Je suis en colère. Grosse colère. Contre moi, contre lui, contre eux, contre tout.
Contre lui parce qu’il est en colère. Contre moi, contre eux, contre tout.
Contre celle de nos filles qui lui ressemble tant qu’elle a la même hargne que lui, qu’elle ne laisse rien passer. Cette rage au ventre permanente qui fait d’eux des êtres vrais et qui fait que je les aime et les admire et les déteste à la fois.
Contre celle de nos filles qui me ressemble tant qu’elle s’exprime au vitriol, arme redoutable.
Contre moi qui ne peux m’exprimer contre, par souci de ne pas blesser, peur de faire mal, par sainte horreur du conflit, qui ne peux pas dire non, qui ne dis pas "Je ne veux pas".
Toute cette colère rentrée, rancoeur accumulée qui gonfle petit à petit dans mon ventre et qui, à la moindre pointe d’aiguille, comme dans un ballon de baudruche, éclate en colère hystérique, incontrôlée, disproportionnée.
En colère contre tout, contre le temps qui passe, contre tout ce que je voudrais faire et ne fais pas, pour moi, pour les autres, autour de moi. En colère contre tout ce que je ne veux pas faire et que je fais.
Poings serrés, ventre noué, épaules contractées, portes qui claquent, dos rond, l’athmosphère s’alourdit de jour en jour.
Hier soir, j’ai trouvé un antidote assez puissant: évasion en pays chtimi le temps d’un film. Un pur elixir de réconciliation avec la planète entière…..

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