Myosottises

  • 20 ans

    Ce blog a 20 ans. Je ne pensais pas tenir aussi longtemps. Je l’ai ouvert le jour où mon papa a eu 70 ans. Sans raison particulière toutefois. J’ai eu envie d’essayer avec l’idée bien ancrée de laisser une trace, un souvenir à mes enfants, mais surtout à mes petits-enfants, comme si j’étais certaine d’en avoir. Vingt après, ils sont presque huit et jamais je n’aurais imaginé cela ni surtout le bonheur que cela m’apporte.

    J’aurais pu écrire un journal intime comme lorsque j’étais adolescente mais les blogs en format journal extime étaient en vogue il y a 20 ans. L’idée m’a plu, j’ai essayé et j’ai persévéré.

    Aujourd’hui, mon père aurait donc 90 ans. J’ai emmené mes enfants et petits-enfants sur sa tombe porter un panier fleuri où il y avait aussi un hibou, une mandarine (mon papa avait en permanence une mandarine dans sa poche) et une noix. C’était tendre et drôle. On avait interrompu les enfants dans leurs jeux, ils jouaient à l’école et plus particulièrement à la cantine et Samuel et Maoh ont emmené avec eux leurs cartables improvisés et leur boite lunch. Jules guidait la marche comme s’il menait ses élèves en exploration. Amalia a demandé si Mamy allait le rejoindre là et surtout quand ? On a passé un demi weekend dans la maison où il est né et on a mangé une raclette comme pendant les semaines de vacances à la montagne qu’on a passées avec lui pendant 30 ans. Samuel avait demandé à sa maman si c’était un anniversaire de tristesse. Non, vraiment, ce ne l’était pas. C’était une autre façon de célébrer le myosotis, le « forget-me-not ».

  • Fin d’été

    J’aurais voulu que ça ne s’arrête pas. Pourtant je commençais à être fatiguée. J’avais moins de patience. J’étais moins résistante au bruit. Mais pour rien au monde, je n’aurais voulu écourter ces derniers jours avec eux. Du moins les cinq qui étaient là. Sappho et Lémoni étaient en vacances à l’île de Groix avec leurs parents. Mais Jules, Samuel, Maoh, Amalia et pour la première fois Oona étaient avec nous dans la maison-jardin. Maman aussi était là la dernière semaine. Ce n’est pas -loin de là – un sixième enfant mais quand même, il faut ménager la mère et les choux.

    On a admiré l’éclipse avec trois d’entre eux – probablement la dernière éclipse de notre vie. Ils étaient clairement plus intéressés par l’apéro qu’on avait organisé pour eux ce soir-là et par le coq qui s’était perdu dans notre jardin que par le rendez-vous du soleil avec la lune.

    Le dernier soir, j’ai fait une photo de chacun endormi dans leur lit. Je voulais garder encore un peu de cette innocence de l’enfance ensommeillée.

    Le dernier jour, quand ils sont tous partis, j’ai réussi à garder l’oeil sec et puis quand j’ai défait les valises à la maison et que je suis tombée sur deux petits élastiques, l’un à Amalia, l’autre à Oona, j’ai fondu en larmes. Je ne peux pas m’en empêcher.

    Le dimanche, je me suis demandé à quoi pouvaient bien rêver Samuel et Lémoni, la veille de leur rentrée en primaire et Oona la veille de son premier jour d’école.

    Cette première semaine d’école est déjà finie. Moi, j’ai repris le chemin de la salle de sports pour deux-trois semaines puisqu’on part mi-septembre là où vous savez. Et j’ai pris la résolution de cuisiner tous les jours, histoire d’éviter de manger n’importe quoi à portée de main dans le frigo ou l’armoire. Ça prend du temps mais je vais essayer de m’y tenir.

  • 35 ans

    Le petit dernier a 35 ans. Ça fait quand même un bail. Je me souviens de ce 26 juillet, date prévue pour son arrivée, j’ai accompagné mes parents à la gare. Ils embarquaient pour leurs vacances annuelles à la montagne et j’étais là, dépitée de savoir qu’ils ne seraient pas présents pour la naissance. De fait, il n’est arrivé que quatre jours plus tard, juste à temps pour que ses autres grands-parents ne viennent le voir avec ses deux soeurs avant de partir, eux, vers la mer. Seul mon grand-père est aussi venu voir son arrière petit-fils.

