Auteur/autrice : Myosotis

  • Dormir ou jouir, il faut choisir

    DSC_9861

     

    Non, ce n'est pas un billet sur un éventuel conflit d'intérêt potentiel sous ma couette ou sur mes oreillers. Je n'aime pas trop m'étendre sur le sujet de toute façon. 

    Mais je maintiens que dormir ou jouir est devenu mon problème existentiel du moment. Ces deux dernières semaines ont été extrêmement intenses. Presque pas un seul soir à la maison, deux pièces du théâtre, un opéra, deux soirées badminton, un resto pour l'anniversaire de ma belle-soeur, quatre concerts avec ma maman, la fête de Noël du bureau et enfin, le divin brunch de St Nicolas des enfants.

    Et une série de nuits sans sommeil pour cause de ronchopathie conjugale, une nuit avec Sappho malade, fiévreuse qui dort entre nous et vomit tout son quatre heures à une heure du matin et une autre nuit avec Sappho pour cause d'angine blanche de sa maman et d'absence de son papa.

    Alors, comment concilier le travail toujours très envahissant, les envies de profiter de tout, de faire un minimum de sport, de voir les mamans, les amis et surtout les enfants, grands et petits sans empiéter sur le sommeil ? C'est juste impossible et c'est Morphée qui trinque. Pas de bol parce qu'il me le fait payer, ce qui est beaucoup moins chouette…..

    Et je ne trouve pas le juste milieu, l'équilibre parfait, je ne vois qu'une solution: arrêter de travailler. Mais en attendant, dormir ou jouir, il faut choisir.

  • November rain and sun

    IMG_6479

    Et le mois de novembre touche à sa fin. Et la vie continue. Avec ses pluies de larmes et ses rayons de soleil.

    Notre ami s'est éteint, bien plus vite que je ne l'avais imaginé. Le dîner que j'avais voulu organiser pour lui pour que notre groupe d'amis se retrouvent une dernière fois autour de lui avait  été annulé en raison de son immense fatigue. Mais du coup, certains d'entre nous se sont retrouvés malgré tout et c'est au cours de ces retrouvailles que nous avons reçu l'appel de Véronique nous annonçant son départ. Celle qui nous recevait avait déjà perdu son compagnon et on s'est tous dit que le futur aurait maintenant cette couleur d'au revoir successifs.

    Et comme toujours dans ces cas-là, ressentir l'urgence d'aimer encore et toujours plus. Dévorer les plus petits de baisers, serrer ses amis dans les bras, échanger à profusion avec ceux qu'on aime des messages pailletés d'amour entre les lignes et les émojis, ne jamais rater une occasion de se voir, même fatigués. Oser dire à ceux qui nous sont moins proches et qu'on admire en se moquant de ses propres craintes du ridicule.

    Et profiter à 200% de ce weekend en Ecosse pour fêter les 50 ans de J. avec une douzaine de ses amis, tous aussi fabuleux les uns que les autres. Ceux qu'on connait bien et ceux qu'on découvre. Sept couples, sept nationalités, trois langues en permanence. Cinq jours de pur plaisir et sérénité. Elle avait tout organisé avec la classe et le sens du détail qui la caractérise. Des Italiens aux fourneaux à peu près tous les jours, des débats sans fin sur le type de pâtes pour quelle sauce, quel vin pour quel plat, sur la quantité d'huile pour la farinata – attend je note, oui mais combien de temps la cuisson ? Ah mais ça dépend du four…. et combien d'huile ? Ah ça dépend, un demi-verre, un verre, tu  dois voir comment la pâte se délie – , des discussions sur parmesan ou  pas parmesan, râpé comment ?, – un Scottish dinner pour le jour J, un cours de danses folkloriques qui se termine en fou rire magistral, une visite de distillerie et une dégustation sensuelle de whisky, une météo inespérée de grand soleil malgré un froid polaire, une randonnée de trois heures dans un paysage magique, des rires et des moments de délicieuse tendresse.

    Ces moments qu'on thésaurise au plus profond de soi pour le futur, à condition d'éviter le chemin d'Aloïs Alzheimer….

