Myosottises

  • Blue Monday

    Une agence de voyage a inventé au début des années 2000 le concept du Blue Monday afin d’inciter les météo-dépendants (comme moi) à faire leurs valises et d’aller voir ailleurs si le ciel est plus bleu. Un départ avant ou après le troisième lundi de janvier était bien entendu autorisé. C’est juste un concept cette histoire de Blue Monday. Encore que…. il semble bien que la période qui s’étend de mi-janvier à mi-février soit effectivement propice à la déprime ambiante. Les fêtes sont finies, les guirlandes lumineuses sont éteintes, le sapin est défait, les soldes nous ont ruinés, les kilos en trop s’incrustent, les bonnes résolutions s’effilochent. Bien sûr, les jours s’allongent mais notre cerveau n’a pas encore enregistré l’info.

    Moi, ça va, je ne vois pas la vie en bleu. La fête n’est jamais finie, il y a au moins deux anniversaires par mois, les guirlandes lumineuses clignotent encore toujours dans ma rue, je n’ai pas fait les soldes, les kilos en trop fondront certainement bientôt et les bonnes résolutions ne datent pas du 1 janvier.

    Autour de nous, l’ami qui était hospitalisé pour une pancréatite depuis décembre et dont on ne donnait pas cher sort demain. L’ami qui a subi un pontage en urgence il y a dix jours est déjà au volant de sa voiture. D’accord, ce n’est pas sérieux. Mais il n’est pas sérieux, on le sait.

    Par contre, pour l’ami qui est parti hier en Italie parce que sa maman est dans le coma et que son papa ne sait plus qui est sa femme ni son fils, la couleur est au bleu, c’est sûr. Je suis triste pour lui parce qu’on sait que pour sa maman, c’est la fin, pour son papa, c’est le début d’une autre vie.

  • 2025

    L’année s’est écoulée entre moments tristes comme le départ de la maman de l’Homme et de mon cousin ou comme le pénible tri de l’appartement de Mamy L. qui n’en finit pas, heureux comme toutes les fois où mes enfants m’ont confié les pioux pendant les vacances ou le long weekend à Paris avec maman et mes soeurs pour fêter les 60 ans de Swiss Sis, délicieux (trois jours dans les Langhe, une des multiples régions d’Italie riches en saveurs, un restaurant gastronomique à Bâle pour les 60 ans de mon Swiss beau-frère), douloureux (j’ai promis de ne plus parler de mes petits bobos mais j’aimerais parfois oublier que j’ai des genoux et un dos), pénibles comme les travaux de la cuisine qui se sont éternisés pendant 5 mois.

    Et puis ce fut une année de déménagements (Anaïs et Simon, Quentin et Kerya et la soeur de l’Homme), une année de petits voyages bien sympas (Venise bien sûr, l’Autriche sur les traces de mon grand-père, Vienne, la Turquie dans un format improbable mais au final très drôle et la découverte merveilleuse de l’île de Groix).

    Et puis ces retrouvailles improbables avec mes copines de primaire et secondaire lorsque mon école a fêté ses 130 ans avant de fermer définitivement sa section secondaire. Nostalgie, nostalgie.

    Au final, encore une très belle année envers et contre tout.

  • Bloody mari Christmas

    Les habituels perturbateurs noëliens se sont tenus plutôt à carreaux cette année mais pas de chance, cette fois c’est la personne que j’aime le plus au monde qui m’aura bien gâché mon Noël. Je m’étais pourtant bien juré l’année dernière que j’aurais lâché prise cette année mais il aura tout fait pour que je n’y arrive pas. Enfin, c’est surtout lui qui s’est trouvé incapable de lâcher prise.

    Il voulait que tout soit parfait. Il veut d’ailleurs toujours que tout soit parfait. Et au quotidien, je ne vais pas m’en plaindre. J’aime ça et je suis bien moins douée que lui pour atteindre un résultat proche de la perfection. Mais quand c’est Noël, qu’on a la chance de réunir la seule racine qu’il nous reste, quelques vieilles branches, les feuilles et sept petits bourgeons, avec un esprit de famille non négligeable, vouloir jouer à Top Chef en cuisine pour 21 convives, relève de l’indécence.