    Cette année, nous sommes à la montagne à nouveau. La première semaine avec Quentin et sa belle-famille. Ce n’était pas le projet initial mais les circonstances ont fait que nous nous retrouvons dans cette configuration inattendue et tout est bien. On apprend à vivre à un rythme beaucoup plus lent que le nôtre et c’est très bien aussi. Seules les disputes incessantes entre Maoh et Lémoni parviennent à avoir raison de moi. Mais j’ai décidé que je ne me laisserais pas abattre par des « pas plus hauts que trois pommes ».

    Aujourd’hui, on fête ce petit dernier dans ce cadre-là. Dans deux jours, on retrouve la tribu au complet dans un autre chalet en Suisse et on fêtera à nouveau. Le bonheur sera complet pour moi.

  • Chaud chaud

    Chaud, chaud la météo. Comme tout le monde, la canicule nous aura bien assommés. Pendant 5 jours, nous avons été incapables de fonctionner normalement. Impossible de cuisiner, de repasser, de bouger simplement. Pendant 5 jours on s’est contenté du minimum syndical. J’ai trié mes boites de souvenirs en tout genre, toujours sous le souffle du ventilateur. Petits mots doux des enfants, souvenirs de vacances, petits mots doux des collègues d’un peu partout, premier salaire, faire-part de naissance, de décès d’êtres chers, etc…. Une rétrospective de toute une vie par 33 degrés à l’ombre dans la cuisine.

    Chaud chaud le bowling en famille pour l’anniversaire de Sappho. C’était son souhait et c’était super chouette. On était tous les 15 réunis autour de trois pistes et j’ai vraiment passé un bon moment malgré la chaleur.

    Chaud chaud les derniers jours à récupérer encore ce qu’on pouvait chez Mamy L. avant le passage du vide-maison. Très dur pour moi de fermer une dernière fois la porte de l’appartement encore visuellement et olfactivement « habité ». J’ai versé ma petite larme au lieu de soutenir l’Homme qui n’en menait pas plus large.

    Chaud chaud la Coupe du Monde. On avait dit qu’on ne regarderait pas et puis la canicule l’empêchant de dormir, l’Homme a commencé à regarder ces matches nocturnes et s’est pris au jeu. Chaud chaud le dernier match de la Belgique contre le Sénégal où au moment où tous les Belges se sont dit « 2-0 et il reste 5 minutes, laisse tomber, on va dormir« , les Diables ont marqué deux buts en 3 minutes puis un troisième pendant les prolongations. Foot nous ? Ben non pourtant.

    Chaud chaud la semaine où on a aidé Quentin et Kerya pour amener Maoh à l’école et Oona à la crèche, pour soulager Kerya surtout. On s’est levé tous les jours à 6h30 et il y a longtemps que ça ne nous était plus arrivé. Mais c’était chouette de découvrir l’école et la crèche. Et d’être un peu plus avec eux.

    Mais à déguster tièdes, notre premier essai de feuilles de vigne farcies avec une petite sauce au citron. Pas mécontents de nous.

    Demain les vacances scolaires commencent et on est chaud !

  • La vie est une grande roue

    Lundi: Retour d’un weekend extraordinaire. On est partis vendredi soir pour Athènes. J’avoue, cette année, mon empreinte carbone a explosé, je ne suis pas très contente de moi et je me sens très égoïste. Mais en même temps, mon bonheur a été immense ces trois jours. On a eu la chance inespérée de revoir mon compositeur grec préféré dans l’amphithéâtre de Hérode Atticus, juste en dessous de l’Acropole. Revivre cette magie était tout simplement incroyable. Et puis cette ville que l’on aime tellement tous les deux. L’Homme a dit « j‘aime l’odeur de cette ville » et c’est tout à fait ça.

    Mardi: Ce soir, récital de piano de Sappho. Hier, c’était hautbois, mais vu les trois heures de retard de l’avion, on n’a pas pu y assister. Aujourd’hui, l’Homme ne peut pas, il a dentiste mais moi je peux. Une vingtaine d’enfants attendaient leur tour pour s’installer au piano le temps de deux mélodies d’une à deux minutes chacune. Leur stress était palpable et j’avais pitié d’eux. Mais une fois devant le clavier, ils donnaient le meilleur d’eux-mêmes. Sappho n’a pas dérogé à la règle et a très bien joué. Et même si moi, je ne suis pas objective, la prof, elle, lui a discerné une distinction.