  • L’insolence du bonheur

    Fullsizeoutput_18ad

     

    Il m'arrive parfois d'avoir envie d'étouffer sous un énorme oreiller tout le bonheur qui m'habite. Mais je ne suis pas douée pour cela et souvent, l'oreiller explose et fait voleter autour de ma tête des plumes de bonheur insolent.

    Je trouve la vie injuste en fait. En soi, ce n'est pas un scoop mais néanmoins, je suis souvent à la limite subtile de la honte et de l'embarras quand je vois autour de moi des proches et un peu moins proches faire face avec dignité et force de caractère à des situations désespérantes alors que je vis chaque instant de ma vie dans une opulence de moments joyeux et heureux.

    Une amie de mes filles vient enfin d'avoir son bébé tant attendu depuis des années pour découvrir un mois après sa naissance que ce petit garçon est atteint d'une amyotrophie spinale et que son espérance de vie est très limitée. Sauf que on vient de trouver un traitement en décembre 2018, remboursé, et susceptible d'être efficace. Tout cela reste malgré tout très fragile mais cette fille merveilleuse au lieu de désespérer, se réjouit de ne pas avoir pu mettre un enfant au monde avant, puisque le traitement n'existait pas. Un modèle de positivité.

    Un de nos amis s'éteint doucement et sa femme est extraordinaire également. Elle veut vivre ses derniers moments le plus sereinement possible. Elle aussi m'épate.

    Et moi, pendant ce temps-là, je passe une journée remplie de bonheur avec ma fille pour fêter ses 32 ans, je profite de Sappho pendant un long weekend – dormir avec elle fait partie des mes plus grands plaisirs, même si je dors peu -, je passe un peu de temps avec Jules et ses parents puis avec Jules et Sappho et mes deux filles. Et je ne me lasse pas de ces instants si précieux.

    Et je me sens impuissante à soulager un tant soit peu ceux qui souffrent malgré leur résilience extraordinaire.

  • Un weekend 100.000 volts

    43018321-b6b3-4998-9d18-07321a691314 3

     

    Parfois les planètes s'alignent toutes dans un seul axe et quand la pleine lune apparaît dans l'axe Bélier-Capricorne, tout est possible. Nous avions tous un souhait, une obligation, un rendez-vous qui tombaient justement ce weekend. 

    J'avais rendez-vous vendredi après-midi chez la notaire à Tournai.

    Les filles avaient décidé de passer le weekend avec Jules et Sappho à la maison-jardin. Mais Anaïs ne pouvait pas venir vendredi parce qu'elle fêtait le départ à la retraite d'un collègue de Simon. Maïté ne pouvait venir avec Sappho qu'après le boulot. On a donc embarqué Jules et Mamy B.

    L'Homme avait décidé d'organiser avec Quentin le transport des bûches à Bruxelles en deux trajets dans une camionnette louée. Il est donc reparti chercher la camionnette, Maïté et Sappho à Bruxelles, récupéré Quentin arrivé par le train. Ils ont chargé ensemble un premier stock (un stère et demi) de bûches et sont repartis vers Bruxelles les décharger au garage avec l'aide de Marc.

    Sis'Cile s'est dit "tant qu'à faire, autant faire voyager des vêtements et des jouets dont Clara n'a plus besoin vers la maison-jardin lors d'un trajet retour à vide de la camionnette".

    L'Homme est revenu le lendemain midi avec Anaïs cette fois. Nouveau chargement de bûches.

    Mamy B. et moi avions un concert samedi soir. La camionnette chargée nous a conduites à la gare où nous avons pris le train pour Bruxelles et l'Homme a poursuivi seul sa route vers Bruxelles où l'attendaient Quentin et Marc pour un dernier déchargement. Nous sommes rentrées ensemble avec la voiture cette fois.

    Au total, l'Homme a fait 900 km, en simples aller-retour, entrecoupés de chargements et déchargements. Il faudrait que je pense à ressusciter mon permis de conduire, en léthargie depuis 13 ans, je lui aurais éviter au moins un trajet ou deux.