    Il râlait sur tout, les carottes pas calibrées, les dés de betterave coupés trop gros, les verrines réorganisées en dernière minute, les lumignons qui gênent les verres à eau sur la table, etc, etc…. Garnir 21 assiettes avec le ruban de poivron enroulé à midi, la purée de topinambour à 6 heures, les carottes (2 rouges, 2 jaunes, 2 violettes) à 3heures, la dinde, la farce à 9 heures, oui Chef, bien Chef. Et au final, on mange tiède. Il a poussé Swiss’Sis à bout, alors qu’elle vient nous aider depuis 30 ans la veille et le jour de Noël, et encore elle s’est contenue.

    Je déteste quand il est comme ça. Je n’ai pas décoléré pendant 3 jours. Il a ressassé sa frustration pendant 3 jours. Et à nouveau, Noël m’a mis dans un état de stress pas possible alors que je voulais juste en profiter.

    L’année prochaine, raclette et hot dogs !

  • Next stop: Christmas

    Le temps glisse comme le traineau du Père Noël au-dessus des cheminées. A peine rentrés de Turquie, nous avons accueilli le Grand Saint qui n’a pas pris le même avion que nous, même s’il vient de là lui aussi. Il préfère toujours prendre la mer puis un cheval aux Pays Bas et plus modestement un âne en Belgique.

    La fête du Grand Saint prend chez nous des allures de pré-Noël en famille restreinte – si tant est que 15 à table est encore considéré comme un nombre restreint – et on y prend toujours autant de plaisir.

    Puis clairement, on rentre dans l’avant Noël: cadeaux à choisir, commander, aller chercher, aider ceux qui n’ont plus l’énergie, le temps ou même l’envie. Anaïs est ma partner in crime dans ce parcours de Sherlock parce que nous, on aime ça.

    Quelques lunches avec d’anciens collègues, toujours en activité ou plus du tout, un dîner divin chez des amis où on prépare un séjour en Roumanie et où on finit la soirée autour d’un Karaoké improvisé et où les pâtes, les oranges siciliennes et le parmesan de la filière italienne passent d’un coffre à l’autre pour le plus grand bonheur de nos papilles et celles de nos enfants. Un dîner au resto pour l’anniversaire de ma chère belle-soeur duquel on est revenus en ligne pas très droite, bien malades dès le seuil de la maison passé et pour couronner l’ivresse, se rendre compte, un rien hébétés, qu’on patauge dans l’eau dans la salle de bains. Manquait plus qu’une inondation pour arroser ce repas bien ….arrosé.

    Et voilà, ce soir, on va chercher Swiss’Sis et son mari à l’aéroport, Noël peut commencer.

  • Turkish delights

    Nous n’aurions sans doute jamais choisi ce format de voyage. Organisé, en car, format retraités et plus, avec arrêts sur sites archéologiques, sur musées, sur bazars, sur mosquées, sur ateliers d’artisans de tapis, bijoux ou cuir, arrêts chronométrés et réglementés. C’est clair que cela nous a demandé un certain lâcher prise. Bien sûr , il y a eu des moments plus tendus, quand on serait bien restés une ou deux heures de plus sur le site de Pergame ou de l’ancienne ville de Troie ou encore au musée de Topkapi, quand on est passé à côté de Sainte Sophie et qu’on n’a pas pu y mettre un pied parce que pas au programme ou quand on nous emmène chez des marchands de tapis, bijoux et cuir et où une armée de vendeurs vous encerclent pendant la courte présentation et vous assaillent tout de suite après pour ne plus vous lâcher jusqu’à ce que vous achetiez un tapis, un bijou ou une veste en cuir. 

    Mais il y a eu aussi des moments vraiment lumineux. L’ambiance dans le car était vraiment sympa. Un bon paquet de troisième âge, d’éclopés, de cannes, d’appareils auditifs mais une joie de vivre et de l’optimisme à revendre. Des visites même raccourcies de sites époustouflants, du mythique Topkapi, de la mosquée bleue, de bazars et marchés éclatants de couleurs et de parfums, des petits cafés turcs en terrasse. Un tour en bateau dans la Corne d’Or, une rencontre inattendue avec un habitant qui nous a offert un thé à Gallipoli, un aperçu de dix minutes sur les impressionnantes terrasses de calcaire de Pamukkale, une cérémonie de derviches tourneurs (probablement spéciale touristes mais majestueuse néanmoins).

    Puis la deuxième semaine, on a laissé nos petits copains de car dans un hôtel all-in, on a loué une voiture et visité – à notre rythme cette fois – d’autres sites comme Ephèse, Priène, Didyme et Milet. On a poussé jusqu’à Bodrum où l’on est resté deux nuits. Le château de Bodrum est une pure merveille et abrite, grain de grenade sur le baklava, un musée d’archéologie sous-marine vraiment époustouflant.