    Mercredi: Mamy et Grand-Père sont partis au Portugal et c’est donc nous qui prenons la relève pour Jules, Samuel et Amalia, tout le mois de juin. Mais cette fois, Jules est en classe verte (Amalia décrète qu’elle, elle ira en classe rose) et ils ne sont que deux. Enfin, jusqu’à ce que Sappho et Lémoni les rejoignent pour l’après-midi.

    Jeudi: On continue l’exercice de vente en ligne des menus trésors de Mamy L. Anaïs photographie, met en ligne, fixe le prix et gère les contacts avec les acheteurs (elle répond aux questions, négocie les rabais éventuels, etc.) et l’Homme et moi nous chargeons de la logistique (emballage, étiquettes, envoi). Curieusement, les bondieuseries ont un succès fou. Et les chapelets, images pieuses, missels, crucifix, médailles, et autres Vierges en plâtre quittent Bruxelles pour partir en mission vers d’autres horizons.

    Vendredi: Le musée d’Orsay consacre une exposition à Renoir et la modernité heureuse. J’ai une véritable passion pour ce peintre et j’ai convaincu l’Homme de m’accompagner en train aller-retour. Je me faisais une joie de passer cette journée avec lui. Mais il a éternué une bonne partie de la nuit et s’est réveillé épuisé et tout fiévreux. Je suis donc partie seule, à mon grand regret, vers la Ville-Lumière. J’ai passé toute la matinée dans le musée d’Orsay avec beaucoup de plaisir mais après, j’ai trouvé l’après-midi beaucoup moins drôle. Je n’avais pas vraiment envie de m’asseoir seule dans un restaurant donc, j’ai fait l’impasse. J’ai marché, marché dans Paris jusqu’à épuisement et je me suis endormie sur un banc dans un parc. Je n’avais vraiment pas vu les choses comme ça.

    Samedi: A partir de 6 ans, ils ont tous droit à une journée avec nous. Resto, musée, etc. Aujourd’hui, c’était le tour de Samuel. On a commencé par le musée Magritte qu’il aurait bien fait au pas de course. Succès très relatif. Puis un tour dans la grande roue – à sa demande – mais là aussi, c’était moins chouette que lors de sa première expérience. Puis resto italien. D’abord assez enthousiaste, il a fini par décréter que le restaurant où il va parfois avec son autre grand-mère était meilleur. On a donc croisé les doigts pour que l’après-midi ait plus de succès que le matin plutôt décevant. Ouf, l’achat de sa première montre flik flak pour apprendre à lire l’heure et le musée des illusions nous ont permis de mieux finir la journée.

    Dimanche: Les filles sont passées nous voir en coup de vent et incroyable mais vrai, Lémoni est venue à vélo, alors que je désespérais qu’elle puisse un jour pédaler. C’était le petit miracle du jour.

  • Incroyable mois de mai

    Encore un mois incroyable.

    Les vacances scolaires se sont terminées en apothéose chez Disney. Cadeau familial de Noël à tous les cousins. Et donc première fois que les sept nains se retrouvent ensemble chez Mickey. Deux nuits, trois jours de dépaysement complet. Il y a dans cette famille trois inconditionnelles de ce monde parallèle, qui vivent le retour dans la vraie vie comme un véritable crash après une dose massive de drogue mais je reviendrai sur la question dans un autre billet.

    Puis nous sommes partis en Roumanie pendant 5 jours, en Bucovine, célèbre pour ses églises peintes à l’extérieur, datant des XVème et XVIème siècles), très rares en Europe et à nouveau dans le Maramures, la région la plus authentique et traditionnelle de Roumanie. Maisons en bois sculpté, portails monumentaux, villages figés dans le temps et surtout des pensions familiales incroyablement authentiques. Cerise sur le gâteau pour moi, une partie du groupe a fait une randonnée de trois heures dans la forêt et ça grimpait pas mal. Je suis ravie d’avoir pu la faire, malgré les bobos divers, surtout dans la perspective des vacances d’été à la montagne.