    Le dimanche, Simon est venu chercher Anaïs et Jules et nous sommes repartis en fin de journée, épuisés mais missions accomplies.

     

  • Couper la pomme en deux

    HalfofRedApple3dmodel02.jpg4f74c2e1-5bfb-4c7b-9dca-4ba386e124f2Zoom

     

    L'autre soir, fait tout à fait exceptionnel, l'Homme n'est pas rentré à l'heure comme prévu. Il a prolongé des agapes de midi avec d'anciens collègues pour ne pas abandonner un des leurs, en pleine déprime. J'avais donc pour moi une soirée seule, non prévue, et dont je ne savais donc que faire.

    J'ai pris un long long bain, j'ai laissé filer l'eau du bain sans avoir même le courage de sortir de la baignoire. Je suis restée un long moment comme ça, un drap de bain en couverture et mes pensées ont filé vers tous ceux qui sont seuls sans l'avoir souhaité.

    J'ai pensé à ma maman qui fuit chaque soir ou presque vers une salle de concert, une salle de cinéma ou tout autre loisir qui lui permette d'échapper à ces soirées en solo. Elle sortait déjà pas mal avant le départ impromptu de mon papa mais beaucoup moins. Quand elle sortait, elle savait qu'en rentrant à la maison, la lumière serait allumée, il ferait chaud, elle pourrait le trouver devant la télévision ou devant son ordinateur, son plaisir à lui, et qu'elle pourrait lui raconter sa soirée.

    Du jour au lendemain, elle a perdu ce repère, ce phare dans sa vie et la réorganisation d'une vie de pomme coupée en deux demande beaucoup de courage et de volonté pour ne pas se laisser avaler avec l'eau du bain.

     

  • Ici et ailleurs

     

    Quelle-valise-choisir-voyage

    Souvent je passe pour une hyperactive et j'essaye de démontrer le contraire. Mais il y a des semaines où j'aurais beaucoup de mal à démentir cette image. En particulier la semaine qui vient de s'écouler:

    Lundi: Dernier jour de vacances à Mykonos, un dernier petit tour par la plage, un dernier petit tour en ville, un dernier apéro, un dernier coucher de soleil. Ce soir, on dort encore à Mykonos. Je déteste les fins de vacances.

    Mardi: Les vacances sont finies, on boucle les valises, on fait un dernier tour d'inspection et nous voilà en route pour l'aéroport. Ce soir on dort à Athènes. On a passé l'après-midi à marcher dans la ville que nous n'avions plus vue depuis 35 ans, une éternité. On a découvert le Jardin Botanique, on est remonté jusqu'à l'Acropole au soleil finissant. Cette vieille dame a pris quelques rides, elle est liftée de partout et c'est dommage. Mais j'étais quand même contente de la revoir. Le soir, ballet d'ombres des evzones sur la façade du Parlement. Souvenirs.

    Mercredi: On referme les valises entrouvertes et retour à l'aéroport. Ce soir, on dort à Bruxelles. Retour à la maison. On devait passer par la case concert tout de suite après l'atterrissage mais ce dernier a été annulé pour des raisons de santé. Retrouvailles avec le chat, ranger les valises, lancer les machines, lire le courrier. Petit coup de froid et petit coup de blues.

    Jeudi: L'Homme reprend le chemin du boulot. Moi celui du coiffeur et de Mamy L. Je passe embrasser Anaïs aussi qui télétravaille. Et je rentre fissa à la maison pour l'étape repassage et préparation d'une nouvelle valise. Ce soir on joue au badminton et on dort encore à Bruxelles.

    Vendredi: Le matin tôt, je rejoins Mamy B. pour prendre le bus direction l'aéroport. Et rebelote, on s'envole pour Milan. Les Sis et moi, on lui a offert un opéra à la Scala et c'est moi qui l'accompagne. Ce soir on dort à la Scala à Milan.

