ai suspecté d'aller fouiller là où il n'avait rien à faire et que j'ai pu proposer au médecin d'aller voir par là s'il n'y était pas.

    Puis l'Homme a enchaîné avec sa propre pneumonie. Le copain de mon virus a été tout aussi intrusif et beaucoup plus bruyant comme hôte. La toux de l'Homme fait pitié et grimacer. Moi, pour faire bonne figure, j'ai enchaîné de mon côté avec un état grippal, fièvre, mal partout, etc… Cette fois, le médecin nous a gracieusement offert une semaine de repos. Je déteste ce genre de semaine où on est pas assez mal pour passer la journée au lit mais trop mal pour faire quelque chose de rentable. Si je ne dors pas, je ne peux pas rester inoccupée, cela m'est impossible.

    En fin de semaine, on a pensé qu'enfin, on remontait la pente mais non, voilà que le virus – mais est-ce bien lui ? – nous est tombé qui sur le bas du dos, qui sur la peau au niveau de la ceinture. J'ai envie de hurler quand on m'effleure la peau. Et pas la moindre rougeur, rien. Je ne comprends pas ce qui se passe et c'est encore pire.

    Dire que d'habitude on passe à travers l'hiver comme deux perce-neige. 

    Alors si je rajoute que mon épaule gauche prend doucement le chemin de la salle d'op' comme le lui recommande l'épaule droite, que lundi je vais faire une radio et une écho du pied droit dont l'hallux valgus me rappelle à son bon souvenir avec une régularité d'horloge suisse et du pied gauche que des lames de rasoir transpercent de manière plus aléatoire mais tellement plus violente. Pour quelqu'un qui aime bien marcher, cela devient problématique. 

    On est bien d'accord, ce sont bien les charmes de l'âge qui s'annoncent et le jour où on ne sentira plus rien, cela voudra dire qu'on sera mort. Mais quand même, il existe pas un service type "Carcasse répare, carcasse remplace" ?

  • Lettre pour quand tu sauras lire

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    Parce qu'aujourd'hui tu ne peux bien évidemment pas lire mais surtout tu ne peux pas te souvenir. Ou du moins ta mémoire est encore très limitée dans le temps. Tout ce qui se sera passé avant tes deux-trois ans n'aura pas d'existence dans ton album de souvenirs.

    Alors je te raconte ces trois semaines que nous avons passées ensemble. Ta maman a eu trente ans et nous lui avons offert un voyage. Ton papa et elle ont choisi de partir en Thaïlande. Ils ont bien hésité à t'emmener mais est-ce vraiment une bonne idée de te faire commencer ta vie de touriste par un voyage de 17 heures, dérégler ta routine enfantine par des déplacements sur place en avion, des changements d'hôtels, des visites dont tu ne retiendras rien de toute façon. Oui mais te quitter pendant près de trois semaines était aussi un déchirement. Leur décision n'a pas été facile à prendre mais ils savaient qu'on prendrait soin de toi comme ils le faisaient et cette pensée les a aidés à faire leur choix. Ces vacances leur ont fait beaucoup de bien mais tes vacances chez nous nous ont fait beaucoup de bien aussi.

    Tu as été une petite fille adorable. Souriante, drôle, parfois plaintive, jamais longtemps. T'observer jouer a été un de mes passe-temps favoris. Regarder les enfants découvrir, essayer, recommencer, tâtonner puis trouver est une source de plaisir toujours renouvelé. T'observer manger, découvrir de nouvelles saveurs – tu peux imaginer qu'on s'en est donné à coeur joie ici -. T'observer dormir surtout m'a ravi le coeur. 

    On a passé trois semaines en plein ravissement. Oh bien sûr, ce ne fut pas de tout repos. On a été malade tous les deux, ce n'était pas vraiment prévu au programme, on a revu nos priorités au niveau du boulot, on a annulé ou reporté toutes nos activités culturelles et sportives. Toutes mes petites routines ont été suspendues. Tout a tourné autour de toi et exclusivement autour de toi. 

    Ce matin, ton papa et ta maman sont revenus. Tellement émus de te retrouver. Tu leur as d'abord offert un sourire poli – je pense bien vous connaître et vous m'êtes plutot sympathiques – puis très vite, tu as retrouvé leurs bras et leurs câlins.

    Ce soir, la maison est vide, mes yeux tombent par hasard sur les petites pantoufles abandonnées et j'ai le blues. Tu me manques déjà. Je retrouve la télécommande que tu as cachée dans une de mes chaussures et je sors les petits canards de la baignoire qui vont retrouver le chemin de l'étagère.

     

  • Premiers frimas

     

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    Lundi: Info du matin. La commune de Ganshoren inaugure une statue d'un artiste flamand érigée en l'hommage d'une maman juive qui, dans le train qui l'emmène elle et son fils vers  Auschwicz, a la préscience de ce qui les attend et pousse son fils hors du train pour qu'il échappe à cette fin certaine. Cette histoire, qui n'est ni la première ni la dernière du genre, m'émeut au plus haut point. Je pense que jamais je n'aurais eu ce courage, cette abnégation dans l'amour. Mon côté mère poule me pousserait à ne pas lever l'aile d'une plume et j'en suis désolée. Je trouve cette mère extraordinaire au-delà de l'imaginable.