    Kong Kong, l’autre grand père de Maoh et Oona s’est fait enlever l’estomac et a pu sortir de l’hôpital fin du mois, à notre grand soulagement. J’avoue que j’ai bien stressé pour lui. Il va lui falloir maintenant beaucoup de patience pour reprendre une alimentation fragmentée et peu « agressive ».

    On a enfin un nouveau frigo et on n’est plus obligé de supporter les caprices du précédent. Une fois je souffle froid, une fois je souffle chaud.

    On a enfin programmé la date de l’opération « vide-maison » pour l’appartement de la maman de l’Homme. On pensait que le brocanteur récupérerait quelques pièces mais ce n’est absolument pas le cas, tout va à la poubelle. Anaïs a donc pris les choses en main et entrepris de vendre sur Vinted un maximum de choses qu’on n’imaginait même pas trouver preneur. On fait cet exercice ensemble, c’est toujours plus sympa à deux et ça roule bien.

    Dans un mois, ce seront les vacances d’été, on a un peu de mal à y croire. Le temps file incroyablement vite.

  • De bonheurs en bonheurs

    Ainsi va ma vie. Pour le moment.

    Je sais que le monde va mal et je m’en voudrais presque d’aller si bien. Je traque les petites parcelles de bonheur et je vais de l’une à l’autre.

    Après cette extraordinaire semaine à Venise, nous voilà rentrés par le chemin des plaisirs. Un arrêt à Gorizia pour offrir à l’Homme un cadeau d’anniversaire inattendu: une visite de vignes totalement naturelles, une production de vins macérés en amphores en très petites quantités. Je connaissais leur vin, j’ai été subjuguée par leurs méthodes et leur respect de la nature. Soirée chez Swiss Sis, ce qui est aussi toujours un pur bonheur.

    Retour à la maison. Lunch avec petite Anne qui me demande d’être témoin de sa déclaration de souhaits à respecter pour le jour où elle ne sera plus lucide. Je me suis sentie très honorée mais aussi très émue de ses dispositions qu’elle prend aujourd’hui pour un futur éventuellement grisâtre. Et cela m’a fait réfléchir.

    Mariage de ma filleule où je me rendais un peu réticente et où l’amour des jeunes mariés certes, mais aussi des soeurs de la maman que nous avons tant aimés, de tous ces cousins que nous avons vu grandir, était très contagieux.

    Le lendemain, je suis partie très tôt à Milan rejoindre mes sorcières adorées pour quelques jours. Là aussi, l’amitié qui nous unit nous fait énormément de bien à toutes les quatre. Surtout quand l’une ne va pas bien du tout et se bat contre l’anorexie inquiétante d’une de ses filles.

    Et nous voilà en vacances scolaires avec Sappho et Lémoni d’abord auxquelles Maoh et Oona viendront se joindre demain avant le grand départ tous ensemble pour Disneyland.

  • Quelle semaine !

    Vendredi: On est arrivés hier soir sur notre île. On s’est installés et on est heureux. Ce sont les vacances. Et on est rabibochés. Tout roule. Mais ce matin, on est sur le pied de guerre. Lors du déjeuner de Pâques, les filles se sont mis en tête d’aller au concert de Céline Dion. Ce qu’on a pris pour une plaisanterie de fin de repas arrosé et où le répertoire de Céline, du moins celui de sa collaboration avec Jean-Jacques – celui-là même qu’on a hurlé dans la voiture des dizaines de fois de Turin à Bruxelles et de Turin à Bruxelles quand on habitait l’Italie – c’est donc bien un mythe familial) a été réinterprété en chœur du dessert à la fin de la vaisselle, est devenu un challenge assumé. On ira où elle ira et on va tout faire pour avoir des places. Swiss’Sis a proposé ses services informatiques pour multiplier les chances. On était donc cinq ordinateurs dans trois villes différentes à attendre une possibilité d’arracher 4 places à des prix décents. Sans vraiment d’espoir mais avec beaucoup de ferveur. Et le miracle a eu lieu. Avec un travail d’équipe de ouf. C’est Maïté qui a eu l’ouverture pour les places. Mais Anaïs n’était plus là pour donner sa carte de crédit. Maïté nous a appelés en Italie, je lui ai donné le numéro de ma carte, elle m’a renvoyé une photo du QR code et on a validé le paiement à 1000 km de distance. Et ça a marché. Personne n’y croyait et c’était un peu la fête. On espère juste que ce sera encore la fête à Paris et qu’elle chantera tout son répertoire de Bruxelles à Turin.