    Samedi: On repart assez vite en début d'après-midi, fatiguées mais plutôt heureuses. Au retour, pas de passage par la case maison, on raccompagne Mamy et on file avec Quentin et Kerya sur Eupen pour fêter les 60 ans de mon cousin. Chaleureuses retrouvailles avec une toute une série de personnes que je n'avais plus vues depuis longtemps. Ce soir, je dors enfin dans mon lit mais on a bien failli dormir à Eupen.

    Dimanche: Un dimanche à la maison. Enfin. Et une après-midi avec deux petits qui m'avaient tellement manqués pendant ces presque 3 semaines. Ce soir, je m'endors fatiguée mais heureuse.

     

  • My Mykonos

    044f74e5-8f4d-43b7-8898-1f6b5f51de55

     

    On voulait revenir en Grèce. Près de dix ans depuis notre dernier séjour dans le Pélopponèse, il était temps pour nous. On s'est dit qu'on n'avait vraiment rien vu des Cyclades et on a hésité entre Santorin et Mykonos. Finalement, sur base de l'offre de logements, on a opté pour Mykonos. Pour moi, c'était l'"île aux moulins". Plus tard, quand on me demandait où j'allais, on me regardait avec des yeux ronds et des sourires entendus. Jamais je n'avais associé Mykonos à l'île de la jet set, du bling bling et de la fête de la nuit. C'est donc avec un peu d'appréhension que avons débarqué sur cette île aussi "réputée". 

    Nous sommes arrivés très fatigués, de toute une année sans vrai repos et d'une nuit blanche à l'aéroport d'Athènes en attendant le bateau du matin. Et je n'ai vu de la petite maison de pêcheurs joliment retapée, qui allait être notre repère pendant 12 jours, que les aspects négatifs, la terrasse à l'ombre jusqu'à fin d'après-midi, le parking en contrebas avant de reconnaître qu'on voit surtout la baie de Mykonos et la mer scintillante.

    Je devrais le savoir, c'est toujours comme ça, la fatigue me fait tout voir en gris clair et gris foncé. J'ai même dit à une amie qui me demandait si c'était bien que oui, c'est bien mais ce n'est l'endroit où je reviendrai. 

    Bien sûr qu'après douze jours, je ne demande qu'à revenir. J'ai adopté cette petite maison, parfaite pour nous, cette vue incroyable, surtout au coucher du soleil, j'ai adoré le mouvement incessant des bateaux, tous les bateaux: les barques de pêcheurs, les catamarans, les voiliers, les yachts – l'un d'eux portait le nom improbable de "Plan B", on se demande ce qu'est le plan A -, les paquebots de croisière, grands et moins grands, les navettes qui amènent les "croisiéristes" vers le port et les cars qui les attendent pour faire le tour de l'île.

    J'ai lu et relu tout ce qui me tombait sous la main sur cette île, un roman de Melpo Axioti – Mon île -, un recueil d'un auteur anglais sur tout ce qu'il a appris sur Mykonos, les informations glanées ici et là, et tout m'a plu. La vraie Mykonos, celle qui se fait petit à petit engloutir par le tourisme mais qui garde malgré tout quelques traces d'authenticité.

    Même le bling bling croisé le soir dans les rues m'a fait sourire ou rire comme un spectacle de one man ou one woman show muet, un carnaval de tenues plus voyantes les unes que les autres, des masques de clown(e)s botoxé(e)s comiques et tristes à la fois.

    Et quelques malheureux moulins, sans voiles, en piteux état, abandonnés aux selfies et aux grands angles. 

    Mais la Grèce, ma Grèce toujours…..