    En deux semaines, j’ai appris un nombre incroyable de choses, j’ai rencontré une foule d’individus humainement très intéressants et attachants, j’ai vu beaucoup de beauté, en bref, il n’est pas impossible que je réitère l’expérience.

    Petite anecdote qui a bien fait rire tout le monde de ma naïveté: bien sûr, je connaissais Ataturk mais je n’avais jamais poussé la curiosité à savoir à quoi il ressemblait. Il se trouve qu’en Turquie, son portrait apparait partout. Mais vraiment partout. A chaque coin de rue, dans chaque magasin, devant chaque hôtel, etc…. Lorsque j’ai découvert un portrait grandeur poster devant notre premier hôtel, j’ai cru que le propriétaire de l’hôtel venait de mourir et qu’on lui rendait hommage à l’entrée. On m’a vite fait comprendre ma méprise et à chaque portrait rencontré, je suis devenue la mignonne petite tête de Turc du groupe.

  • Tourbillons d’automne

    Après un weekend d’Halloween où on a eu la chance de réunir tout le monde, où tous les enfants et quelques adultes in the mood se sont déguisés – la citrouille d’or revenant à la famille de Quentin en personnages de Vaiana -, un apéro festif, une mini soirée dansante, après une semaine avec cinq enfants, deux mamans en télétravail, un papa en allers-retours successifs pour diverses raisons et une arrière grand-mère venue prendre un bain de jouvence au sein de toute cette troupe, après ce premier tourbillon, retour à la maison.

    Tourbillon des activités habituelles, petit tour chez l’ophtalmo pour essayer de déboucher le canal lacrymal, sans succès malheureusement. Je continuerai de pleurer à grosses larmes mais pour rien. Vaccin contre la grippe et l’hépatite B chez le médecin, kiné pour faire le point.

    Tourbillon de 4 jours de Lémoni et Sappho, pendant que les parents sont à Lisbonne. Mais tourbillon très calme. Elles ont été exemplaires. La recherche de bottes pour l’hiver pour Lémoni aurait pu tourner au drame mais à ma grande surprise, on s’en est sorties sans casse. Mais c’était pas gagné. Elle s’arrêtait sur tout ce qui brillait, vernis ou paillettes, je m’extasiais plutôt sur des bottes en nubuck fourrées qu’elle rejetait sans appel. Je ne saurai jamais si c’est le modèle nubuck où la fourrure blanche et douce comme la queue d’un petit lapin faisait un joli bord ou si c’est le ras-le-bol qui l’a fait arrêter son choix communément au mien. J’ai pourtant bien cru que j’allais rentrer bredouille.

    Encore une semaine de tourbillons à venir et puis Turquie here we come.

  • Family in Paris

    Jouer les Parisiennes pendant deux jours et trois nuits, maman, Sis’Cile et moi pour fêter les 60 ans de Swiss’Sis.

    Arrivée un peu plus tôt que nous à la gare de Lyon, la jubilaire est venue nous chercher à la gare du Nord. De là, on a rejoint nos pénates louées pour trois nuits au pied de la Tour Eiffel, un appartement au sixième étage d’un vieil immeuble. L’ascenseur ne peut emmener qu’une personne et une valise à la fois. Si on contrevient à la règle, c’est 500€ d’amende, ça commence fort. On s’installe vite fait et on trouve notre cantine dès le premier soir, une brasserie super sympa où on mange vraiment bien et où l’ambiance est très détendue. Sis’Cile décrète qu’on reviendra manger là les soirs suivants. Un des garçons a dû lire dans ses pensées et nous a dit « A demain ».

    Expo Greuze au Petit Palais, découverte de la nouvelle Notre Dame, expo Rock and drôle d’Antoine de Caunes au Bon Marché (tiens c’est bizarre, m’aurait-il volé mon titre ?), expo photos Vanessa Paradis, près de deux heures dans la Grande Epicerie (excitées comme des poules sans tête dans les rayons), un thé chez The Caddy Tea avec des scones et tout et tout, juste à côté de Shakespeare and Company, la Seine, les quais, le Marais, marcher, marcher, marcher, monter (surtout) et descendre les escaliers du métro parisien (bravo Maman !), grignoter des sandwiches au pâté (maman a vidé son frigo) sur des bancs publics en se foutant pas mal du regard oblique, soleil et ciel bleu tout le temps, une pièce de théâtre un soir avec Isabelle Carré et Bernard Campan (pur délice) et puis champagne et saumon fumé à l’appart.