    Comme la chance était avec nous, j’ai appris que mon compositeur grec préféré redonnait un concert à l’Odeon Herode Atticus, juste en dessous de l’Acropole, alors que ce site devait fermer pour trois ans de travaux. La fermeture a été retardée, mon merveilleux compositeur a 87 ans, je n’allais pas rater cette opportunité. Et dans la foulée de Céline, on a réservé ce concert pour juin.

    Samedi: Longue promenade sur l’île de la Pellestrina. Un peu déçus. Ça nous aura pris la journée et on n’a pas adoré.

    Dimanche: Retrouvailles dans notre restaurant préféré sur l’île de Torcello. L’accueil est toujours aussi chaleureux. « C’est une belle journée aujourd’hui, vous savez pourquoi ? Parce que vous êtes arrivés. » Comment voulez-vous que je ne craque pas.

    Lundi: Première expo: les vedute et les caprices de Francesco Guardi. Les vedute ce sont ces représentations minutieuses et pittoresques de Venise où la lumière joue un rôle prédominant et les caprices sont les mêmes tableaux auxquels le peintre rajoute des éléments qui ne correspondent pas du tout à la réalité.

    Mardi: Jour de pluie. Nouvelle expo, cette fois d’un photographe du magazine Vogue, Horst P. Horst. Magnifiques photographies. J’ai adoré.

    Mercredi: Encore quelques expos puisque le temps n’est pas idéal et parce que de toute façon, on aime ça. Et puis, ô surprise, au retour vers notre nid, on a rencontré Mimmo, le dauphin qui squatte dans le bassin de St Marc depuis un an et demi. Ils ont bien essayé de le ramener vers la mer pour le protéger mais rien n’y a fait, Mimmo est revenu dans le bassin. Il est comme nous, la lagune lui manque et il revient. Mais quelle joie de le voir enfin.

    Jeudi: Chaque jour, on prend un peu de temps pour lire. J’ai emmené avec moi un livre de Ryoko Sekiguchi, une auteure franco-japonaise que j’adore et qui vient de sortir un livre sur Venise, « Venise, mille fleurs« . Ce livre me fascine. Il y a des livres comme ça où chaque page nous parle, chaque paragraphe nous interpelle et nous invite à regarder les choses autrement.

    Et par hasard, je découvre qu’elle est à Venise en même temps que nous et que surtout, elle va donner une conférence dans le cadre d’un événement littéraire organisé par l’université de Venise. Je me suis inscrite et j’y suis allée. J’ai aimé ce moment un peu particulier. Elle m’a dédicacé son livre, sachant très bien qui j’étais au vu des échanges que nous avions eus sur Instagram dans les jours qui ont précédé.

    Je n’en reviens pas de la richesse de cette semaine. Il ne nous reste plus que quelques jours mais cette semaine m’a donné une énergie fabuleuse, bien au-delà de tout ce qu’une semaine de repos aurait pu m’apporter.

    Et les semaines qui viennent s’annoncent encore bien riches en petits bonheurs. La vita è cosi bella.

  • Gentille ou hypocrite, naïve ou pigeon

    Avant de partir ensemble là où la sérénité du lieu nous rabiboche avec la beauté du monde, nous nous sommes disputés pendant un bon 48 heures. C’est très long pour nous aujourd’hui. Cela ne l’était pas au début de nous deux, ce qui nous a permis de mettre les choses au clair assez rapidement. Très peu de concessions unilatérales, des mises au point régulières, des disputes bien senties nous ont permis d’adopter un modus vivendi et amandi parfaitement rodé. Et depuis, tout roule ou presque.

    Mais ces derniers jours, mon mode opératoire dans la gestion de mes relations aux autres s’est heurté de plein fouet à son ras-le-bol d’être pris pour un pigeon. Il a vu beaucoup de malveillance de la part de proches, là où moi, je ne voyais que mauvaise communication. Et j’ai plutôt mal supporté. Tant de le voir souffrir vraiment que de le voir croire en la malveillance de ceux que j’aime.