  • Weekend en clair obscur

    Fullsizeoutput_28b0

    Dernier weekend avant les vacances. J'ai eu envie de réunir les enfants pour un dernier brunch d'été avant de partir. Evidemment, je ne sais pas faire simple, j'aime trop mettre les petits plats dans les grands. L'Homme s'y met aussi et veut mettre les grands plats dans les petits. Tout cela demande malgré tout une certaine organisation et un timing suisse. Sans compter qu'il me fallait caser le coiffeur et la coupe d'avant vacances. Alors quand des amis appellent pour manger un petit bout le soir pour nous voir encore une fois avant les vacances, je panique bêtement. Bien sûr, j'ai envie de les voir aussi mais ils ne rentrent pas dans mon planning. Je me sens totalement envahie par le stress. Je sais qu'il faut aussi préparer la réunion de copropriété où L'Homme ira avec celui de Sis'cile représenter ma maman. C'est la première fois et ce n'est pas un dossier facile, un minimum de préparation s'impose. Tout mon coeur voudrait accepter l'invitation mais toute ma tête repousse violemment cet élan du coeur. Je finis par refuser parce qu'"elle" me dit toujours de dire les choses sincèrement et de penser parfois à moi et dès cet instant, tout s'apaise. Mais je crois bien qu'elle a eu quelques difficultés à comprendre mon choix.

    Plus tard dans la journée, nous recevons l'appel d'une autre amie qui nous annonce que son mari, notre ami, atteint d'une leucémie, a vu le médecin qui lui a annoncé la fin des prolongations. Il est maintenant en sursis et souhaite nous voir si possible avant notre départ en vacances, sinon très vite après. On convient d'une date à notre retour. Mais au petit matin, je me suis ravisée. Et nous avons convenu de nous voir le dimanche soir.

    Le dimanche, dès onze heures, tous les enfants, les originaux, les beaux et les petits nous ont rejoints pour le maxi-brunch de Bonnie et Nonno. Le plus délicieux de tout était bien entendu le moment passé ensemble, les retrouvailles de Zules et Fofo, les voir tous réunis et si bien assortis. Tellement meilleur que ce qui se trouvait dans l'assiette, ce qui n'était déjà pas négligeable.

    Et le soir, nous sommes allés voir cet ami, un noeud à l'estomac, ne sachant pas si nous allions lui dire au revoir ou adieu. Parler de tout et de rien, de son traitement, de sa fatigue, de son désir de profiter encore un peu d'elle, de ses enfants, de ses petits-enfants, d'écrire ses mémoires, de son chagrin à elle qui aurait encore bien signé pour 20 ans de plus avec lui, du déménagement qu'ils devaient faire mais qu'elle fera sans lui…. Leur fille était là, enceinte d'un petit-fils qu'il ne verra sans doute plus et leur fils nous a rejoints et nous avons parlé d'un pain à la croûte sublime d'un nouveau boulanger installé en ville et du champagne que nous lui avons apporté et qu'il trouvait "long en bouche".

    On est repartis, le coeur dans les chaussettes, presque embarrassés d'être si vivants.

  • Temps d’écran

    Smartphones

     

    L'autre soir, mon smartphone, communément appelé "doudou", tellement il ne quitte pour ainsi dire jamais ma main, à l'instar des bouts de chiffon ou autres lapins, singes (comme le copain Cosaque de Sappho) ou oies sauvages (comme la copine Olga de Jules), mon smartphone donc affichait un record de 7h55 de temps d'écran pour une journée commencée à 7h30 et finie à 23h30. La moitié de ma journée rivée à mon écran miniature. De quoi me faire un peu peur. Je me savais complètement accro mais là j'ai dépassé mon propre entendement.

    Et pourtant, je ne suis pas du tout asociale. Sur la même journée, j'ai passé deux heures avec Sappho et ses parents, j'ai rendu visite à Mamy L. pendant une heure, j'ai passé une heure avec Marc et Sis'Cile pour rendre visite à la voiture vintage de mon papa qui dort depuis 30 ans dans un garage et boire un verre dans la foulée pour discuter de l'avenir de cet ancêtre, j'ai passé une heure et demie en tête à tête avec l'Homme à discuter de tout et de rien et plis particulièrement d'un weekend en Ecosse pour célébrer les 50 ans de Joséphine. J'ai aussi repassé pendant une heure, cuisiné pour les repas du jour et pour les prochains lunches, pris un long bain. En d'autres termes, je n'ai pas du tout eu l'impression d'être en mode adolescente avachie dans le fauteuil, les yeux hypnotisés, Kaaptivée par un Smart Python qui me susurre "Aie confiance, crois en moi, que je puisse veiller sur toi".