    Mardi:  15 ans plus tard, ils les ont enfin démasqués  ! Un couple diabolique qui m'avait mené une vie d'enfer il y a 15 ans, m'avait envoyé des lettres de menace anonymes, m'avait trainée devant l'organisme s'occupant des fraudes, suite à une autre lettre anonyme signée Gérard Manvusa, alléguant que je donnais dans le népotisme et fraudais en quelque sorte le contribuable européen. Eux par contre ne se gênaient pas pour se faire engager avec de faux diplômes, de faux certificats d'emploi puis se faisaient porter pâles pendant des années durant. Je l'ai dit, on ne m'a pas écoutée. D'autres ont été plus persévérants que moi et n'ont eu de cesse qu'ils soient pincés. C'est enfin chose faite. C'est un entrefilet dans la presse qui aurait pu passer inaperçu qui l'a annoncé. Et en une semaine, je recevais cette information une bonne douzaine de fois de mes anciens collègues tout aussi étonnés et ravis que moi. Enfin, probablement pas autant que moi.

    Mercredi: Premier jour des vacances de Sappho chez Bonnie et PapiNonno. Nous sommes allés la chercher à la crèche ensemble, un peu stressés. Dès qu'elle nous a vus, elle a tendu les bras, ça commençait plutôt bien. Elle a souri d'un petit air entendu. Où sont mes esclaves habituels ? Ils ne sont pas là ? C'est vous les intérims ? Mmmmh, ça risque d'être amusant. Arrivés à la maison, elle a enlevé ses chaussures et a tout de suite entrepris de mettre de l'ordre dans ses jouets. Je crois que ça va bien se passer.

    Jeudi: J'avais oublié ou je ne me souviens pas, c'est l'un ou l'autre. Ces petits esclavagistes sont sans pitié. Ils exigent votre présence à tous les instants, vous demandent de les suivre, vous indiquent le plus clairement possible ce qu'ils veulent, du raisin, du pain, mettre leurs chaussures, le jouet qui a roulé 2 mètres plus loin et qu'ils préféreraient que vous alliez chercher plutôt que de lever leurs petites fesses rebondies ou vous signifient d'un quart de tour de visage que le repas est terminé.

    Vendredi: l'Homme et le fils sont partis pour la journée pour rapatrier les bûches qui nous réchaufferont cet hiver. Je suis seule avec la Princesse. Et là, tout est revenu. Mes souvenirs de maman de deux petites filles distantes de 16 mois ne me trompaient pas. Oui, la vie était facile avec ces enfants-là, oui, je pouvais cuisiner tout un plat un rien sophistiqué, passer l'aspirateur et repasser sans que cela ne pose problème. Il suffisait de ne pas les perdre de vue et surtout de ne pas disparaître de leur vue, leur parler ou ne rien dire selon le moment ou l'instant et la journée se déroulait sans heurts. J'étais souvent seule avec elles puisque l'Homme travaillait souvent à des heures autres que les miennes. Et aujourd'hui, seule avec la Princesse, tout a roulé comme sur des roulettes. Et du fin fond de Bangkok, Maïté m'a confirmé qu'en effet, en binôme, ça fonctionne super bien. Quand on est deux, on est forcément moins concentré sur l'enfant d'une part et l'enfant se rend compte qu'il n'est plus le seul centre d'attraction. Et ça change la dynamique.

    Samedi: Première séance chez le coiffeur pour la princesse. Cette petite tête anarchique commençait à me faire peine à voir. Mais avant de l'emmener, j'ai demandé l'autorisation à la maman. Je me souviens que Sis'Cile n'avait pas trop apprécié l'initiative de Mamy B. qui avait emmené Clara chez le coiffeur sans rien dire. Une Bonnie avertie en vaut deux. Mais comme la maman n'avait rien contre, je ne me suis pas fait prier. Chez le coiffeur, elle a fait son petit sourire timide, se demandant où elle était tombée. Mais elle est restée sagement sur mes genoux pendant que les ciseaux du coiffeur mettait un peu d'ordre sur cette petite tête. Les seuls moments où elle a bougé, c'était pour se pencher ou se tordre le cou pour mieux regarder les autres clientes. Sappho ma curieuse. Elle a été si sage que le coiffeur lui a offert la coupe. Et ma petite garçonne est ressortie souriante et jolie comme un coeur.

    Dimanche: Dernière journée de ce long weekend avec Sappho. Quentin et Kerya sont venus déjeuner avec nous. Une Sappho plus grincheuse aujourd'hui, vu le manque de sommeil de la nuit dernière. Il faut dire que les nuisances sonores sur le boulevard sont devenues totalement insupportables. Il n'y a plus de voiture sur le plus grand piétonnier d'Europe mais il y a tous les fêtards du samedi soir, les dealers au coin de la rue et les allumés du café d'en face, tous s'interpellant en hurlant les uns les autres jusqu'à six heures du mat'. Demain reprise du rythme crèche, métro, boulot, crèche, bain, biberon, dodo. Va falloir être organisé.