    Il vit avec moi depuis cinquante ans et il appris à composer de manière à garder l’église au milieu du village, puisque tel est mon credo. Alors que le sien est de ne rien laisser passer. D’accord, je suis née avec une sainte horreur du conflit et c’est sans doute ce qui motive mon besoin viscéral de remettre la chapelle à sa place. C’est sans doute ce qui lui a permis de rester en bons termes avec sa propre famille. Et plus encore avec la mienne. Il sait que je suis intransigeante sur la question.

    Mais à chaque fois que ce sujet devient brûlant, je me pose la question: est-ce que j’ai raison d’excuser à tout prix ? Cette fois, plus encore que jamais, j’ai décidé une fois pour toutes que je ne changerais pas de cap. Il n’est pas question ici de me laisser marcher sur les pieds. Mais envers et contre tout, je partirai du principe que la plupart de ceux que je chéris sont bons, n’ont pas de mauvaise intention, ont quelquefois de sérieux problèmes de communication et que toutes les difficultés relationnelles viennent de là.

    Pendant longtemps, j’ai affiché dans mon bureau la phrase de Bernard Werber:  » Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…« 

    Alors essayons…..

  • Expérience de rêve

    Voilà, on a enfin mis le pied sur ce continent dont je rêvais depuis si longtemps.

    25 safaris en 20 jours, pas le plus reposant des voyages. Mais quelles merveilles !

    Pas le plus reposant non. Le scénario était toujours le même: lever à 4h30, départ à 5h30 pour le safari du matin, retour vers 9h30 pour le petit déjeuner et lunch à 12h30. Sieste si possible et départ pour le safari du soir à 16h30. Moi qui, une fois à la retraite, m’étais jurée de ne plus jamais me lever tôt, j’étais plutôt d’humeur grognon chaque matin. Mais une fois dans la jeep, le visage fouetté par le vent du matin, ma mauvaise humeur se dissipait. On en a pris plein les mirettes. Des éléphants majestueux, seuls, en bande, en famille, en patrouille, des lions, affalés, repus, des lionnes en famille, en chasse, les élégantes chorégraphies des girafes, les chamailleries des zèbres, des buffles, des rhinocéros, des guépards, des léopards, des crocodiles, des hippopotames, des gnous, des phacochères, des hyènes, des chacals, des mangoustes, des babouins, et puis des oiseaux, tellement d’oiseaux, plus beaux les uns que les autres. Des paysages à couper le souffle, surtout au lever ou au coucher du soleil.

    Six jours en Afrique du Sud, dix jours au Botswana et trois jours en Zambie. Ces trois jours n’étaient pas prévus mais les inondations dans le delta de l’Okavongo nous ont obligés à modifier légèrement le programme. Et ce sont sans doute ces trois jours là, sur le Zambèze dont le nom signifie « seuls ceux qui connaissent le fleuve peuvent y nager« , qui m’ont le plus subjuguée. Les chutes Victoria m’ont littéralement fascinée. Je crois que c’est une des plus belles merveilles de la nature que j’ai vues de ma vie.

    Si on m’avait dit qu’en plus, ce jour-là, on allait prendre le petit déjeuner en Afrique du Sud, le lunch au Botswana, l’apéro au Zimbabwe et le dîner en Zambie, je ne l’aurais pas cru. Surtout avec mes connaissances plutôt désastreuses en géographie.

    Et puis, plus que tout, j’ai adoré les rencontres avec toute une série de mammifères humains, les compagnons de safari, les guides, le staff des lodges, les petites filles qui ont glissé leur main dans la mienne au cours d’une promenade, tous ces sourires et toutes ces accolades à la fin de chaque séjour ont rempli mon coeur.

    L’Homme a pris son pied, surtout celui qui sert à immobiliser l’appareil photo, et est revenu avec des milliers de souvenirs digitaux.

    Moi, je reviens avec un ruban de prénoms dans la tête: Rajuan, Melo, Bornwell, Bridget, Philip, Claudia, Nala, Justina, Bernadette, Taylor, Kelly, Chester…..