    Qu'est-ce que je peux bien faire pendant 8 heures sur un smartphone ? Tout. Alors, oui, je suis un peu beaucoup accro à Instagram, je peux aller relever le compteur quinze fois par jour si ce que j'ai à faire ne me plaît pas. Oui, je collectionne des images sur Pinterest et je les regarde ensuite avec beaucoup de plaisir. Oui, je joue avec mes soeurs, mon beau-frère et ma fille à un quizz en ligne mais le temps est limité à 6 questions jusqu'à ce que le partenaire ait lui même répondu à 6 questions, délai qui peut atteindre 24 heures si ce dernier est moins accro ou plus occupé, c'est selon. Et je précise que ce quizz est instructif, j'apprend tous les jours. Je cherche la signification d'un mot, une date de naissance, une explication sur un phénomène scientifique, médical ou autre sur Wiki and co.  Pour le reste, je consulte les mails, la météo (dix fois par jour, on ne sait jamais que les prévisions auraient changé pendant le déjeuner), je compte mes pas et le le nombre d'escaliers montés (ainsi que la moyenne sur l'année, sinon ce ne serait pas drôle) – je peux pousser l'honnêteté jusqu'à avouer qu'il m'est arrivé de retourner dans mon bureau si j'ai oublié mon smartphone avant de monter les deux étages qui mènent au Directeur – parce que bien sûr, aussi intelligent soit-il, mon téléphone ne compte mes pas et mes volées d'escaliers que s'il les monte avec moi. Enfin et surtout, je consulte régulièrement mes 97 listes qui régulent ma vie. Là, je sens que je suis à deux doigts de me faire recommander les urgences digitales.

    Mais comme tous les fous, je me sens tout à fait normale. Comment donc faisais-je au temps béni non connecté ? Et bien, je collectionnais les images que j'aimais et que je découpais consciencieusement, je les gardais et les contemplais dans une régulière béatitude. Je jouais déjà à des quizz dans les magazines, je feuilletais compulsivement les dictionnaires et les encyclopédies – quand je ne les recopiais pas tout simplement -, j'écrivais tous les jours à ma meilleure amie après l'école alors que je venais de la quitter et que j'allais la retrouver le lendemain matin. Bon d'accord, pour la météo, je regardais par la fenêtre (oui papa, je faisais ça)  mais pour mes pas et les escaliers, je les comptais déjà pour m'occuper sur le chemin de l'école, puis plus tard en montagne pour me donner du courage. Si si. Et pour les listes, elles existaient en version papier. Et elles régulaient déjà ma vie. Mais ça, ce sera pour un autre billet ….. 😉

     

  • Deux semaines avec les pioux

    DSC_4933

     

    Voilà bien deux semaines dont la perspective nous réjouissait. Deux semaines à la maison-jardin avec les pioux. Deux semaines à géométrie variable où nous étions les seuls permanents au milieu des allées et venues des petits, avec ou sans leur maman, et Mamy B. Tout était bien agencé et voilà que nous nous sommes retrouvés tous les deux au tapis, incapables même de soulever ces poids plume. Tellement KO qu'on en aurait pleuré. Enfin moi, surtout. L'Homme ne pleure pas. Gastro-entérite pour l'un, broncho-pneumonie pour l'autre. Fille cadette, exaspérée de nous voir non seulement totalement inopérationnels mais surtout inaptes à l'apéro festif sur l'herbe, nous a intimé l'ordre d'aller chez le médecin. On ne s'est pas trop fait prier, ce qui est un signe assez évident de notre lamentable état.

    Antibiotiques aidant, on a vite repris pied, suffisamment du moins pour être un peu plus vifs et pour pouvoir profiter un peu plus de ces deux petites croquettes d'amour. Jeux de mini-piscine, jeux d'eau, de brouette, de bulles et de ballon, découvertes, goûters, livres, deux semaines de vacances de petits cousins à la campagne. Je pense qu'ils ont aimé ça. Mais probablement pas autant que nous. On rempilera volontiers l'été prochain.