    Un joli programme. Je crois que Swiss’Sis a aimé son cadeau mais la plus ravie était sans conteste la maman de ces trois filles en goguette. Si ça ne tenait qu’à elle, on pourrait fêter tous les anniversaires à venir in Paris.

  • Ramiers voyageurs

    A peine revenus, le temps de défaire les valises, lancer les machines, repasser, embrasser tous les enfants, embrasser Maman et nous voilà repartis pour quelques jours avec J. et S. dans les Langhe, magnifique région du Piémont, patrie du Barolo, des noisettes et de la truffe. On est retourné dans cet agritourisme que l’Homme et moi avions découvert il y a deux ans. J’avais adoré ce couple de retraités qui a transformé la maison d’une des grand-mères en maison de campagne puis annexé les dépendances pour accueillir leurs deux mamans vieillissantes et à leur décès à toutes les deux (quando ci sono mancate – quand elles en sont venues à nous manquer – l’italien est si beau), recyclé le tout en chambre d’hôtes quelques mois par an. Je crois que J. et S. les ont aussi bien aimés. Le soleil nous a accompagnés pendant 4 jours, en promenade dans une nature incroyable, en dégustation de vins, visites de châteaux, et en repas mémorables. Cerise sur le gâteau, nous avons découvert l’exposition d’un artiste italien qui nous a émus aux larmes (enfin surtout les filles). A peine rentrés, nous voilà repartis fin d’après-midi pour Rotterdam pour un concert en hommage à Mikis Theodorakis qui aurait fêté son centenaire cette année et c’était tout simplement magique.

    Retour à la maison le soir même, mardi yoga, accueillir les filles l’après-midi parce que les enseignants sont en grève, nain jaune, puzzles et goûter puis je file au cours de danses grecques. Le mercredi, on accueille Jules, Sam et Amalia exceptionnellement. Ils ouvrent l’armoire à jeux, chacun prend ce qui lui plait. A la fin de l’après-midi, l’armoire est vide, il y a des jouets partout partout mais ils ont été exemplaires.

    Ils sont punis depuis quelques jours et privés de sucreries jusqu’à la fin du mois. Au moment de les ramener, Jules me demande si on peut passer devant l’école, peut-être que le marchand de gaufres chaudes sera là et on pourra ouvrir la vitre de la voiture pour qu’il puisse se nourrir du parfum de la gaufre. Jules l’épicurien.

    Après les avoir ramenés, on file à un spectacle de marionnettes sur le thème des violences sexuelles et autour d’Edith Piaf. Super bien fait.

    Demain je pars à Paris avec maman et mes deux soeurs pour fêter ensemble les 60 ans de Swiss’Sis.

    On nous demande souvent si on ne peut pas s’arrêter un peu. Et bien non, je ne veux pas. Je dois tenir de ma maman et si c’est ça qui la maintient en forme à 87 ans, je veux bien suivre ses traces.

  • Septendrement

    Ce mois de septembre qui se termine a été très riche. De douleurs, de douceurs, d’émotions, de tendresse.

    Il y a eu l’enterrement de ce cousin tant aimé qui, comme souvent, a coïncidé avec des retrouvailles de toute une partie de la famille qu’on voit moins mais qu’on revoit toujours avec un plaisir non dissimulé.

    Une de mes sorcières bien-aimées a perdu sa maman et sa détresse m’a désarçonnée. Sa maman n’était plus présente au monde depuis quelques années et pourtant c’est quand elle est partie physiquement que le chagrin s’est enfin manifesté.

    J’ai enfin sauté le pas et j’ai rejoint un cours de danses grecques. Cela faisait si longtemps que j’en rêvais. J’ai enfin trouvé l’endroit et le temps d’y aller. Pour le moment, il n’y a pas de débutant et pas de cours approprié mais on m’accueille dans le groupe des dégourdis avec beaucoup de chaleur et de gentillesse et je me débrouille vaille que vaille. Et je suis aux anges.

    Anaïs m’a demandé son aide pour emmener ses trois enfants au premier cours de piscine extra-scolaire. La piscine a plus de 100 ans et est magnifiquement restaurée. Et c’est la piscine où j’allais enfant, dans le cadre scolaire. Rien que de mettre les pieds dans ce lieu culte – où je n’ai pourtant rien appris – a soulevé tout un tas d’émotions. Et de voir Amalia, paniquée dans ce monde inconnu, alors qu’elle adore l’eau et n’en est pas à son premier contact avec une piscine, m’a serré le coeur en souvenir de la petite moi. Heureusement, le deuxième essai a été plus concluant.

    Vacances enfin. Venise bien sûr mais un « petit » crochet par Nuremberg. Pour la deuxième fois consécutive (en 30 ans tout de même), nous ne verrons rien de cette magnifique vieille ville. Au siècle dernier, c’était moi qui me suis réveillée avec 40 de fièvre et nous sommes rentrés dare-dare et cette fois, c’était l’Homme qui grelottait et qui a dormi 14 heures d’affilée. Le lendemain nous avons rejoint l’Autriche où je tenais absolument à retrouver le camp de prisonniers où mon grand-père avait été conduit dès le début de la guerre avant de rejoindre une ferme non loin de là comme prisonnier mis au travail. J’avais pris sa plaque d’immatriculation avec moi comme un talisman. Mais sur place, il n’y a plus rien. Juste un panneau d’artiste à chaque coin de l’espace vert là où se trouvait le camp. Un bien piètre devoir de mémoire. Le soir, nous dormions à Vienne où nous avons flâné la journée du lendemain avant d’assister à un concert de mon chanteur grec préféré dans la Konzerthaus, là où se donne chaque année le concert du Nouvel-An. Double plaisir.

    Et puis direction Venise. Cette année, le soleil ne nous a pas beaucoup gâtés et la pluie était souvent au rendez-vous. Les expos en cours, nous les avions déjà vues pour la plupart en avril et les flâneries sans but dans Venise sous la pluie, c’est nettement moins drôle. Et l’Homme est retombé malade. Aujourd’hui, il a dormi toute la journée. C’est sans aucun doute le meilleur des traitements mais cela rajoute une petite pointe de déception à ce séjour. Il nous reste encore trois jours pour en profiter.

  • Mon « vrai » cousin

    En fait, c’est mon petit cousin. Le cousin de ma maman. Sa maman à lui était la soeur de ma grand-mère. C’est comme ça dans les grandes familles. Une maman peut accoucher trois mois avant sa nièce.

    Des cousins, j’en ai eu cinq. Mais l’aîné est arrivé quand j’avais 9 ans. Alors forcément, j’ai plus été leur baby-sitter que leur partenaire de jeux.

    Alors, oui, avec ses trois mois de différence avec moi, c’est ce que j’appelle un vrai cousin (au sens où mes propres petits enfants vivent leur cousinade).

    Pourtant curieusement, on ne s’est pas beaucoup vus enfants. Nous n’habitions pas la même ville, nos parents n’étaient pas de la même génération, bref. Seule ma grand-mère m’emmenait parfois lorsqu’elle allait rendre visite à ses soeurs, toutes vivant dans les cantons germanophones de la Belgique. Mais j’ai des souvenirs très précis de ces rares moments. Ce cousin était très drôle et j’aimais beaucoup rire.

    Ce n’est qu’à l’âge adulte que nous nous sommes vus plus souvent et que nous nous sommes découvert bien plus d’affinités encore que pendant l’enfance. Nous nous sommes invités à nos mariages respectifs et à partir de là, nous nous somme retrouvés bien plus régulièrement. Il est devenu le parrain de mon fils et l’Homme est devenu le parrain d’un des siens.

    Il est parti le dernier dimanche d’août, après une longue bataille de 6 mois. J’ai eu beaucoup de mal à y croire. Difficile d’imaginer ne plus l’entendre rire, difficile de penser qu’il ne m’amènerait plus de boîtes de 20 bâtons de chocolat à la banane (même si cela fait belle lurette que je n’aime plus ça – et d’ailleurs la chocolaterie à côté de chez lui a fermé) ni 6 tartes au riz, spécialité de sa région (mais t’inquiète, ça se surgèle !). Difficile d’accepter qu’un pan de vie se termine.

    Ma belle-cousine est magnifique de résilience. Elle force le respect. Elle a dit qu’elle était l’ombre et lui l’éclat. C’est vrai qu’il était lumineux. Mais elle n’est pas l’ombre. Elle est un soleil d’hiver qui réchauffe le coeur et fait tellement de bien quand on a froid.